‹ La terre et les mersChapitre 30 sur 45 · AUSTRALIE · texte numérisé non relu

AUSTRALIE

Murray Pacifique 1 500

Nous jetterons maintenant un coup d'œil rapide sur les plus grands cours d'eau du globe, en commençant par ceux de lEurope.

Les plus considérables des fleuves de l'Europe sont le Danulje et le Dnieper, qui se jettent dans la mer Noire, et le Don, qui se rend à la mer d'Azow.

Le Danube dont la source est dans la Forèt-Noire, se réunit bientôt à l'Inn, qui ne lui est point inférieur en développement, et qui aurait tout autant de droit que le Danube à donner son nom au cours d'eau principal. Ce fleuve emporte vers l'Orient les eaux du bassin des Alpes et celles qui descendent du versant méridional des Karpathes. Il est navigable à partir d'une distance de 1600 kilomètres du Pont-Euxin. Avant d'entrer dans les plaines de la Valachie, il traverse les Portes de Fer, étroit défilé du Balkan.

Les monts Karpathes renferment les sources de la Yistule. qui arrose la plaine Sarmatique, et se rend à la mer Baltique, en traversant un terrain très-marécageux. La rivière Bug, un de ses principaux affluents, vient du marais de Pripet, où prend également source le Pripet. tri])utaire du Dnieper ; on peut dire que les bassins de la Yistule et du Dnieper se touchent et se confondent dans cet immense marais, sans qu'une élévation marquée du sol accuse la ligne de partage de leurs eaux. Aussi peut-on. par les canaux du Dnieper, passer en bateau de la mer Noire à la Baltique.

L'Oder et l'Elbe se dirigent vers le nord comme la Yistule, mais leurs ])assins sont plus accidentés.

Le Rhin porte dans la mer du Nord les eaux de la chaîne Alpique ; le Rhône les porte dans le golfe du Lion ; le Pô les déverse dans la mer Adriatique, La Seine, la Loire et la Garonne, qui se rendent à l'océan Atlantique, sont des rivières de troisième ou quatrième ordre, comme les rivières d'Espagne: l'Èbre, le Douro, le Tage, la Guadiana, etc.

Le vaste bassin fermé, ou bassin intérieur de la mer Caspienne, reçoit les eaux du Yolga et de l'Oural.

Le Yolga est un fleuve admirablement propre à la navigation. Des canaux le mettent en communication avec le lac Ladoga et avec la mer Baltique. Le développement des méandres de ce large cours d'eau lui donne une longueur double de

celle qu'il aurait, s'il suivait une ligne droite depuis sa source jusqu'à ses soixante-dix bouches. Le lac Aral, autre bassin fermé, reçoit deux rivières jumelles, l'Amou ou Gihon ^l'ancien Oxus\ et le Sir ou Sihon (l'ancien laxartes), qui descendent du plateau de Pamir et de la chaîne du Bolor-Tag,

L'immense plaine de la Sibérie est arrosée par trois grands fleuves qui vont se jeter dans la mer Glaciale: lObi, le Yeniséi et la Lena.

Les deux premiers traînent leurs eaux lentes et glacées à travers un plateau monotone, qui ne s'élève guère de plus de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le Yeniséi n'a des allures un peu plus vives que dans son cours supérieur en sortant du lac Baïkal, l'un des bassins de l'aspect le plus romantique que l'on puisse imaginer, et qui est alimenté par la rivière Selenga.

La Lena quitte les montagnes de l'est de la Sibérie, à la hauteur de la ville Yali:outsk, qui est citée comme le plus froid des lieux habités du globe. En sortant de Yakoutsk, et jusqu'à la mer, la Lena creuse son lit au milieu d'un terrain gelé et de banquises de glace. C'est dans un de ces bancs que fut découvert le cadavre du Mammouth conservé par le froid, dont nous avons parlé dans la Terre avant le déluge^.

Le gigantesque fleuve Amour, qui se dirige vers Test, sépare la Sibérie de la Chine. Il se jette dans l'océan Pacifique, entre la mer d'Okhotsk et la mer du Japon. Ses rives sont couvertes de gras pâturages. Ce fleuve offre un intérêt particulier à cause des progrès rapides que la domination russe accomplit dans la direction de la Chine, en s'avançant toujours dans le bassin du fleuve Amour.

La Chine est traversée parle Hoang-Ho, ou fleuve /aujie, tributaire de la mer Jaune, et par le Kiang (ou Yan-tse-Kiang), qui se rend à la mer de Corée. Ces deux fleuves sont pour ainsi dire jumeaux, comme l'Euphrate et le Tigre; ils limitent la région que les Chinois appellent la Fleur du milieu, sorte de Mésopotamie qui sépare le nord et le midi de la Chine, puis ils confondent leurs embouchures dans un delta commun. Le Md-

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