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CHAPITRE Vil. — LA STRUCTURE INTERNE

M. G. -H. Darwin {PhiL Trans,, 1882) trouve qu'une écorce moins épaisse quelle cinquième du rayon ou moins rigide que l'acier ne pourrait ni résister aux oscillations du fluide intérieur, ni supporter sans fléchir le ^poids des massifs montagneux. Le calcul lui indique aussi qu'un sphéroïde en majeure partie liquide serait sujet à une variation périodique dans la durée de rotation. Cette variation ne pourrait manquer de se répercuter en apparence sur la période des phénomènes astronomiques.

Quel que soit le mérite mathématique de ces travaux, il est extrêmement probable que la manière dont on a introduit la viscosité du liquide interne dans les calculs n'est pas conforme à la réalité. Nous ne savons pas ce que peut être le frottement intérieur dans un liquide soumis 'à d'aussi fortes pressions. Déjà l'e^u de la mer ne suit l'attraction du Soleil et de la Lune qu'avec une lenteur manifeste. C'est ainsi que l'heure de la haute mer présente, par rapport au passage de la Lune au méridien, un retard variable, mais qui atteint communément plusieurs heures. Ce retard ne peut manquer d'être encore plus grand dans le jcas du fluide interne; et, comme les forces attractives changent de sens en peu d'heures, parjsuitedu mouvement diurne, le fluide n'a plus le temps de se déformer ou de réagir sur l'écorce. Il ne fait qu'osciller très faiblement autour d'une figure d'équilibre moyenne ou subir une circulation régulière.

De même la surcharge imposée par les montagnes cessera de paraître excessive si l'on introduit la notion de l'hétérogénéité du Globe terrestre. H suffit d'admettre, comme Airy l'avait déjà indiqué, que les montagnes se prolongent, au-dessous du niveau moyen des plaines, par des racines moins denses que l'ensemble de la croûte. Elles sont alors soutenues 'à la manière des corps flottants, sans faire aucunement appel à la ténacité des parties voisines.

Arguments de fait en faveur de Inexistence d^ une écorce mince, — Une première présomption, à l'appui de la mobilité interne du Globe terrestre, résulte des petites variations constatées dans les latitudes géographiques. L'axe principal d'inertie, qui coïncide à peu près avec Taxe de rotation, n'est pas [fixe à la surface du Globe, comme il devrait l'être si celui-ci était solide. D'après les travaux du Service international {Bull, Astr,, t. XVIII, p. 280), l'amplitude de l'oscillation du pôle a atteint o'', 2ode 1890 à 1897, elle est retombée

à o",i3 en 1899, à o",o8 en 1900. Ces résultais sont fournis par Tensembie des six stations distribuées sur le parallèle de Sg**. Il y a une période annuelle, compliquée d'une période de 43o jours. Cette dernière a été découverte expérimentalement par M. Chandicr, qui lui attribuait à l'origine une amplitude de o",i3. On a tenté sans succès d'expliquer ces déplacements par des transports de matériaux à la surface du Globe (érosion et charriage par les fleuves, dérive des

Fig. 20.

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Marche du pôle terrestre à la surface du Globe pendant un intervalle de cinq années, d'après les documents du Service international des Latitudes {Astronomische Nachrichten, n" 4017). La courbe est comprise à l'intérieur d'un carré de o',5o ou i5" de côté.

glaces polaires, dessèchements de mers intérieures). On pourrait plutôt en rendre compte par une variation de l'influence magnétique du Soleil, comme l'a proposé le D*^ Halm, ou comme contre-coup d'une action météorologique. Ainsi un changement de pression représenté par o™, 008 de mercure correspondrait à une variation de o™,io du niveau de TOcéan. Si ce changement se produisait à la fois sur la dixième partie de la surface de la Terre, il pourrait en résulter un déplacement de o'', 16 dans la direction d'un axe principal d'inertie

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