‹ La terre et les mersChapitre 33 sur 45 · Revue aes Deux-}londes · texte numérisé non relu

Revue aes Deux-}londes

Les rives du fleuve sont sans cesse attaquées et transformées par les inondations, dont nous avons parlé ailleurs, ainsi que par le prororoca.

L'embouchure de FOrénoque , autre lac sans rivages , se trouve au sud des Antilles, sur la côte de la Guyane. Ce fleuve ressemble beaucoup au Nil. Il a, comme le fleuve africain, ses cataractes, ses crues régulières, ses crocodiles et ses sources inconnues.

Dans l'Amérique du Nord, le flanc occidental des Montagnes Rocheuses envoie au Pacifique la rivière Orégon ou Colombia, et le Rio-Colorado, qui tombe dans le golfe de Californie. De leur versant oriental descendent le Mackensie, qui tombe dans l'océan Arctique, le Churchill et le Saskatchouan, qui vont à la baie d'Hudson.

Le golfe du Mexique reçoit le Rio Grande del Norte, et le Mississipi, dont le bassin a 400 millions d'hectares.

Ce grand fleuve naît de la réunion du Missouri, du Mississipi et de rOiiio. Le Missouri est navigable depuis sa cataracte jusqu'à la mer, sur une ligne de 7000 kilomètres; le Mississipi sur 4000. L'Ohio communique par un système de canaux avec le lac Érié et, par suite, avec le Saint-Laurent.

Ce dernier cours d'eau réunit les cinq grands lacs, le lac Supérieur, le Michigan, le Huron, l'Érié et l'Ontario; entre les deux derniers, il forme la cataracte du Niagara. A son embouchure, il offre une largeur de 150 kilomètres, qui diminue graduellement vers l'intérieur des terres du Québec.

Les lacs et les étants.

Il nous reste, avant de nous occuper des mers, à parler de ces réservoirs d'eau douce ou salée auxquels on donne le nom de lacs.

Une masse d'eau qui est alimentée d'une manière continue par une source quelconque prend le nom de lac. Si l'eau s'épanche sur une large surface, qu'elle recouvre à peine, si ses rives sont mal délimitées, on l'appelle marais. Ces amas d'eau tranquille se rencontrent, avec plus ou moins de fré({uence, à toutes les hauteurs, dans les plaines basses comme dans les plus hautes montagnes.

Les véritables lacs ne sont le plus souvent que des évasements du bassin d'une rivière qui les traverse. C'est ainsi qu'en Europe le lac de Genève est formé par le développement du Rhône, le lac de Constance par le Rhin, le lac Majeur et les lacs de Côme et de Garde par les affluents du Pô. La rivière d'Orbe traverse d'abord le lac de Joux (dans le haut Jura), situé à 600 mètres au-dessus du lac de Genève, puis elle s'engouffre dans de vastes entonnoirs, creusés dans les calcaires; après un cours souterrain de 4 kilomètres, elle ressort dans une vallée inférieure, à 230 mètres au-dessous du lieu où elle disparaît, et traverse encore les lacs de Neuchâtel et de Bienne. Le lac Baïkal, dans la Sibérie orientale, est traversé par l'Angara; le lac Tzana, en Ethiopie, par l'Abbay ou fleuve Bleu.

On observe quelquefois plusieurs étranglements successifs de la vallée, et le lac se divise ainsi en plusieurs bassins, comme celui de Lucerne, traversé par la Reuss, qui remplit trois bassins, sans compter deux autres lacs latéraux avec lesquels il communique encore. En Amérique, les cinq grands lacs du Canada semblent n'être que les bassins successifs de la large étendue du fleuve Saint-Laurent. En Russie, les lacs La-

doga, Onega, Saima, Biélo, Ilmen communiquent, par des rivières^ tous entre eux et avec le lac de Finlande.

Les lacs d"où sortent des rivières ne sont souvent alimentés que par des sources souterraines. Tels sont le lac Seligher, qui donne naissance au Volga; le Koukou-Noor, au pied de la chaîne du Thian-Chan, d'où sort le fleuve Jaune; le Rawana- Hrada, sur le versant boréal de l'Himalaya, source d'un affluent de rindus. Ces lacs sont ordinairement petits et situés à un niveau très-élevé, comme celui du Monte-Rotondo, en Corse, et le Cuider-Idris, dans le comté de Galles. Le contraire arrive lorsqu'un lac reçoit une rivière sans qu'il en sorte au-

Fig. l.'iO. I.ac Pavin, rn Auvergne.

cun cours d'eau. Alors de deux choses l'une : ou bien les eaux se perdent par des conduits souterrains, ou bien l'évaporation compense la quantité d'eau qui afflue. Quelquefois ces deux causes peuvent agir ensemble.

