‹ La terre et les mersChapitre 2 sur 45 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Après avoir montré la route, il faut s'y engager. Mettez-vous donc à l'œuvre, et prouvez-nous que des livres de science peuvent intéresser autant qu'un conte ou une légende. »

C'est ce que je fais. Le volume nouveau que je présente à la jeunesse bienveillante et amie n'est au fond qu'un traité de géographie; et j'ose me flatter que le jeune homme qui aura parcouru ces pages, en tirera autant d'agrément réel, et assurément plus de profit au point de vue de l'instruction, du raisonnement et de la morale, que ne peut en offrir un conte fait à plaisir.

Ce volume n'est autre chose, nous le répétons, qu'un traité de géographie générale, ou de géographie physique. La géographie a été réputée jusqu'à ce jour la plus ennuyeuse des sciences, parce qu'on ne s'était pas donné la peine de chercher les moyens de prêter quelque charme à son exposé. Le chancelier d'Aguesseau écrivait à son fils : « Le détail ingrat et stérile de la géographie, lorsqu'on la détache de toute autre chose, n'est à proprement parler que le squelette du monde connu. Il faut lui donner de la chair et de la couleur, si l'on veut la faire passer dans la mémoire sous une forme gracieuse, qui l'invite à la conserver plus fidèlement. » Nous avons fait tous nos efforts pour donner au squelette de la géographie « de la chair et de la couleur, » comme le voulait d'Aguesseau. C'est au lecteur à décider si nous avons réussi dans cette tentative.

Les Allemands, qui veulent faire de lesprit, définissent les Français en ces termes : « Un peuple qui porte des moustaches et ne sait pas la géographie. » Mes jeunes lecteurs échappent à la première partie de cette définition saugrenue, et quand ils auront lu la Terre et les Mers, ils échapperont ù la seconde.

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Après avoir exposé dans la Terre avant le déluge les phases successives par lesquelles notre globe a passé pour arriver à son état présent, nous nous proposons, dans ce nouveau volume, de décrire la terre actuelle et de l'étudier sous ses principaux aspects. La considérant d'abord comme individu planétaire, nous fixerons sa place dans l'univers, sa distance du soleil et ses autres rapports avec l'astre radieux, source de lumière, de chaleur et de vie. Nous déroulerons ensuite le tableau des diverses contrées du globe. Nous gravirons les montagnes, aux sommets sourcilleux, aux cimes couvertes de neiges éternelles. Nous assisterons aux phénomènes imposants et terribles des volcans et des tremblements de terre; nous descendrons dans les cratères brûlants, pour voir de près les bouches de ces cheminées colossales qui mettent la surface en communication avec l'intérieur de la terre; nous plongerons nos regards dans les flots incandescents qui bouillonnent dans leurs profondeurs. Nous remonterons aux sources des grands fleuves et les suivrons dans leur cours impétueux. Nous pénétrerons dans les grottes souterraines, vastes boursouflures internes, immenses et ténébreuses cavités, où pendent des cristaux aux raille facettes, qui n'ont jamais scintillé aux feux du jour. Nous par-

courrons la surface entière des deux hémisphères, pour apprendre comment l'action uniforme et régulière du soleil, modifiée par les accidents du sol, détermine les climats, et prépare les conditions nécessaires à l'entretien de la vie chez les êtres oriianisés. Nous porterons enfin nos regards sur la vaste étendue des mers, et nous étudierons les différents aspects de cet océan, tout à la fois un et multiple, et qui varie si étrangement depuis la chaude ceinture des mers équatoriales jusqu'aux régions glacées des latitudes polaires.

