Alfred Maury^ la Terre et l'Iinmine, in-S", p
pic, et la mer otfre souvent une grande profondeur au voisinage de ces îlots. Quelquefois le premier plateau est détruit et abaissé par l'action des eaux ; les polypiers recommencent alors leur édifice sur cette nouvelle base. L'île de Taïti repose sur un noyau volcanique dont le sommet s'élève à 2 kilomètres audessus de la mer.
M. Darwin a donné une description très-intéressante des aloîls de la Sonde ; nous emprunterons au récit de ce voyageur quelques détails sur ces formations extraordinaires.
Fig. 163. Iles à coraux. — Ilo de Whitsunday, dans l'archipel Pomolou.
On croyait autrefois (juc la structure circulaire des récifs de corail était déterminée par d'anciens cratères volcani(jues, sous les(iuels les polypiers élevaient leurs édilices. Mais cette théorie est en désaccord avec les faits, et il semble en général difficile de croire à l'existence d'un soulèvement volcanique du sol comme base des formations madréporiques ; car les polypiers ne peuvent vivi'e au-dessous d'une fjiible profondeur
d'eau, et l'on ne saurait admettre que le fond de la mer ait pu s'exhausser partout jusqu'à ce niveau, partout uniforme. Il est donc plus probable que les fondations des îles à coraux ne sont que des élévations naturelles du fond de la mer, des montagnes submergées et peu distantes du niveau de l'eau ; les polypiers en prennent possession, pour y bâtir leurs édifices.
Ce qu'il y a de bien singulier, c'est que les barrières de corail qui bordent les côtes sont toujours séparées par un large canal, analogue aux lagunes des atolls, et large de 1 à 20 kilomètres. Un de ces récifs enclôt à la fois une douzaine d'îlots rocheux. A File de Borabora, la barrière s'est transformée en terre; mais la ligne blanche d'énormes brisants, semés çà et là de petits îlots bas. couronnés de cocotiers, sépare le sombre océan de la placide surface du canal intérieur, dont les eaux limpides baignent des terres dalluvion parées d'une végétation tropicale. Ce ruban diapré s'étend au pied des sauvages et abruptes montagnes du centre.
M. Darwin a exploré particulièrement en 1858 l'île Keeling, ou île des Cocos, au sud de Sumatra. C'est un cercle de récifs, couronné d'une guirlande d'îlots très-étroits, qui laissent au nord un passage aux vaisseaux. Dans l'intérieur du mouillage, l'eau est calme, transparente, et laisse voir son fond blanc et uni; la lagune a plusieurs milles de largeur. M. Darwin accompagna le capitaine Fitz-Roy sur un îlot, au fond de la lagune, pour voir, du côté du vent, la mer se briser sur les récifs. Les cocotiers formaient des festons d'émeraudes se détachant sur la voûte azurée du ciel ; la marge plate de calcaire, semée de blocs épars, était baignée par les vagues écumantes.
On rencontre encore dans leau de mer, à doses infinitésimales, il est vrai, des métaux, tels que le fer, le cuivre, le plomb et l'argent. Le vieux cuivre provenant du doublage des navires renferme quelquefois assez d'argent pour qu'on ait songé à l'en extraire ^ Un calcul assez curieux basé sur l'âge des navires et sur le chemin qu'ils ont parcouru pendant tous leurs