Ces sortes de lacs sont ordinairement salés; on peut les considérer comme des mers intérieures : telles sont la mer Caspienne, celle d'Aral, la mer Morte, etc. Les lacs lialkh, le lac Tchad, le grand lac Titicaca, le lac de Celano (Fucino), ne sont pas salés.

Il existe enfin des lacs où il n'entre et d'où il ne sort aucune rivière. Ils occupent généralement des cratères de volcans éteints et proviennent de l'accumulation des eaux pluviales.

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L'évaporationdeTeau étant compensée par les pluies, le niveau de ces lacs ne varie pas sensiblement. Le plus curieux des lacs de ce genre, c'est-à-dire de ceux qui, formés par les eaux pluviales, ont pour bassin le cratère d'un volcan éteint, c'est le lac Pavin, en Auvergne, dont nous donnons ici la figure (fig. 150). Les lacs d'Albano et d'Averne, en Italie, et plusieurs lacs de l'Eifel, ont la même origine géologique que le lac Pavin.

D'autres lacs sont en communication directe avec la mer et semblent n'être que des golfes. On leur donne le nom de lagunes. Ils sont formés tantôt par la mer, tantôt par l'embouchure d'un cours d'eau. Nous citerons, comme exemples, les

Fig. 151. Élang de Berre, près de Marseille.

lagunes de Venise et de Goraacchio ; les trois Haffs de la Baltique; le lac Maelar, en Suède; les étangs de Berre, près de Marseille (fig. 151), et de Thau, près de Cette, sur la côte française de la Méditerranée; la grande lagune, dans le golfe du Mexique. On peut encore ranger dans cette catégorie les lagons des récifs de corail dans l'Océanie.

Les lacs présentent quelquefois un fait très-curieux : c'est le mélange de plusieurs réservoirs deau douce avec des réservoirs d'eau salée. Au nord de la mer Caspienne, on voit, dans une plaine, une foule de petits lacs qui contiennent, les uns de l'eau douce, les autres de l'eau chargée de sel marin ou de

sulfate de magnésie, en quantités qui varient selon la saison. Il existe, au Tibet des lacs tenant en dissolution de l'acide borique qui ne se retrouve guère au même état que dans certains lacs ou lagoni de la Toscane. C'est de cette source que l'on retire l'acide borique, qui est livré au commerce pour les besoins des arts et de la pharmacie.

On appelle en Toscane lagoni de petits lacs naturels ou artificiels, résultant de la condensation de jets d'eau et de vapeurs qui s'élancent du sol, à peu près comme les geysers de l'Islande. Ces jets d'eau et de vapeurs se nomment soffwni, ou fumerolles. Ils s'élancent dans l'air avec beaucoup de force, en répandant une odeur sulfureuse. En retombant, ils forment les petits lacs nommés lagoni. L'acide borique se trouve au nombre des produits lancés par les soffwni de la Toscane : il reste dissous dans l'eau des lagoni. Pour obtenir cet acide solide et cristallisé, il suffit de soumettre cette eau à l'évaporation^

La salure et la densité des eaux des grands lacs salés sont souvent supérieures à celles de l'Océan ; c'est ce qu'on observe dans la mer Morte, le lac d'Ormiah, etc.

Le phénomène des marées lunaires (très-faible, il est vrai) a été constaté dans le lac Michigan et dans d'autres grands lacs.

1. « L'acide borique, disent MM. Pelouze et Fremy, se trouve en Toscane dans de petits lacs naturels ou artificiels, qui portent le nom de lagoni. Sous les lagoni viennent déboucher de petits cratères, appelés soffioni, qui dégagent continuellement de la vapeur d'eau entraînant de l'acide borique. Cet acide borique vient se dissoudre dans l'eau des lagoni. Lorsque ces dissolutions ont été amenées à une concentration convenable, il suffit de les laisser refroidir pour obtenir de l'acide borique cristallisé.

i< On évapore les dissolutions d'acide borique en profitant de la chaleur qui résulte de la condensation de la vapeur des soffioni; cette vapeur est amenée, par des con('uits de bois ou de terre cuite, sous les chaudières d'évaporation.

« L'ac'Je borique cristallisé et encore humide est placé d'abord dans des paniers d'osier où il s'égoutte, et porté ensuite dans des séchoirs de bricjaes, chauffés encore par la vapeur des soffioni. » (Pelouze et Fremy, Traité de chimie générale, 2° édition, tome I, p. 587 et 588.)