Il a fallu les efforts accumulés de bien des générations pour réunir l'ensemble de connaissances que nous avons à résumer; il a fallu trente siècles de travaux et d'études pour rendre possible une description de la terre comme celle que nous allons présenter à nos lecteurs. La science est presque aussi vieille que le genre humain ; mais sa marche a été singulièrement lente et progressive. L'homme n'a parcouru la terre que graduellement et à pas mesurés. Ses connaissances géographiques se sont étendues comme s'élargit Thorizon de chaque individu depuis ses jeunes années jusqu'au déclin de sa carrière. L'enfant commence par se familiariser avec les êtres de la maison. Hientôt il descend dans la cour : il explore le jardin et la rue, puis la campagne et les villes d'alentour. Devenu homme, il voyage. Sa curiosité l'emporte au delà des mers ; il parcourt de lointains pays, et revient aux lieux qui l'ont vu naître, après avoir vu de près, comme le vieil Ulysse, « les hommes, les cités et leurs mœurs. »

Telle a été aussi la marche de l'humanité prenant progressivement connaissance du domaine que la Providence lui a donné pour séjour pendant sa courte vie. L'horizon des anciens géographes, d'abord restreint au cercle le plus étroit, s'est peu à peu développé, à mesure que ces tirailleurs de la science, fjuOn aiipelle les voyageurs, pénétraient phis avant dans des régions inconnues; à mesure que les Ptolémée et les Strabon révélaient à leurs contemporains surpris l'étendue et les splendeurs de terres ignorées. Le jour oùl'éfiuipagede l'immortel Génois, (îhristoplie (lolomb, salua de ses cris de reconnaissance et (le joie les côtes brumeuses du Nouveau-Monde, la géographie brisa ses lisières et jeta ses souliers d'enfant; une vie nouvelle commença pour la science, comme aussi pour lliumanilé.

Avant de présenter le tableau de nos connaissances physiques sur le globe terrestre actuel, il ne sera pas sans intérêt de jeter un coup d'œil rapide sur leur développement successif, c'est-à-dire sur 1 histoire de la géographie.

Au début de sa race, l'homme n'a connu que la contrée qui le nourrissait, lui et ses troupeaux. Sa science ne va pas plus loin que la forêt qui l'entoure, la montagne où il a porté ses premiers pas, les rives du fleuve et les pâturages où s'écoulèrent ses premiers ans ; le vallon dans lequel il est né et dans lequel il meurt, voilà pour lui la terre. Mais à mesure que s'augmente le nombre des familles, quand les peuplades voisines commencent à se partager le sol et à fixer les limites respectives de leurs territoires, 'on voit s'introduire l'idée de pays et ceWe des divisions géographiques. L'agriculture, ensuite l'industrie , viennent plus tard consolider l'existence de ces démarcations territoriales , dont l'importance s'accroît par l'institution des premiers rois, ou des simples chefs de peuplades.

Issu de la nécessité des échanges, le commerce s'enhardit et va colporter ses produits chez diverses nations inconnues. Au retour de ses excursions, le navigateur charme et éblouit les siens par le récit des merveilles qu'il a vues, ou des aventures qui ont accidenté ses pérégrinations lointaines. C'est ainsi que prend naissance, mêlée de fable et de vérité, une légende ou tradition qui représente les limbes de la géographie.

Mais où placerons-nous le berceau de cette science ? De tous les anciens peuples, quel est celui qui le premier eut des notions précises sur l'étendue des pays qui avoisinaient le sien ?

D'après un ancien auteur, il aurait existé une carte de géographie tracée au temps de TÉgyptien Sésostris, et datant dès lors de quinze siècles avant Jésus-Christ. Cependant rien ne porte à penser que les Égyptiens, qui ne furent jamais navigateurs, aient poussé leurs connaissances géographiques assez loin pour pouvoir tracer des cartes autres que celle de leur propre pays. Il est donc probable que cette première carte se bornait à l'Egypte. C'est d'ailleurs à ce degré que se sont longtemps arrêtées les connaissances des anciens peuples asiatiques, et même de quelques-uns des peuples modernes. Les Hindous

ne comprennent dans leurs mappemondes que l'Hindoustan, la Perse et lîle de Ceylan, et les Chinois ne connaissent guère que leur propre territoire.

