LES HAUTES MARÉES DES BAIES
John, dans le Nouveau-Bruoswick, on voit à marée basse une cascade briller au fond du port; mais bientAt le flux vient battre le pied de la falaise, diminue graduellement la hauteur de la chute, la noie en entier dans les eaux salées et, s'épanchant au loin sur la terrasse supérieure, permet aux embarcations de pénétrer dans le bassin naturel ménagé au-dessus de la cascade.
Des phénomènes analogues ont lieu dans les deux baies du mont Saint-Michel et de la Severn. Là aussi les rivières
de l'OidoDDaitcg.
et les ruisseaux sont périodiquement changés en golfes, là aussi les havres sont des ports de marée où les navires, à l'exception de ceux qui sont enfermés dajis les bassins, s'inclinent sur le flanc dans les sables ou les vases à l'heure de la basse mer. De même l'espace qui s'étend entre Noirmoutiers et la côte de la Vendée est alternativement un isthme et un détroit : un grand chemin, que parcourent les chars, serpente dans la plaine de sable entre les flaques d'eau, puis, quelques heures après, les bateaux passent, voiles déployées, au-dessus de la route. Souvent on voit des marins se promenant tranquillement sur la plage à une faible distance de leur navire échoué, ou bien fouillant le sol pour y trouver des coquillages; mais que le roulement lointain du flot se fasse entendre, et, dans l'espace de quelques secondes, l'équipage est à bord ; les préparatifs sont faits pour une nouvelle étape, et l'embarcation, soulevée par le flot, vogue rapidement sur la mer.
Sur les côtes de l'Europe occidentale, c'est principalement dans la baie de Saint-Michel que la marée montante offre le spectacle le plus grandiose, car au centre du golfe
DÉTROIT DB NOIRMOUTIBRS.
Dessiné par £ . Guilkunn
Fig. 88.
se dresse un noir rocher granitique, à la fois « abbaye, cloître, forteresse et prison, » qui, par ses rochers abrupts et son « titanique entassement, roc sur roc, siècle sur siècle, mais toujours cachot sur cachot, » contraste avec la triste