D'après M. Payen, les gaz qui s'échappent, avec la vapeur d'eau, des soffioni de la Toscane, sont ainsi composés :

Gaz acide carbonique 57

Azote 35

Oxygène 7

Hydrogène sulfuré 1

Les marées accidentelles désignées sous le nom de seiches, qui font varier les niveaux du lac de Genève, du lac Wettern en Suède, et de beaucoup d'autres, sont plus connues et plus sensibles. Ce sont des débordements subits et de courte durée, dus probablement aux différences de pression barométrique à la surface très-étendue des eaux. Les seiches sont de toutes les saisons, mais généralement elles sont plus fréquentes au printemps et en automne.

En Afrique et en Amérique on rencontre des lacs qui se dessèchent de temps en temps, comme les lacs de sel du Sahara et les lacs Xarayes et de Paria. D'autres offrent un phénomène analogue au jeu des fontaines intermittentes. Tel est le lac de

Lac de Joaunii.a, en Grèce.

Zirknitz, en lUyrie. Il est entouré de montagnes calcaires. Sa circonférence varie de 20 à 40 kilomètres; il reçoit huit ruisseaux et présente quatre ou cinq îles, dont la plus grande est occupée par le village de Vorneck. A certaines époques, les eaux s'écoulent par un grand nombre de conduits souterrains, dont loriflce s'ouvre au fond du lac, si bien que Ton peut prendre à la main les poissons qui ne sont pas entraînés sous terre. Le lac demeure alors quelque temps à sec; il se couvre d'une riche végétation et peut être ensemencé. Mais il ne faut pas se fier à ce calme trompeur. Les eaux reviennent à l'improviste par où elles étaient parties, et le lac, avec un bruit

formidable, se remplit de nouveau, engloutissant les récoltes qui recouvraient son ancien lit.

Le lac de Joannina, en Grèce, célèbre par les aventures d'Ali- Pacha, communique par un canal souterrain avec la rivière Kalama, et se réduit à peu de chose en été^ on sème alors du mais dans son lit desséché (fig. 152).

Nous terminerons ce chapitre par l'énumération des lacs les plus remarquables du globe.

rig. 153. Extrémité supérieure du lac Ile Genève.

Europe. Les lacs de la Suisse sont célèbres par leur situation pittoresque. Nous avons déjà parlé de ceux de denève (fig. 153), de Lucerne, ('onstance, etc. .Mais ces lacs ne sont peut-être pas ceux qui attirent le plus vivement les regards ou la pensée. Les petits lacs des montagnes, situés dans la solitude des hautes régions alpestres, aux bords desrjuels viennent s'abreuver les chamois ou se reposer les aigles, offrent un genre de beauté sauvage que n'ont jamais les grandes nappes d'eau dont les

LKS EAUX DOUCES.

rives sont fréquentées par les liomraes. On peut citer comme particulièrement pittoresque le petit lacd'OEsclii, près de Kandersteg-, dans le canton de Berne, qui donne naissance à la rivière de la Kander (fîg. 154).

Voici le tableau des plus grandes profondeurs des lacs des Alpes :

Lac Majeur, 854 mètres; — lac de Côme, 604; — lac de Brienz, 585; — lac d'Iseo, 340; — lac de Genève, 309; — lac de Lugano, 279; — lac de Constance, 276; —lac de Thun, 265; — lac des Quatre-Cantons, 260; — lac de Garde, 195; — lac de Wallensee, 156; — lac de Xeuchâtel, 144; — lac de Zurich,

1" y. Ij-i. I.JC J'(itc'ai, i>ieb de Kuudurtley, fU Suisse.

143; — lac d'Idro, 130; — lac du Bourget, 78; — lac de Bienne, 78; — lac d" Annecy, 60.

Parmi les beaux lacs d'Europe qui rappellent ceux de la Suisse et de la Savoie, nous citerons les lacs de Flaa ou Flatdal, en Norvège, et le lac d'Échauda, dans le Dauphiné.

Dans la Russie septentrionale et dans la péninsule Scandinave, on admire un grand nombre de lacs, quelquefois trèsétendus. Le lac Ladoga, que la Xéva met en communication avec le golfe de Finlande, a une superficie de 16 000 kilomètres carrés; le lac Onega a 8500 kilomètres carrés; le lac Wener, 5500. A côté de ces véritables mers d'eau douce, que devient,

par exemple, le lac de Genève, dont l'étendue ne dépasse pas 850 kilomètres carrés !