La Genèse est le premier livre de l'antiquité qui renferme quelques indications géographiques. Moïse place dans l'ocridenf de l'Asie le second berceau du genre humain, renaissant après le déluge. L'écrivain sacré parle du mont Ararat ; il cite de grands fleuves, comme le Nil et l'Euphrate, mais il ne s'explique point sur l'étendue de la terre.

Après Moïse, Homère, le poète sacré des Grecs, est le plus ancien auteur qui nous transmette sommairement les connaissances ou les idées géographiques de ses contemporains. La longue description que l'on trouve au XYIIL' chant de YJliade, du bouclier forgé par Vulcain, est une petite encyclopédie pittoresque des merveilles du monde connu des anciens Grecs. La cosmographie d'Homère, que l'on voit ciselée sur le bouclier d'Achille, nous présente la terre comme un disque aplati, entouré de toutes parts et circulairement par la mer, ou plutôt par le fleuve Océan ('ilxsavoç), qui marque ainsi les limites du monde connu. Le ciel est une voùie solide (jui recouvre le disque terrestre. Cette voûte est supportée par des colonnes, reposant elles-mêmes sur les épaules du dieu Atlas. Hàtonsnous de dire qu'une absurdité toute semblable se retrouve dans la cosmographie de plusieurs peuples anciens. Les Scandinaves plaçaient la terre en équilibre sur neuf piliers. Les Indiens, sectateurs de Brahma, la faisaient porter sur qu;itre éléphants. Mais sur quoi reposent ces neuf piliers ou ces quatre éléphants? CHiel est le dieu robuste dont les jarrets sufhsent à soutenir le poids de la masse terrestre ?

Dans sa Plitralilc des mondes, Fontenelle donne carrière à sa verve sur ce système naïf des cosmogonies anciennes. Sans nous arrêter à ces faciles caricatures, achevons la description de la cosmographie au temps d'Homère- La voûte sohde (\u\ forme les cieux est parcourue \mv les astres, qui roulent sur des chars d'argent, emportés par de rapides nuages. Quand le soleil apparaît à nos yeux, il sort de l'Océan, du côté de l'orient ; le soir, il se replonge, à l'occident, dans le même fleuve. Pendant la nuit, le soleil, em])orlé sur un chariot d'or, remonte, par-dessous la terre, le cours de

l'éternel 'ûx£«vôç. Là, c'est-à-dire par-dessous la terre, est une autre voûte, correspondant par sa courbure à celle du ciel : c'est le Tartare, séjour ténébreux des Titans, ces anges déchus, vaincus et rebelles de la mythologie païenne. Morne et silencieux, le Tartare est plongé dans une éternelle nuit.

Voilà le premier système cosmographique que les hommes aient imaginé. Nous plaçons en regard de cette page la carte du monde d'après tes idées admises en ces temps reculés. On voit que le fleuve 'iixôavdç enveloppe de toutes parts les continents. Au milieu du cercle formé par les eaux de l'immense fleuve, Homère place naturellement la Grèce , avec son archipel de petites îles qui ont pour centre le mont Olympe, séjour des dieux mythologiques. La mer Méditerranée et le Pont-Euxin partagent la terre en deux moitiés inégales, l'une au nord, l'autre au midi. Le détroit où s'élèvent les Colonnes d'Hercule réunit ces mers à l'Océan occidental, et le fleuve Phasis forme la communication du côté opposé.

Mais l'espèce de dogme cosmographique qui dans toute lantiquité faisait considérer les Colonnes d'Hercule comme la barrière et l'extrémité du monde à ses rives occidentales, devait enfin disparaître. Les navigateurs sortis des ports phéniciens, franchissant le détroit d Hercule, découvrent l'Océan au delà de ce détroit, et ils fondent des colonies sur cette route, c'està-dire le long des côtes d'Afrique. Carthage est la plus brillante des colonies phéniciennes. Le puissant commerce des Carthaginois, leurs relations étendues, leurs rapports fréquents avec la Phénicie, rapprochent l'Orient de lOccident, et contribuent puissamment à dissiper l'obscurité qui couvrait l'existence ou l'étendue des contrées éloignées de la Grèce et de l'Italie. Toutefois, les autres peuples sont lents à participer aux connaissances géographiques des Phéniciens , qui gardent pour eux leurs découvertes, sachant bien que là est la clef de leurs richesses et le secret de leur commerce cosmopolite. Hérodote lui-même, lorsqu'il entreprend ces longs voyages qui lui permettront de parler avec autorité , dans ses écrits , des pays étrangers, ne peut obtenir, quand il s'arrête en Phénicie, que très-peu de renseignements des habitants de Tyr.

