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La terre et les mers

Dans la préface de la Terre avant le déluge^ nous nous sommes appliqué à développer cette thèse, que les ouvrages destinés à l'enfance et à la jeunesse devraient s'inspirer moins des stériles et dangereuses fictions du merveilleux que des attrayantes leçons des sciences naturelles. Cette idée a rencontré une faveur générale. Si nous ne nous trompons, elle a produit l'effet d'une de ces vérités que tout le monde a pressenties ou entrevues, qui flottent vaguement dans l'imagination de chacun, et à laquelle chacun se rattache, comme à sa propre pensée, quand il la trouve formulée avec précision, corroborée par des preuves certaines et réalisée dans les faits pratiques.

A ce concert d'adhésions presque unanimes une seule note discordante est venue se mêler. Quelques auteurs ou éditeurs de contes de fées, dans les journaux ou dans les livres, ont essayé de nous combattre. Leurs attaques ne nous ont pas surpris. En soutenant que les contes de fées et toutes les productions analogues ne sont pas sans danger pour l'enfance, et qu'il importerait de les bannir, dans l'intérêt de nos jeunes générations, nous ne nous étions point flatté d'obtenir les encouragements et l'approbation des éditeurs qui exploitent ce genre d'ouvrages.

Une seule des remarques critiques qui nous ont été opposées nous a paru juste, et nous l'avons retenue. On nous a dit : « Vous êtes dans le vrai. Il faut remplacer les lectures futiles par des lectures utiles. Il faut instruire la jeunesse et former son esprit en l'amusant. Mais la tâche n'est pas aisée. Il ne suffit pas de prêcher la doctrine, il faut aussi prêcher d'exemple.

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