Le AVettersee, en Suède, est cité pour la limpidité de ses eaux; on y voit une pièce de monnaie à 35 mètres de profondeur. Le Wettersee, et le lac Lomond, en Ecosse, éprouvent souvent, par le plus beau temps, de violentes agitations dont la cause est inconnue. Un phénomène mystérieux de ce genre s'observe encore sur le lac très-profond de Boleslaw, en Bohême, qui est souvent pris d'un mouvement inexpliqué. Quand cette agitation se produit en hiver, le lac projette en l'air de lourds morceaux de glacée

Un lac situé près de Beja, dans le Portugal, annonce, par ses mugissements, l'approche d'un orage. Le lac Baïkal, près d'Irkoustk, le lac sacré des Russes, prédit aussi aux pécheurs l'approche d'une brise ou d'un orage, une heure d'avance, par des ondulations violentes (les zyb) qui semblent venir de la direction d'où soufflera le vent. Seulement, ces ondulations sont moins fortes avant un orage qu'avant une brise modérée. Le lac Baïkal a une longueur de 630 kilomètres sur 40 à 80 de large; il est situé au milieu des montagnes et reçoit un grand nombre de ruisseaux qui descendent de leurs flancs. Il se décharge dans la rivière Angara, par une étroite tissure des rochers au nord-ouest.

Asie. Les Hindous ont aussi leurs lacs sacrés : le .Mano-S.irowar et le Ravana-Ilrada, situés au centre du plateau qui s'étend au nord de l'Himalaya. Autour de ces lacs se groupent les sources de l'Indus, du Gange, du Brahmapoutre, de la Djumna, etc. En parlant de l'Himalaya, nous avons déjà cité les lacs situés à de grandes hauteurs dans cette chaîne colossale.

1. Dans le lac Huron, il existe une baie où s'accumulent constamment des nuages électriques; on ne peut la traverser sans entendre gronder le tonnerre. Sir Alexandre Mackenzie raconte un phénomène inexplicable qu'il a observé sur le lac Rose (Amérique du Nord) : « Au portage de Jlartres, dit-il, l'eau n'a pas beaucoup plus d'un mctrc de profondeur et le fond est fangeux; on peut y enfoncer des perches de 4 mètres avec la même facilité que dans l'eau. MaisceUe fange exerce une attraction magique sur les bateaux, de telle sorte que les rameurs ont une peine extrême à les faire avancer. Des bateaux chargés courent le risque do couler à fond là où l'eau est peu profonde; cet effet cesse d'ûtre sensible dans la partie sud, où la profondeur est plus grande. » Quelque chose d'analogue se voit, d'après le même auteur, dans un certain point du lac Saginaga.

Nous donnons ici une vue du lac de Kiouk-Kiol, d'après MM. Schlagintweit (fig. 155).

Les grands lacs de Van et d'Ormiali, situés à la frontière de Perse et d'Arménie, sont excessivement salés. Ils reçoivent beaucoup de tributaires, sans offrir aucun écoulement, mais leur volume diminue plutôt qu'il n'augmente. Une diminution semblable s'observe sur la mer Caspienne et sur le lac d'Aral.

Le niveau de la mer Caspienne est situé à 25 mètres au-des-

Fig. 155. Lac de K.iouk-Kioi (Tibet).

sous de celui de l'Océan, et à 35 au-dessous du lac d'Aral; sa profondeur dépasse en quelques points 800 mètres.

La mer Morte (fig. 156), qui reçoit les eaux du Jourdain, s'étend aussi dans une dépression considérable du sol. Le niveau de ses eaux est de 400 mètres au-dessous de la mer Rouge. Le lac de Tibériade, immortalisé par les prédications de N. S. Jésus-Christ, est situé à peu de distance ; il est à 200 mètres au-dessous du niveau de l'Océan. La profondeur moyenne

de la mer Morte est de 400 à 600 mètres ; son fond est donc de 1000 mètres au-dessous du niveau des mers, et de 1800 mètres au-dessous de Jérusalem. Il y a, du reste, dans la mer Morte deux bassins différents, l'un très -profond au nord, et l'autre plus petit au sud, qui a très-peu de profondeur; ils sont séparés par une péninsule sablonneuse, nommée El-Mesraa. Les rives arides, mornes, nues et lugubres de cette nappe d'eau

l'ig. I5(i. Vue de la mer Morte.

lourde et salée, sont en quelques points couvertes de roseaux grands comme des arbustes ; mais en général les environs sont dénués de végétation. On n'y trouve que les osher des Arabes, fruits qui ressemblent à une pomme, mais qui sont creux et ne contiennent ({u'une substance pulvérulente. D'après M. Hochet d'IIéricourt, il existe un autre lac salé dans le désert de Tadjoura, le Bahr-Assal,dont le niveau est inférieur de 170 mètres

à celui de la mer Rouge, dont il est séparé par un isthme large de 10 kilomètres. Le thermomètre marque souvent 52 degrés sur son rivage aride.