Avec les données qu'il possédait, Hérodote nous a retracé l'état des connaissances géographiques de son temps. Nous le

figurons dans la carte ci-jointe. Hérodote divise le mondeifin deux parties : l'Europe et l'Asie.

Cependant les connaissances géographiques des Phéniciens transpirent peu à peu; les Grecs, leurs voisins, deviennent leurs émules dans l'art et les bénéfices de la navigation, lie commerce, les colonies, ne sont plus l'apanage exclusif des Phéniciens ; la Grèce y prend sa part. Bientôt les brillantes campagnes d'Alexandre jettent un jour imprévu sur l'intérieur et l'orient de l'Asie. Grâce aux travaux d'Ératosthène, de Strabon, de Polybe, de Ptolémée, qui parcourent tous les pays connus, pour recueillir des opinions et des faits, la géographie commence à devenir une science positive.

Dans les trois cartes qui suivent, nous représentons letat des connaissances géographiques à l'époque d'Ératosthène, de Ptolémée et de Strabon. Ératosthène, qui vivait 300 ans avant J. G., étendit les bornes de la Libye et en fit une troisième partie du monde, qui reçut plus tard le nom d'Afrique. Strabon et Ptolémée, qui vivaient dans le premier et le deuxième siècle de notre ère, divisaient le monde en trois parties : l'Europe, l'Asie et l'Afrique, formant un seul continent.

L'inspection de ces cartes nous dispense de toute explication, car elles résument parfaitement, pour chacune de ces époques, l'état de la géographie.

La carte de la géographie au temps de Strabon, ce tableau des connaissances géographiques des Romains , montre que chez ce peuple on arrêtait la terre, vers l'orient, aux premières régions de l'Asie. Le flot barbare qui vint submerger la civilisation occidentale et emporter leur vaste empire, prouva aux Romains que la terre était plus grande qu'ils ne l'avaient supposé. Ils cédèrent la place à ces nouveaux venus, sortis de steppes ignorés de l'extrême Asie, de ces régions liyperboréennes dont ils avaient à peine, sur la foi de Strabon, admis la lointaine existence.

Le cadre de la géographie embrasse déjà près de la moitié de la terre. On commence même à soupçonner sa véritable forme; car les astronomes et les mathématiciens, les uns par l'aspect glol)ulaire des astres, les autres par des déductions numériques, commencent à entrevoir l'idée d'un globe terrestre^ et la possibilité d'une circumnavigation pour la terre entière. Kh-

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lin, dirigés par l'aiguille aimantée, la grande et féconde conquête du douzième siècle, les navigateurs portugais se contient intrépidement à la haute mer, et finissent par toucher, avec gloire, au cap de Bonne-Espérance. En 1492, Christophe Colomb découvre le Nouveau-Xonde , qui va bientôt doubler l'étendue des terres connues ; et Ton voit s'ajouter aux cartes géographiques des continents immenses qui jusque-là avaient été aussi peu accessibles à l'homme que le soleil ou la lune.

