‹ La terre et al lune: forme extérieure et structure interneChapitre 18 sur 64 · CHAPITRE III. — RESULTATS GENERAUX DES MESURES GEODESIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. — RESULTATS GENERAUX DES MESURES GEODESIQUES

d'inertie, qui s'en écarte toujours très peu et qui a plus de chances de demeurer fixe par rapport à des repères terrestres. Ce système, bien que soutenu avec talent par Folie, ancien directeur de l'Observatoire d'Uccle, n'a pas prévalu, et les astronomes sont demeurés fidèles aux définitions anciennes. La réforme, en effet, pourrait ne pas atteindre son but à cause des fluctuations de la verticale ; et, ce qui est plus grave, la latitude et la longitude cesseraient d'être des données d'observation, toujours vérifiables et n'impliquant aucune

Fig. 10.

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Montage d'un abri pour les observations géodésiques. (Expédition française dans la République de l'Equateur.)

hypothèse sur la constitution du globe, pour devenir des résultats de calcul. Rien n'indique, en efi'et, par rapport aux étoiles, la situation de l'axe principal d'inertie. Il faut la déduire de la théorie du mouvement de la Terre autour de son centre de gravité, théorie nécessairement imparfaite, en raison de l'ignorance où nous sommes de la constitution intérieure du globe et des changements qui peuvent s'y accomplir.

L'altitude est également susceptible de deux définitions difl'érentes. On serait tenté d'appeler ainsi la longueur interceptée sur la verticale, à partir du lieu d'observation, par la surface géodésique, c'est-à-dire par l'ellipsoïde de révolution qui satisfait le mieux à 1 ensemble des mesures d'arc. Malheureusement cet ellipsoïde est, lui

3î» * PREMlÉaE PARTIE — LA TERRE.

aussi, un être fictif, un résultat de calcul, et Ton n'aperçoit pas à première vue la possibilité de s'y rattacher par des opérations physiques.

Le point de départ naturel pour la mesure des hauteurs est la surface moyenne des mers, obtenue en faisant abstraction des dénivellations accidentelles ou périodiques produites par les vents et les marées. Cette surface coïnciderait avec Fellipsoïde de Newton si la Terre était homogène, avec l'ellipsoïde de Glairaut si la constitution

Fig. II.

Établissement d'un signal pour les visées géodésiques. Expédition française dans la République de l'Equateur.)

intérieure du globe était régulière. Mais elle doit avant tout satisfaire à une exigence qui exclut toute possibilité de définition analytique. Elle doit être une surface de niveau pour l'ensemble des forces qui agissent sur le globe terrestre, y compris la force centrifuge, l'attraction des continents et des montagnes. Cette surface, appelée géoïde, peut être prolongée à travers les terres en vertu de sa définition mécanique. Les parties saillantes, surtout si elles sont formées de roches denses, dévient le fil à plomb et provoquent un renflement du géoïde, en sorte que celui-ci reproduit, dans une mesure atténuée, les inégalités de la surface réelle. Quand on exécute des nivellements de proche en proche à partir du rivage de la mer, c'est par rapport au géoïde que l'on détermine les altitudes des stations suc-

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