Afrique. — Citons d'abord pour l'Afrique le lac Tchad, qui a été exploré par le docteur Barth, en 1851 (fig. 157). C'est une immense lagune, marécageuse et peu profonde, dont les rives

Fig. làT. Le lac Tchad.

mal accusées changent avec la saison, suivant les pluies et les sécheresses qui leur succèdent. Son eau est douce ; elle reçoit le tribut de plusieurs grandes rivières. Quelques îles verdoyantes surgissent au milieu de cette vaste nappe d'eau ; ses bords sont fertiles et bien cultivés. On y trouve des prairies, des champs de fèves, de coton, de céréales. Les hippopotames, les crocodiles, les éléphants, etc., abondent sur ses bords.

Le lac Tanganyika (fig. 1581, qui est situé par 27 degrés de longitude entre le 3« et le 8<= degré de latitude sud, a été découvert, en 1853, par le capitaine Burton. Il est de forme ovale, et mesure environ 400 kilomètres du nord au sud. C'est un cratère volcanique, formé dans le granit, qui reçoit des rivières sans avoir d'écoulement. Ses eaux sont douces, et les poissons y foisonnent.

l'ig. 158. Le lac Tanganyika.

Au sud du lac Tanganyika, M. Livingstone a découvert trois lacs moins considérables : le Siiirwa, le Nyassi ou Nyinyesi {lac des Étoiles) et le Nyami. .\u nord, juste sous l'équateur, le capitaine Speke a découvert, en 1859, le lac Nyanzad'Oiikéréwé, élevé de 1140 mètres au-dessus de KJcéan. Ce lac donne issue, au nord, à un torrent que M. Speke a suivi en 1862, et qu'il suppose être le cours supérieur du Nil. Plus au nord où il se-

largit, ce fleuve porte quelquefois des îles flottantes, formées d'un terrain tourbeux qui est retenu par d'immenses tissus de roseaux et de racines d'arbres. Ces iles se détachent du rivage lorsqu'elles sont minées parles flots, et nagent alors à la surface des eaux. On voit aussi de ces îles flottantes sur le lac Lomond, en Ecosse ; sur un petit lac près de Saint-Omer ; dans les lagunes de Comacchio , et sur les lacs de Gerdauen (Prusse) et de Rolk (pays d'Osnabruk). Il en est même qui se montrent et disparaissent tour à tour. Sur le lac Ralang, en Suède, un semblable ilôt flottant parut à la surface dix fois

Fi!'. ir>9. Lac Salé.

depuis 1696 jusqu'en 1766. Il avait 90 mètres de long et 70 mètres de large \

Amérique. — Dans le nord de l'Amérique, dans l'Utah, il existe aussi un grand lac salé, dont l'eau est fatale à la vie organique. C'est dans son voisinage qu'a été bâtie par les Mormons la Cité des Saints. La nouvelle ville se déploie sur la rive

1. Un voj-ageur a parlé, en 1816, d'un ilôt flottant qui s'était fixé depuis quatrevingt-trois ans à peu de distance de l'embouchure du Mississipi, et qui offrait une longueur de 15 kilomètres sur une largeur de 200 mètres et une épaisseur de 2 mètres et demi. On l'appelait le Grand-Radeau, parce qu'il était composé d'un amas d'arbres tombés successivement dans le fleuve et charriés par ses flots. Ce conglomérat végétal, qui s'était peu à peu couvert de sable, d'herbes et de broussailles, présentait l'aspect d'une ile véritable.

Pline, dans une lettre adressée à Gallus, a décrit les Iles flottantes du lac Vadimon, aujourd'hui Lago di Bassanelle.

droite du Jourdain, rivière qui tombe dans cette mer Morte du Far-West. Le capitaine Burton, qui s'est baigné dans le lac Salé, dit que ses clieveux. en sortant de l'eau, étaient poudrés à frimas, paç un enduit gluant, et que sa peau était revêtue d'une couche de sel. Le lac Salé fig. 159; est situé à 1260 mètres audessous de l'Océan.

Le nord de l'Amérique offre un grand nombre de lacs d'une immense étendue. Le Canada renferme cinq énormes lacs; on en jugera par les chiffres suivants :

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