‹ La terre et al lune: forme extérieure et structure interneChapitre 9 sur 64 · ESSAIS DE THÉORIE MATHÉMATIQUE DE LA FIGURE DE LA TERRE · texte numérisé non relu

ESSAIS DE THÉORIE MATHÉMATIQUE DE LA FIGURE DE LA TERRE

Trois ans après l'apparition du Livre des Principes, Christian Huygens publiait, à Leyde, son Traité de la lumière, avec un discours sur la cause de la pesanteur. La première Partie de l'Ouvrage est mémorable comme posant les bases de la théorie ondulatoire de la lumière. Les idées de Huygens sur la cause de la pesanteur se rattachent à la théorie des tourbillons de Descartes et offrent aujourd'hui pour nous moins d'intérêt. Pour le savant hollandais, la gravité reste une puissance occulte inhérente au centre du globe. Cela revient à supposer toute la masse de la Terre réunie en un seul point. Même dans cette hypothèse erronée, l'aplatissement apparaît comme une conséquence de la fluidité primitive. Huygens formule ce principe fécond : « La surface des mers est, en chacun de ses points, normale à la direction de la pesanteur », et il en déduit pour l'aplatissement du globe le chiffre — j pas même la moitié de ce que Newton avait trouvé dans l'hypothèse d'un globe homogène, soumis dans toutes ses parties à l'attraction universelle.

La réalité de l'aplatissement était mise en doute aussi bien que sa valeur. Thomas Burnet, théologien anglais, lui opposait des raisons qui nous semblent aujourd'hui n'avoir rien de scientifique. Eisenschmidt, mathématicien allemand, formulait une objection d'un caractère plus grave. Réunissant les mesures connues du degré terrestre, il trouvait que leur valeur linéaire va en croissant vers l'équateur, et il en déduisait, correctement du reste, que la Terre est allongée vers les pôles (*).

(*) EisENSCHMiDT, Dissertation de la figure de la Terre. Strasbourg, 1691.

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