The gladcers of the Alpes, p. 3l
Bien des voyageurs, bien des touristes, ou des guides ont péri au fond des crevasses des grands glaciers. Les montagnards des Alpes conservent le souvenir de beaucoup de ces tristes événements. Nous rappellerons ici les plus connus.
Pendant l'été de 1790, un habitant de Grindelwald, Christian Bohrer, ramenait un troupeau de moutons à travers le glacier qui porte le nom de ce village. Arrivé au bord du glacier supérieur, il glissa dans une crevasse qui n'avait pas moins de 120 mètres de profondeur. Cette horrible chute lui fit perdre connaissance. Quant il revint à lui, il se trouva dans une obscurité complète, entre deux murailles à pic, tout près d'un ruisseau provenant de la fonte des glaces. Le murmure de l'eau ranima son courage ; il commença à remonter le ruisseau en se traînant sur les genoux. Ce ne fut qu au bout de plusieurs heures, et avec des peines infinies , qu'il revit la lumière du jour : il se trouvait au pied du Wetterhorn, dans le point où le ruisseau s'engouffre sous la glace. C'est alors seulement qu'il s'aperçut que son bras gauche était cassé. Il arriva, le soir, à Grindelwald, ayant échappé par miracle à cette situation affreuse où il avait vu cent fois la mort à ses côtés.
Le 31 août 1821, un pasteur protestant de Neufchâtel, nommé Mouron , se trouvait sur le même glacier de Grindelwald. Il se penchait sur une crevasse, pour admirer les reflets azurés de ces murailles resplendissantes, en s'appuyant sur son bâton qu'il avait fixé au bord opposé, lorsque tout à coup, son bâton glisse, et le malheureux est précipité dans l'abîme. Son guide épouvanté, court au village, pour annoncer ce triste événement. Mais personne , autre que le guide lui-même, n'avait été témoin de la chute du pasteur. Des doutes s'élèvent; rien ne démontre que le guide n'ait poussé le voyageur dans l'abîme, après l'avoir volé. Les guides de Grindelwald ne veulent pas que l'un d'entre eux reste sous le coup d'un pareil soupçon. Il est décidé que l'on tirera au sort le nom de celui qui descendra dans le gouffre, pour y chercher le corps du malheureux ministre. Le sort tombe sur Pierre Burguener, l'un des hommes les plus vigoureux de la vallée. On l'attache à une corde, et quatre hommes le descendent dans la crevasse, avec une lanterne attachée à son cou, tenant d'une main son bâton ferré, de l'autre une .sonnette pour appeler. Deux fois, près d'être asphyxié, Burguener donna le signal de
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le remonter. Il réussit enfin à atteindre le fond de l'abîme; il y retrouva le corps mutilé qu'il allait chercher au péril de sa vie. On le remonta à force de bras, avec son triste fardeau.
Le voyageur avait encore sa montre et sa bourse : le guide était donc justifié.
Le corps du pasteur fut inhumé près de la porte de l'église de Grindelwald : on lit sur la pierre une inscription qui rappelle cet événement.
En 1846, le docteur Burstenbinder, de Berlin, eut le même sort, sur le glacier d'Oetzthal. On le retira vivant mais il mourut quelques heures après.
Le 7 août 1800, un jeune Danois, le poëte Eshen, périt dans le glacier du Buet. Malgré les avis réitérés de son guide, il était parti accompagné seulement d'un ami, et se tenait toujours quelques centaines de pas en avant, lorsque tout à coup, on le vit disparaître. Son ami courut chercher du secours à Servoz. On retrouva le malheureux jeune homme au fond d'une crevasse de 30 mètres de profondeur, debout, les bras au-dessus de sa tête, et le corps complètement roidi par le double froid de la mort et des glaces qui l'environnaient.
En 1836, le guide Devoissous, tomba dans une crevasse du glacier de Talèfre, dans la chaîne du Mont-Blanc. Comme c'était un homme vigoureux, il se fraya un chemin en faisant, avec son couteau, des entailles dans les parois de la crevasse.
Marche des glaciers. — Nous avons signalé , en termes généraux, le phénomène de la marche des glaciers. Leur mouvement a été mesuré de la manière la plus attentive par les naturalistes suisses et français.
Le mouvement de translation d'un glacier n'est pas le même dans toutes ses parties. Ses différentes sections sont animées de vitesses particulières, La ligne médiane, où l'épaisseur et la pente sont les plus fortes , se meut avec le plus de rapidité. La vitesse minima s'observe sur les bords , c'est-à-dire dans les points où la masse est plus mince, et où le frottement produit une résistance plus sensible. MM. Agassiz et Desor ont mesuré d'une manière précise les quantités de mouvement des différentes parties du glacier de l'Aar, en plantant à sa surface des séries de pieux bien alignés, dont ils pouvaient observer la marche, en
la rapportant à des objets lixes pris sur les roches environnantes.