Le génie humain peut dès lors s'exercer sur l'étendue entière du globe, et les efforts réunis d'innombrables voyageurs ne laissent pas sans l'explorer un seul coin des régions habitables de sa vaste étendue. Après les calculs faits par les géomètres qui avaient déduit la forme précise de la terre, c'est-à-dire sa sphéricité et l'aplatissement polaire, la mesure directe d'une partie de deux méridiens pris à l'équateur et aux pôles prouve, avec éclat, que la terre est bien un sphéroïde aplati. Enfin, pendant le siècle dernier, le relief des montagnes, la profondeur des mers , la nature géologique et minéralogique des couches successives et les circonstances qui ont déterminé les grands accidents de l'écorce terrestre, la véritable configuration du fond des mers, etc. , sont scrutés de la manière la plus rigoureuse. Tout cela, dans le siècle actuel, nous est connu dans ses traits généraux; il ne reste à notre génération qu'à approfondir les détails topographiques.

Ce qui, de nos jours, contribue le plus aux progrès de la géographie, c'est que l'immensité des distances, qui autrefois arrêtait les grandes explorations du globe, a pour ainsi dire disparu. L'espace n'est plus une insurmontable barrière. Grâce à la facilité et à la rapidité des communications, la terre a été parcourue jusque dans ses derniers recoins, et l'homme est devenu un être cosmopolite. Par le contact mutuel et réciproque des peuples, les nationalités s'évanouissent ; le genre humain, comme l'individu, tend de plus en plus à s'affranchir de la glèbe natale, pour s'unir dans un type uniforme de caractère et de pensée. Prenons un exemple. Au temps du peuple romain, les Alpes formaient un rempart infranchissable, qui séparait l'empire des Césars du pays des barbares. Aujourd'hui le touriste, venu de toutes les parties du monde, parcourt avec bonheur ces sites pittoresques qui, pendant tant de siècles, avaient

été le domaine non disputé des chamois et des aigles. Depuis l'année 1871, une voie ferrée a percé de part en part les flancs granitiques de ces montagnes, ouverts par la science et l'industrie, et, à travers l'épaisseur des Alpes, la jeune Italie tend aujourd'liui la main aux nations ses voisines. L'immense continent de l'Amérique du Nord est traversé depuis 1868 par une ligne de chemin de fer, qui relie sans interruption locéan Atlantique à l'océan Pacifique. La chaîne de l'Oural va devenir aussi une porte ouverte au passage de la civilisation, prête à pénétrer au cœur de l'Asie. Les mers, qui ont longtemps opposé le plus grand obstacle aux communications entre les peuples, sont aujourd'hui le plus commode intermédiaire de leurs rapports. Le cap de Bonne-Espérance, que la puissance maritime du Portugal au seizième siècle avait mis cent ans à atteindre, n'est plus pour nos paquebots qu'une station de relâche : une frégate parcourt en deux mois ces 4000 lieues. A la lin du siècle dernier, le voyage de la Chine exigeait dix mois; aujourd'hui, un navire à vapeur accomplit en quatre mois ce trajet, ((ui représente la moitié du tour du monde; et ce temps sera abrégé de moitié quand le canal de Suez sera ouvert à la grande navigation. Les détroits ou bras de mer, qui séparent deux pays, ne sont plus que les ports de chacun deux. Londres touche Paris, Marseille est voisine d'Alger, Stockholm de Pétersbourg. Les grands fleuves de l'Amérique, comme l'Amazone et le .Mississipi, sont couverts de bâtiments à vapeur qui promènent sur leurs eaux les pavillons mêlés des nations des deux mondes; tous ces navires se confondent et s unissent, comme sont unis aujourd'hui les intérêts des hommes. i)artuut corrélatifs et solidaires. Il est impossible de deviner les Iransformalions et les prodiges que la société humaine verra se réaliser lorsque, dans un avenir plus ou moins prochain, la science, en possession de moyens plus puissanls encore que ceux dont elle dispose aujourd'hui, aura ouvert de larges et commodes routes à travers les montagnes des Cordillères et de l'Himalaya, à travers le Caucase et l'Oural, à travers les isthmes de Suez et de Panama; lors([ue en in la navigation aérienne, découverte et régulièrement étahlie, aura réalisé le vtru enthousiaste du poète : des ailes, dis (nUs !

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