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LA TERRE ET L ARTISAN SOUS L ANCIEN REGIME

ultérieur la constitution de grands domaines ruraux sous les deux premières races ^ Le propriétaire habite au centre du domaine la cilla, construite sur la partie qu'il s'est réservée pour la régir directement [mansus indominicatus) ; autour de lui sont groupés ses colons, lides, serfs auxquels il concède des manses composés d'une maison et d'une certaine quantité de terres dont les manants - jouiront héréditairement. En échange, le propriétaire reçoit d'eux dés redevances en argent [census) on en services [curvadae); il rend la justice, il assure le service du culte et fonde une église. Il a déjà les attributions, sinon les droits, du seigneur féodal.

Ces agglomérations éloignées les unes des autres devaient suffire à tous leurs besoins. On y trouvait donc, groupés autour de la vaste cour centrale [curtis], près des étables et granges, des ateliers de charpentiers, forgerons, charrons, tourneurs, etc. Pour fixer sur le domaine les artisans dont il avait besoin, le propriétaire leur concédait soit un manse, soit, s'ils étaient étrangers [hospites], un hospice [hospitiuni], tenure un peu différente, concédée à charge de remplir héréditairement certaines fonctions déterminées ^. De la sorte, l'artisan qui n'était pas occupé toute l'année par son métier, pouvait se livrer en même temps à la culture des champs.

1. cf. E. Levasseur, Histoire des classes ouvrières avant 1789, 2 vol. in-S, ^2" éd., Paris, 1900 et 1901. — Paul Viollet, Histoire des institutions pohliques et administratives de la France, 3 vol. in-8, Paris, 1889, 1898 et 1903. — Henri Sèe, Les classes rurales et le régime domanial en France au moyen âge, 1 vol. in-8, Paris, 1901.

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