Une série de pieux plantés sur une ligne droite transversale de 1350 mètres de longueur, décrivaient, au bout d'un an, une courbe de plus en plus convexe. Voici les chifTres qui expriment en mètres le déplacement moyen dans le cours d'une année, de chacun des pieux qui composaient la rangée.
On voit que les points du milieu avançaient annuellement de 70 mètres environ , tandis que les rives latérales se déplaçaient de quelques mètres à peine.
En disposant ces jalons sur la ligne médiane du glacier, les physiciens suisses ont reconnu que les parties moyennes marchent de 70 ou 77 mètres par an, tandis que le talus terminal ou la base du glacier, ne s'avance que de 30 mètres, et la partie supérieure de 40 mètres environ.
M. Forbes a confirmé ces résultats par ses observations sur la Mer de glace et sur le glacier des Bois. Il a reconnu qu'un bloc situé sur la partie latérale de ce dernier glacier, descend de 147 mètres par an, ce qui donnerait un mouvement de plus de 200 mètres par an au centre du glacier.
Les glaciers du second ordre se meuvent beaucoup plus lentement : leur déplacement annuel n'est que de 20 mètres environ.
Les saisons exercent d'ailleurs une influence sensible sur ce déplacement. 11 est à son maximum au printemps, et se ralentit beaucoup à l'approche de l'hiver. D'un autre côté, les accidents de terrain peuvent modifier la vitesse de cette marche. M. Tyndall a constaté, en 1857, que toute la partie orientale de la Mer de glace marche plus vite que la partie occidentale.
Le mouvement de progression des glaciers est arrêté par la fusion qui s'opère à leur base, dans les vallées , mais il n'est arrêté qu'en partie par cette cause. Il est établi que la plupart des glaciers actuels sont en voie de progression à leur base. Leur alimentation par le haut l'emporte donc sur leur destruction par 1-e i3as. Les glaciers d'Aletsch, de l'Aar, de Grindelwald, etc., s'avancent lentement vers les vallées qui s'étendent à leur pied;
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ils détruisent par leur envahissement irrésistible les forets de Sapins et de Mélèzes qu'ils rencontrent sur leur passage.
a Les empiétements des glaciers des Alpes pendant les derniers siècles, dit M. Hogard, paraissent aussi incontestablement démontrés par les documents historiques, que leurs envahissements récents et actuels sont prouvés par les traces irrécusables de leur incessante destruction. De vastes pâturages sont recouverts ou fermés, des forêts d'arbres séculaires sont envahies et dévastées, enfin des chalets isolés ou des groupes d'habitations situées autrefois à d'assez grandes distances de ces masses de glace, sont incessamment atteints, culbutés et détruits sous nos yeux. Cette marche progressive se ralentira- t-elle un jour, et dans un avenir prochain avant que de nouveaux désastres ne soient venus frapper des populations menacées ou déjà bien éprouvées ? Nul ne saurait l'affirmer. »
On serait porté à croire que cette extension des glaciers est due à un refroidissement lent de notre hémisphère. En observant avec attention le régime des glaciers, on a, du reste, constaté qu'ils ne s'avancent pas seulement d'amont en aval, mais qu'ils s'étendent encore latéralement, se gonflant de bas en haut en empiétant sur leurs rives. Ce gonflement est dû, selon toute probabilité, à la dilatation que l'eau éprouve en se congelant dans les fissures du glacier.
Nous arrivons à l'important phénomène qui est un des traits caractéristiques des glaciers, c'est-à-dire aux moraines.
Tous les glaciers portent sur leur dos et poussent au-devant d'eux, les débris de roches, souvent énormes, détachés des parois de la montagne par l'action de l'air, par la chute des avalanches, comme aussi par le mouvement même du glacier. Formés de granit et de protogine, roches éminemment altérables, les sommets aigus des Alpes, très-exposés à l'action des agents atmosphériques, se délitent, se réduisent en fragments plus ou moins volumineux, qui tombent à la surface du glacier. Dans leur mouvement de progression, les glaciers emportent ces débris. De nouvelles roches tombant au même point, se placent derrière les premières et marchent à leur suite. Ainsi se forment des traînées longitudinales qui ont depuis longtemps reçu des montagnards suisses le nom de moraines. Quand ces débris tombent en même temps des deux parois de montagnes qui encaissent le glacier, les moraines finissent par former des
traînées parallèles qui ressemblent aux deux ornières d'une charrette que Ion aurait remplies de pierres.
Pour donner un exemple, pris dans la nature, d'une moraine simple bien caractérisée, nous représentons dans la figure 60 le glacier de Zermatt^ en Suisse.
Fig. 58. Coupe en long d'un glacier montrant la moraine frontale.
