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Kiang ou Cambodge va se jeter dans la mer de Chine, après avoir traversé le royaume de Siam et la Cochinchine, Il passe à côté du Saigon, et forme un delta avec la rivière qui porte le nom de cette grande ville.
La même partie du monde envoie à l'océan Indien le Martaban ou Salouen et l'Iraouaddi, dont le volume est décuplé pendant la saison des pluies. Ava, la capitale de l'empire Birman, est située sur l'Iraouaddi.
Les trois grands fleuves de l'Inde sont le Gange, le Brahmapoutre et rindus, issus tous trois de la chaîne de l'Himalaya.
L'Indus, ou Sind, est formé par la réunion de cinq rivières qui traversent les vallées si pittoresques du Pendjab (Pentapotamie^, où pénétra Alexandre le Grand. Il se bifurque au sud de Hayderabad, et donne naissance à un delta avant de se jeter dans le golfe d'Oman.
Le Gange résulte de la réunion d'une vingtaine de rivières, dont douze sont plus considérables que le Rhin. Ce fleuve coule au pied du versant méridional de l'Himalaya , dans une plaine ou vallée basse qui. à Delhi, n'a déjà plus que 3û0 mètres d'élévation. Ses eaux serpentent doucement, en suivant toujours le relief du terrain et évitant les obstacles, tandis que l'Indus, après avoir parcouru un plateau de 3000 mètres d'élévation, se fraye un chemin à travers les gorges de l'Himalaya. Aussi, en sanscrit, le nom du Gange est-il féminin, la Ganga, sans doute pour rappeler les allures particulières à son cours.
On ne saurait comparer nos fleuves d'Europe à ce puissant cours d'eau, lorsque, grossi des tributs de la Djumna, du Soane, etc., il roule ses flots entre des rives espacées de 6 à 8 kilomètres. Cette énorme masse liquide ronge et dégrade sans cesse ses bords formés d'alluvions, ce qui amène de fréquents changements dans son cours. De longues files de bancs de sable mobiles indiquent les déplacements annuels du chenal principal, et souvent quelques années suffisent pour faire disparaître de vastes étendues du terrain riverain. Les eaux du Gange ne sont point limpides comme celles de son affluent, la Djumna. mais elles servent à rafraîchir d'innombrables troupeaux de bœufs, de chevaux, de chèvres, d'éléphants et d'oiseaux. Dans ces fleuves, en grande vénération, les Hindous viennent se plonger pour se purifier, selon leur rite religieux.
C'est surtout aux heures du lever et du coucher du soleil que le Gange s'anime de bruits, de mouvements et d'apparitions.
Le Gange et le Brahmapoutre forment, par leur réunion, un système de fleuves jumeaux, d'abord paraMèles, mais séparés par l'Himalaya, ensuite réunis par un delta commun et par un grand nombre de canaux. De juin à octobre ils inondent le haut Assam et le Bengale.
L'Asie est riche en systèmes jumeaux de ce genre. L'Euphrate et le Tigre vont nous en offrir un autre exemple, et c'est là d'ailleurs celui que les géographes prennent toujours pour terme de comparaison.
Les anciens donnaient le nom de Mésopolamic (terre entre deux fleuves) à la région enfermée entre ces deux bassins : riche et fertile pays où ont siégé de grands empires. Les eaux de l'Euphrate et du Tigre viennent toutes des chaînes du Taurus; le désert de Syrie ne leur fournit aucun tributaire. Leurs cours restent sensiblement parallèles et dirigés du nord-ouest au sud-est, jusqu'à ce qu'ils se réunissent pour former le Ghatel-Arab, qui se jette dans le golfe Persique, en traversant un delta dont l'existence ne date probablement que de trois mille ans. On suppose même qu'à une époque reculée les eaux du golfe pénétraient fort avant dans rAra])ie, ne laissant qu'un isthme étroit entre ce pays et TAsie Mineure. A la hauteur de Bagdad, les deux fleuves s'approchent déjà l'un de l'autre jusqu'à une distance de 23 kilomètres. Autrefois, quand Ninive et Babylone étaient encore debout, de nombreux canaux permettaient de passer d'un fleuve à l'autre, à travers la .Mésopotamie. Le Tigre a un cours souterrain près Dongly ; l'Euphrate offre une cataracte, celle de Niichar. \ous avons déjà parlé de leurs crues annuelles et de leurs inondations.
Le Nil est le plus grand cours d'eau de l'Afrique. C'est pour nous le fleuve le plus important du monde, parce que ses rives furent le berceau de la civilisation ancienne. La découverte de ses sources occupa ]»ien des voyageurs. Ce problème séculaire est extrêmement complexe, cnr il s'agit non-seulement de remonter aux sources d'un grand nombre de tributaires du Nil, mais encore de décider lequel de ces affluents doit être considéré comme le principal, c'est-à-dire comme le vrai
Nil. Il est permis de dire qu'il n'y a pas une source du Nil proprement dite, mais bien une vaste région nourricière de ce fleuve mystérieux.
