Franklin Bâche, Uniled-^tates CoaOSurvey
mes. » La chaleur totale du courant suffirait^ si elle élait ramenée sur un seul point, pour fondre des montagnes de fer et faire couler un fleuve de métal aussi puissant que le Mississipi; elle suffirait encore pour élever d'une température d'hiver à une température estivale constante toute la colonne d'air qui repose sur la France et les îles Britanniques. Aussi, -bien qu'il s'épanche sur d'énormes espaces à l'ouest et au nord de l'Europe, le courant du Golfe exerce une influence prépondérante sur le climat de Cette partie de l'ancien monde. Grâce à la tiédeur de ses eaux, les lacs des Ferôer et des îles Shettland ne gèlent jamais pendant l'hiver ; la Grande-Bretagne s'enveloppe de brouillards comme d'un immense bain de vapeurs, et le myrte croit sur les rivages de l'Irlande, cette « émeraude des mers » , sous la même latitude que le Labrador, le pays des glaces. Dans la verte Erin, lie privilégiée sous tant de rapports, les côtes occidentales, les premières que le Gulfstream rencontre après la traversée de l'Atlantique, jouissent d'une température de 2 degrés plus élevée que ne l'est celle des côtes de l'est. En dépit de la marche du soleil, il fait en moyenne aussi chaud en Irlande, sous le SS"" degré de latitude, qu'aux États-Unis, sous le 38* degré, à 1,650 kilomètres de plus dans la direction de l'équateur. « Les Anglais nous volent notre climat », disent souvent par plaisanterie les Américains du nord.
Le courant du Golfe, qui porte la chaleur tropicale aux régions tempérées de l'Europe, sert aussi très-souvent de grand chemin aux ouragans : de là les noms de weather-breeder (père dep tempêtes), et de storm-king (roi des orages), que l'on a donnés au Gulf-stream*. Les mouvements de l'océan atmosphérique et ceux de l'océan des eaux se produisent suivant un parallélisme si complet, qu'on serait tenté de voir un seul et même phénomène dans l'ensemble des courants aériens et maritimes*. Ainsi le Gulf-stream semble être pour les vents comme il l'est vraiment pour les eaux, le grand intermédiaire entre les deux mondes. Il porte aux mers du nord de l'Europe