Manentcs, fixés au sol
3. L'hospice n'était, au moins à l'origine, qu'une tenure temporaire et révocable ; sa contenance était, en outre, notablement inférieure à celle (lu nianse.(A.LoNGNON, Polyptyque de l'abbaye Saint-Germain des Prés, Paris, 1895, Introduction, p. 105.)
Nous trouvons de précieux détails sur cette organisation dans le célèbre capitulaire De villis vel curtis imperialihus ^ qui constitue un véritable règlement administratif, rédigé sous l'inspiration de Charlemagne, et qui présente un tableau complet du fonctionnement des cultures et de la gestion dans un grand domaine à cette époque.
A l'article 45, l'empereur énumère les divers ouvriers qui devront être réunis sur le territoire de chaque villa royale - ; l'article 43 désigne les matières premières qui seront nécessaires pour les ateliers des femmes ou gynécées. Enfin l'article 41 prescrit que toutes les pièces et dépendances soient tenues en parfait état « afin que les employés à notre service puissent remplir leurs fonctions convenablement et avec une parfaite propreté ».
Il n'en allait pas autrement dans les grands domaines ecclésiastiques. Nous savons par la description des biens de l'abbaye de Saint-Germain des Prés '^ dressée
\. Monu7nenta Germaniae historica, Hanovre, 18!>7. Section ii : « capitularia reguni Francorum », publiés par Alfred Bouetius et Victor Kr.ALSE, 1. 1, p. 83-00.
B. Gl'éraud a publié un commentaire critique et une traduction de cet important document dans la Bibliothèque de l'École des Chartes, t. XIV, 1853, p. !201, 313 et 546.
Borelius, comme Baluze, estime ce capitulaire antérieur à l'an 800, contrairement à Pertz qui le place en 81:2.
2. ictj4i>. Que ciiaque intendant ait dans son district de bons ouvriers, savoir, des ouvriers pour le fer, pour l'or et pour l'argent; des cordonniers, des tourneurs, des charpentiers, des fabricants d'écus, des pêcheurs, des oiseleurs; des fabricants de savon; des hommes qui sachent fabri- <|uer la bière, le cidre, le poiré et toutes autres espèces de boissons; des boulangers qui fassentde la pâtisserie pour notre table;des ouvriers qui sachent bien faire les rets tant pour la chasse que pour la pêche et pour prendre des oiseaux, et les autres ouvriers qu'Userait trop long d'énumcrer. »
3. Le Polyptyque de l'abbaye de Saint-Germain des Prés a été édité parBetij. Gii-UAUD avec 2 vol. de prolégomènes, 3 vol. in-4, Paris, 1844.
Une nouvelle édition avec introduction a été donnée par Aug. Longnox dans les publications de la Société de l'histoir.-- de France, 2 vol. in-8, Taris, 1886 et 1893.