Burton, Yoifaye aux (jrands lad dr VAfriiiur oricntnli
de montagnes d'où s'épanchent vers l'occident le Sénégal , la Gambie et la Falené. Il remonte d'abord vers le nord-est jusqu'à Tombouctou, puis revient vers le sud, et se jette dans l'Atlantique par vingt-deux embouchures. Ce fleuve, dont le cours n'est exactement connu que depuis peu de temps , fut exploré successivement par Mungo-Park et Laing, qui y ont péri; puis par Caillé et par le docteur Barth, qui sont revenus sains et saufs de Tombouctou. Ce dernier voyageur a remonté le fleuve jusqu'à Say. Plus au sud, c'est-à-dire dans la Guinée méridionale, on rencontre le Zaïre, ou Congo, qui tombe aussi dans l'océan Atlantique.
Les rivières d'Australie sont peu connues et, en général, peu considérables. Elles coulent, pour la plupart, dans des ravins profonds qui sillonnent les plateaux. Dans la saison des pluies. leur volume augmente d'une manière extraordinaire. La rivière Hawkesbury, par exemple, élève son niveau de 30 mètres pendant les crues. Il existe probablement dans l'intérieur de ce continent, encore si peu exploré, un bassin formé avec des lacs salés où se rendent beaucoup de cours d'eau. Les rivières les plus connues sont leMurray et le Darling, dans la Nouvelle- Galles du Sud.
Presque tous les grands cours d'eau de l'Amérique méridionale se dirigent vers l'est, et se rendent à l'océan Atlantique. Le peu d'espace qui reste entre l'océan Pacifique et les Cordillères ne permet pas à l'occident la formation de grandes rivières.
L'estuaire de la Plata reçoit le Rio-Parana, qui vient du nord comme le Paraguay. Ces deux fleuves se réunissent à Gorrientes pour se rendre ensemble à l'océan. Ils ont pour tributaires, venant de l'ouest, les trois rivières Pilcomayo, Vernejo et Salado (dont l'eau est saumâtre). L'Uruguay est parallèle au Parana et tombe aussi dans l'estuaire de Buenos-Ayres en la Plata. Cette vaste baie d'eau douce a une largeur de 200 kilomètres à son embouchure; elle pénètre dans l'intérieur du continent jusqu'à plus de 300 kilomètres.
Le San-Francisco vient du sud, et longe la chaîne côtière du Brésil. 11 se jette dans l'Atlantique sur la côte orientale. Le Rio
da Para est l'estuaire commun de l'Uruguay et du Tocantins, qui traversent le Brésil du sud au nord.
L'île de Marajos sépare ai estuaire de l'embouchure du Maranon, ou fleuve des Amazones^ le plus grand cours d'eau du globe.
Le bassin de ce fleuve gigantesque embrasse 5 millions de kilomètres carrés ou 500 millions d'hectares. Il est alimenté par les eaux venant du flanc oriental des Andes (Ui Pérou. Son embouchure a été découverte en 1500 par Pinz!)n. Quarante ans plus tard, Francisco Orellana descendit le ik>uve depuis sa source jusqu'à l'océan. Aussi les Espagnols lui donnèrent-ils quelquefois le nom à'OreJlana. L'embouchure du fleuve des Amazones est large de 240 kilomètres; son débit dépasse, à l'époque des crues, 300 000 mètres cubes d'eau par seconde.
Comme un équateur liquide, cet immense ruban d'eau sépare l'hémisphère nord américain de l'hémisphère sud , sur une longueur de 5000 kilomètres environ (ou de 3300 kilomètres en ligne droite). Le fleuve des Amazones, navigable jusqu'à 4000 kilomètres de son embouchure, est si profond que les sondes n'y touchent pas toujours le fond. Sa largeur est telle, que souvent on n'en dislingue pas les deux bords , et que l'on se croirait en pleine mer.
Les principaux affluents du fleuve des Amazones sont le .Madeira, le Rio-Xcgro, par lequel il communique avec le bassin de rOrénoque, le Tapajos, le Xingu, etc. Ces fleuves arrosent des contrées fertiles et d'immenses sclvus, ou forêts vierges impénétrables.
