VI DEDICACE
les cent quatre-vingt-cinq rapporteurs qui sont ainsi devenus mes collaborateurs bénévoles ; ils ne m'en voudront pas, j'en suis sûr, de les réunir tous dans l'hommage que j'adresse à celui qui n'a pas été seulement l'initiateur et le principal organisateur du Congrès, mais qui est devenu pour le public la personnification même de l'idée du jardin ouvrier.
Quand, au début de votre vie publique, vous avez conçu ce beau rêve de donner un foyer à toute famille de travailleurs, vous avez voulu que ce foyer ne consistât pas seulement en une maison, mais aussi en un coin de terre, un jardin. Avec cette perspicacité plus affinée que le cœur ajoute à l'intelligence, vous avez compris que ce jardin ne fournirait pas seulement un supplément de bienêtre à la famille, mais que, de ces légumes et de ces fleurs, se dégagerait, comme un parfum subtil, toute une moisson de pensées saines et fortifiantes, susceptibles d'élever le niveau moral de l'existence et de détourner des plaisirs grossiers.
N'est-ce pas là la pensée qui inspirait un de vos illustres précurseurs dans l'amour du coin de terre, le chancelier Bacon, quand il écrivait cette phrase qui pourrait servir de devise à nos amis les fondateurs de jardins :
« Quand Dieu, dans sa toute-puissance, voulut faire le bonheur de sa créature privilégiée, il commença par planter un jardin; et, en vérité.