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CHAPITRE II. — L APLATISSEMENT DU GLOBE

Justification des Mémoires de V Académie ^ pour se plaindre des indiscrétions de son collègue. Une vive polémique s'ouvrit et ne se termina que par la mort d'un des adversaires.

Ces querelles personnelles ont perdu de leur intérêt aujourd'hui, et ne doivent pas nous empêcher d'accorder, aux uns comme aux

Fig. 6.

Signal de Saint-.\ntoine, p^-lône en briques, construit pour le Service géographique de TArmée.

autres, le tribut d'éloges qui leur est dû. Les missionnaires du Pérou, pas plus que ceux de Laponie, n'ont dit le dernier mot sur la question ardue de la forme de la Terre. Ils ont, au prix d'efforts et de travaux méritoires, mis hors de doute la réalité de l'aplatissement. Pour la valeur du degré de latitude à Téquateur, Bouguer donne 66736 toises, La Gondamine 66714 toises, les officiers espagnols trouvent 66768 toises. Adoptons le premier résultat, qui tient le milieu entre les deux autres.

Combiné avec le degré du Nord, il donne raplatissement 75^, plus fort que celui de Newton. La correction aurait dû, nous ne pouvons en douter aujourd'hui, être faite en sens contraire. On arrive au chiffre plus vraisemblable — si l'on substitue aux données de Maupertuis celles d'une mission suédoise qui opéra sur le même terrain de 1801 à i8o3 sous la direction de Svanberg. L'arc du Pérou fait aussi l'objet d'une revision qui s'exécute en ce moment par les soins du gouver-

Fig. 7.

Mesure d'une base géodésique avec une règle monométallique. La règle est installée sous un abri, que Ton enlève par portions pour le reconstruire plus loin. Elle est enfermée dans une auge qui assure Tuniformité de la température et visée à ses deux extrémités à Taide de microscopes.

nement français. Tant que les résultats n'en seront pas publiés, les travaux des académiciens du xviii^ siècle resteront un élément essentiel dans notre connaissance des dimensions du globe terrestre. Il faut en dire autant d'un arc de méridien mesuré vers la même époque par Lacaille dans le voisinage du cap de Bonne-Espérance, repris au siècle suivant par Maclear et Airy, et que l'intervention du gouvernement anglais promet d'étendre bientôt à travers l'Afrique australe tout entière.

D'importantes recherches théoriques s'accomplissaient, vers la même époque, dans la voie ouverte par Newton. Mac Laurin, dans son Traité des /luxions, publié en 1742, résolut le problème de l'at-

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