"Pour se faire uncidécde rininii'nse variélédes arbres etdes arbustes que gonfle la sève intarissable de la nature tropicale, dit M. Elisée Reclus, il faut pénétrer dans un de ces canaux tortueux qui circulent entre les îlols des mille archipels semés sur l'Amazone. Penchés au-dessus de la rive, se succrdenl les arbres les plus divers, dressant leurs panaches, déployant leurs éventails, développant leurs ombrelles de feuilles, balançant au-dessus des flots leurs guirlandes de lianes fleuries. »
Le même écrivain donne la description suivante de ce géant des fleuves :
c Terrible i)ar son courant de 4 à 8 kilomùlres par heure, le fleuve brésilien ne l'est pas moins par rinlensité de ses crues périodiques. Régulier dans ses allures connue le Ml, il conmience à croître vers le mois du février, alors que le soleil, dans sa marche vers le nord, fond les neiges
des Andes péruviennes et ramène au-dessus du bassin de l'Amazone la zone de nuages et de plaies qui l'accompagne. Sous raclion combinée de la fonte des neiges et des pluies torrentielles, la crue s'élève graduellement jusqu'à 12 mètres au-dessus de l'étiage; les îles basses disparaissent, le rivage est inondé, les lagunes éparses s'unissent au fleuve et forment de véritables mers intérieures : les annnaux cherchent un refuse au haut des arbres, et les Indiens qui habitent la rive campent sur des radeaux. Vers le 8 juillet, lorsque le fleuve commence à baisser, les riverains ont à lutter contre de nouveaux dangers; l'eau, rentrant dans son lit, mine en dessous ses bords longtemps détrempés, les ronge lentement, et tout à coup des masses de terre de plusieurs centaines ou de plusieurs milliers de mètres s'écroulent dans les flots , entraînant avec elles les arbres et les animaux qu'elles portaient. Ces érosions rapides s'opèrent si fréquemment, que les arbres de la berge n'atteignent jamais leur développement complet, et les voyageurs qui naviguent sur le fleuve des Amazones ne peuvent apercevoir qu'un petit nombre de ces troncs aux dimensions colossales qu'ils s'attendent à contempler. C'est donc une tentative périlleuse que la culture d'un champ sur la rive et, sous peine de voir ses défrichements et sa demeure s'abîmer dans quelque éboulis, le colon ne peut s'établir près du fleuve sans en étudier d'avance les redoutables allures. Les îles mêmes "sont exposées à une destruction soudaine : quand les rangées de troncs échoués qui leur servaient de brise-lames viennent à céder sous la violence du courant il suffit de quelques heures ou même de quelques minutes pour qu'elles disparaissent rongées par le flot: on les voit fondre à vue d'œil, et les Indiens qui s'y étaient installés pour recueillir les œufs de tortue ou sécher le produit de leur pêche, sont obligés de s'enfuir précipitamment dans les canots pour échapper à la mort. C'est alors que passent au fil du courant ces longs radeaux de troncs entrelacés qui se nouent, se dénouent, s'accumulent autour des promontoires, s'entassent en plusieurs étages le long des rives. Autour de ces immenses processions d'arbres qui roulent et plongent lourdement sous le poids du courant comme des monstres marins ou comme des carènes renversées, flottent de vastes étendues d'herbes cannarana, qui font ressembler certaines parties de la surface de l'eau à d'immenses prairies. Aussi comprend-on la terreur religieuse éprouvée par les voyageurs qui pénètrent dans le fleuve des Amazones et voient à l'œuvre ces tourbillons jaunes de sable, rongeant les rivages, renversant les arbres, emportantes îles pour en reconstruire de nouvelles, entraînant de longs convois de troncs et de branches. « Le « grand fleuve était effrayant à contempler, dit l'Américain Herndon ; « il roulait à travers les solitudes d'un air solennel et majestueux. Les « eaux semblaient colères, méchantes, impitoyables, et l'ensemble du « paysage réveillait dans l'âme des émotions d'horreur et d'effioi sem- 0 blables à celles que causent les solennités funéraires, le canon ton- 0 nant de minute en minute, le hurlement de la tempête ou le sauvage tt fracas des vagues , lorsque tous les matelots se rassemblent sur le « pont pour ensevelir les morts dans une mer agitée '. »