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MARÉES DE NOIRMOUTIERS ET DE SAINT-MICHEL

étendue des plages ^ A mer basse, Timmense plaine de sable, d'une superficie d'environ 250 kilomètres carrés , ressemble à un lit de cendres; mais, lorsque la marée, plus rapide qu'un cheval au galop, remonte en écumant la pente presque insensible, il lui suffit de quelques heures pour transformer toute la baie en une nappe d'eau grisâtre et pénétrer au loin dans les embouchures des rivières jusqu'au pied des quais d'Avranches et de Pontorson. Au reflux, les eaux se retirent avec la même rapidité à plus de 10 kilomètres du rivage et laissent à nu la grande plage déserte, que parcourent les deltas souterrains des ruisseaux tributaires, en formant çà et là des gouffres perfides de vase molle où les voyageurs risquent de s'engloutir. Lors des marées de vives eaux, on évalue la masse liquide qui pénètre dans la baie à plus de 1 milliard Sli5 millions de mètres cubes, et, même pendant les mortes eaux, le déluge qui parcourt deux fois les plages dans l'espace de vingtquatre heures n'est pas moindre de 700 millions de mètres*. Est-il étonnant que de pareils torrents aient pu jadis, poussés par les tempêtes, rompre la chaîne de dunes qui protégeait au nord les rochers de Tombelène et de Saint-Michel, et transformer en grèves infertiles les belles campagnes, les vastes forêts qui s'étendaient au pied de la péninsule du Cotentin*?

Les études de Beechey sur les marées de la Manche et de la mer d'Irlande peuvent faire considérer comme certain que l'énorme amplitude du flux et du reflux à l'embouchure de la Severn et dans les baies de Cancale et de Saint-Malo provient non-seulement de l'exhaussement graduel du fond, mais aussi de la superposition de deux vagues qui s'enire-choquent. En effet, la crête de marée qui pénètre dans le canal d'Irlande y rencontre, à la hauteur du golfe où débouche la Severn, une autre crête plus ancienne de douze

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