‹ La terre et les mersChapitre 35 sur 45 · SUPERFICIE. ALTITUDE · texte numérisé non relu

SUPERFICIE. ALTITUDE

kilomètres carrés. mètres.

Lac Titicaca 14 000 3900

Lac Onega 8 500

Lac Tzana 8 300 1880

Lac Wener 5 500 kk

Lac de Van 6 000 2270

Lac d'Oumiali 5 800 1200

Mer Morte 1 300 — 400

Lac de Genève 850 375

Lac de CeLmo 110 650

L'altitude de la mer Caspienne qui figure dans ce tableau a été déterminée exactement par M. Stnive, en 1837. On avait cru jusque-là que le niveau de ce lac était à plus de 100 mètres audessous du niveau de l'Océan. Pour le lac d'Aral, nous avons adopté le résultat du nivellement barométrique du général Berg, exécuté en 1826, d'après lequel le lac d'Aral serait à 35 mètres au-dessus de la mer Caspienne, et par conséquent à 10 mètres au-dessus du niveau de l'Océan. D'après xM. Eichwald, la différence ne serait que de 9 mètres.

La profondeur moyenne n'est pas connue pour tous ces lacs. Donnons seulement celles de la mer Caspienne : 200 mètres un sondage isolé de M. Hanway a donné 820 mètres) ; — de la mer d'Aral : 50 mètres ; — du lac Baïkal : 200 mètres ; — de la mer Morte : 500 mètres. La profondeur moyenne du lac de Genève ne saurait être précisée, car en certaines parties on n'a pas trouvé le fond. Près du château de Cliillon sa profondeur est de 162 mètres; près de Meillerie, de 300 à ;{50 mètres; de Genève à Lyon elle ne dépasse pas 97 mètres.

Les mers. — Leur étendue. — Couleur de la mer.— Sa phosphorescence. — Composition de Teau de la mer. — Les atolls, ou îles à coraux.— Origine géologique de la salure des mers.

L'Océan, cette immense nappe d'eau qui recouvre à peu près les trois quarts de la surface du globe, et dont le nom réveille tant de souvenirs et de pensées, joue un rôle très-important dans l'économie delà nature, lialayée par les vents, sa vaste surface aspire sans cesse les gaz nuisibles qui chargent l'atmosphère; elle engloutit dans son énorme masse les débris que lui apportent les eaux courantes qui ont lavé les continents, et elle rend à l'atmosphère ces eaux purifiées, sous forme de vapeurs, qui retombent sur la terre en pluie, en neige ou en rosée. Ces eaux retournent à l'Océan par le canal des rivières et des fleuves; et ainsi s'établit ce cercle éternel, ce voyage sans fin, qui fait servir les mêmes eaux à l'entretien et au renouvellement de la vie organique sur le globe.

<- L'Océan, dit Malte-Brun , par ses exhalaisons qui rafraîchissent et humectent Tair, entretient la vie végétale, et fournit des aliments nécessaires à ces admirables canaux d'eau courante qui, en coulant toujours, ne se vident jamais. Sans Tinfluence bienfaisante de ces vapeurs qui, à chaque instant, s'échappent de la surface des mers , toute la terre languirait déserte et inanimée; le dessèchement de l'Océan, lent ou subit, suffirait probablement pour plonger dans le néant toute la nature organisée. 5)

L'immensité et la profondeur des mers ne sont pas toutefois des obstacles au commerce des peuples, qu'elles ne séparent

qu'en apparence : les routes maritimes, parcourues aujourd'hui par tant de navires, sont plus libres et plus larges que nos routes de terre; la nature se charge de les entretenir et elles ne coûtent rien aux États.

Un des traits les plus caractéristiques de la mer, c'est sa continuité. A l'exception de quelques réservoirs intérieurs qu'elle a abandonnés au milieu des continents, tels que la mer Caspienne, la mer Morte, etc., la mer est une et indivisible. Comme le dit le poëte, « elle embrasse la terre entière d'un flot non interrompu. »

La profondeur moyenne delà mer ne nous est pas exactement connue. On ne pourrait expliquer certains phénomènes qu'on observe dans le mouvement des marées, sans admettre une profondeur moyenne d'au moins 7 kilomètres. Il es,t vrai qu'un grand nombre de sondages, exécutés en pleine mer, ont donné des résultats inférieurs à cette limite; mais en revanche d'autres l'ont de beaucoup dépassée, et l'on connaît des cas où 12 à 15 kilomètres de fil de sonde ont été dévidés sans toucher le fond. En admettant que 6 kilomètres 1/2 représentent la profondeur moyenne de l'Océan, sir John Herschel a trouvé que le volume de ses eaux dépasse 3 millions de myriamètres cubes (3 milliards de kilomètres cubes) et leur poids total 3 millions de trillions de tonneaux ^ ; pour écrire ce dernier chiffre, il faut 18 zéros à la suite du 3. Ce poids total représente 20*00 de la masse de la terre.

Nous reviendrons plus loin sur les sondages par lesiiuels on a cherché à connaître la profondeur des eaux et la configuration du fond de l'Océan ; avant de nous en occuper, nous parlerons de la couleur de la mer et de la composition do ses eaux.

La couleur de la mer varie beaucoup, du moins en apparence. D'après le témoignage d'un grand nombre d'observateurs, l'Océan, vu par réflexion, présente une teinte bleue d'outre-mer, ou bleu d'azur vif. Ouand l'air est i)ur, la surface

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