Khartoum est le confluent du Bahr-el-Abiad, ou pcuve Blanc ^ et du Bahr-el-Azrek, ou fleuve B'ea, dont la réunion forme le Nil proprement dit. La couleur caractéristique de leurs eaux se distingue encore quelque temps après leur réunion. C'est Méhémet-Ali qui y jeta les bases d'une ville.
Le peuve Bleu, aussi bien que l'Atbarah, ou Takazé, qui se jette dans le Nil au nord de Khartoum, ont leurs sources dans la haute Ethiopie. Le fleuve lileu n-iit au sud du lac Tzana, (pi'il traverse en décrivant une spirale qui le ramène vers le nord. En Ethiopie, il porte le nom d'Abaï. Mais le plus considérable des deux bras du Nil est le fleuve Bleu, dont l'origine est plus difficile à hxer. Depuis Khartoum jusqu'au neuvième degré de latitude nord, aucun tributaire important ne vient dérouter l'explorateur; mais à cette hauteur le fleuve se scinde en plusieurs branches, dont le nombre est encore incertain. A l'est, c'est le Saubat, qui apporte au Nil les pluies des régions orientales; il pourrait s'identifier avec le Baro du Habeh. A l'ouest, c'est le Bahr-tl-Gazal (fleuve des Gazelles), qui arrive, à travers les lagunes du lac Nô, se joindre au Bahr-el-Abiad. venu du sud, probablement du grand lac Nyanza d'Oukéréwé. Un autre affluent oriental est probablement identique avec la rivière Uma, dont M. d'Abbadie a découvert la source dans l.i forêt de Babya, au sud de l'Ethiopie.
De Khartoum au lac Nù, les rives du Nil Blanc sont ombragées d'une végétation tropicale, qui leur donne l'aspect d'un fleuve d Amérique. Plus au sud, la scène change. Les bords du Nil deviennent plats et monotones; des marais insalubres et remplis de reptiles et d'insectes s'étendent des deux côtés à perte de vue. A partir du septième parallèle, le terrain s'élève sensiblement; la navigation sur le fleuve devient très-difficile à cause des écueils, des cataractes et des rapides qu'il faut franchir.
Gondokoro, situé sous le cinquième degré de latitude, était encore naguère le terme des voyages d'exploration entrepris dans cette direction; mais, en 1862, MM. Speke et Grant ont réussi à y arriver par le sud, en suivant le fleuve qui sort du
lac Nyanza. Si les courageux voyageurs n'avaient pas été forcés d'abandonner ce cours deau. et de faire un détour, pour éviter un pays alors en proie à la guerre , il serait aujourd'hui parfaitement établi que le Nil a sa source principale dans l'immense lac de l'Afrique équatoriale, c'est-à-dire le lac Nyanza. M. Baker vient de constater, en outre, que le Nil traverse le grand lac Luta-Nzigé, au nord du Nyanza.
Le lac Nô, où le Bahr-el-Gazal se joint au fleuve Blanc, est une nappe d'eau d'une lieue de tour, entourant une île couverte d'une végétation luxuriante.
Cette nappe d'eau est en communication avec plusieurs autres, encore plus grandes, par une série de canaux très-étroits, obstrués par des forêts de roseaux qui laissent à peine passer deux barques de front. Au nord-ouest, on entre, à travers un épais fouillis de roseaux, dans le fleuve des Gazelles, qui porte aussi les noms de Bahr-el-Djour, Om-el-Triman , etc.
Dans les environs du lac Nô et de ses tributaires habitent des peuplades noires, les Dinkas, les Schelouks, les Nouer, les Barry, etc. De distance en distance, le voyageur voit surgir sur les rives de ces fleuves un noir géant demi-nu, grêle et déhanché, debout sur une jambe et tenant l'autre en l'air, repliée sur sa lance.
« Semblable au marabout pécheur qui. juché sur un de ses longs pieds, guette sa proie non loin de là, le riverain du Nil , véritable échassier humain, reste ainsi immobile, attendant patiemment qu'un poisson vienne à se montrer à la surface de l'eau pour le harponner '. o
Tout annonce que nous sommes à la \eille de voir le problème le jjlus ancien de la géographie résolu d une manière complète et satisfaisante. L'intérieur de l'Afrique, et surtout les parties où le Nil prend sa source, nous sera bientôt aussi complètement connu ([ue toute autre partie du monde depuis longtemps explorée.
Après le Nil , le cours d'eau le plus important de r.Vfriciue est le Zambèse, qui a été parcouru par le docteur Livingstone. Ce fleuve se jette dans le canal de Mozambique, sous le 18" degré de latitude sud.
Le Niger, ou Djoliba, descend du versant oriental de ce groupe