On nomme latérales les moraines simples qui présentent la disposition que l'on voit dans le glacier de Zermatt. Un autre genre de moraine qui porte le nom de moraine fronlale prend naissance dans d'autres conditions.
Fig. 59- Moraine frontale du glacier de l'Ûber-Aar.
Quand les pierres d'une moraine sont parvenues, poussées par le glacier, jusqu'à son point de terminaison ; lorsque, après un trajet plus ou moins long, les roches entraînées par le glacier atteignent le point de la vallée, ou bien l'escarpement auquel ce glacier se termine, ils s'entassent en ce point, et forment des
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accumulations de rochers, accumulations souvent énormes : ce sont là les moraines frontales. La figure 58 donne la vue théorique d'une moraine frontale.
Pour donner un exemple, pris dans la nature, d une moraine frontale, nous représentei^ons dans la figure 59, la moraine du glacier de l'Ober-Aar, prise en 1849. Elle se compose de détritus granitiques provenant de l'Oberaar-Horn, du Griinhorn et du Rothorn.
Si deux glaciers viennent à se rencontrer dans un lit ou encaissement commun, leurs moraines /a/era/f5 se réunissent, se confondent en une seule, dite médiane, qui se tient au milieu du glacier commun résultant de la combinaison des deux autres.
La partie moyenne du giacier de TAar présente un bel exemple de ces moraines médianes. On y remarque la réunion des grands glaciers du Finsteraar et du Lauteraar dans un seul lit, où descendent encore les glaciers du Thierberg et du Finterberg. La moraine médiane du glacier de fUnteraar se forme par la réunion des moraines latérales des deux premiers glaciers, au pied du promontoire appelé VAbschwung, dont nous avons parlé plusieurs fois.
Pour donner un exemple de moraines médianes, et introduire en même temps ici la vue de Tune des plus belles montagnes du monde entier, nous représentons (fig. 61) les glaciers qui s'élèvent au pied du Mont-Rose, le pic célèbre du versant italien des Alpes, qui ne le cède au Mont-Blanc, que d'une centaine de mètres en hauteur.
Pour terminer l'examen des faits qui se rattachent à la marche des glaciers, il nous reste à parler des traces physiques qu'ils laissent sur leur passage, c'est-à-dire des cailloux striés et des roches moulounées.
On comprend sans peine que les glaciers, en raison de leur poids énorme et de leur mouvement continuel, doivent exercer sur les rochers qui les supportent ou qui encaissent leurs rives, des frottements considérables, et y laisser les traces de leur puissante action. Mais la glace seule ne produirait pas tous les effets que l'on observe. Ces effets sont dus surtout à cette couche de galets, de sable et de boue humide qui sépare ordinairement la glace du terrain sous-jacent, et qui agit comme le sable d'émeri
sous le polissoir. Grâce à cette couche de détritus, le glacier nivelle les aspérités des roches, les arrondit et les polit comme pourrait le faire la main du marbrier. En même temps les fragments de pierres dures que charrient la boue et la glace, gravent des stries plus ou moins fines et même des sillons profonds, dans la roche sur laquelle glisse cet immense laminoir mobile.
Les cailloux et blocs de pierre qui se trouvent engagés sous le glacier, et y forment des moraines intérieures, sont pressés, triturés, broyés, par le poids et le mouvement progressif du glacier ; ils se réduisent en sable et en boues. Les caiUoux qui ne sont pas détruits, sont au moins striés et usés "à leur surface. C'est ce que M. Agassiz a appelé galets striés, dont la présence indique toujours le passage d'un ancien glacier dans la vallée où on les rencontre. L'eau qui charrie des cailloux ne les raye point; tout au contraire, elle les arrondit et les polit.
Ces stries que Ton observe sur les cailloux qui ont été traînés sous les glaces, semblent avoir été produites par des fragments de quartz enchâssés dans la glace qui ont agi à la manière d'un burin sur les pierres qu'ils ont entraînées. Les cailloux étant mobiles dans les moraines, sont rayés dans tous les sens tandis que les roches fixes au-dessus desquelles un glacier a passé, offrent des stries parallèles et rectihgnes, dans la direction du mouvement des glaces.
Les environs des glaciers sont parsemés de roches arrondies, polies et striées comme celles que l'on trouve au-dessous des glaciers lorsqu'on réussit à y pénétrer. De Saussure appelait ces roches moutonnées, à cause de leur ressemblance grossière ave un troupeau de moutons. Ebel les compare à des tas de foin épars sur une prairie.
Les plus beaux exemples de roches travaillées par les glaciers se trouvent en Scandinavie et dans les Alpes, aux environs des glaciers de l'Aar, de Zermatt, de Rosenlauï, etc. Là oa l'Aar forme le belle cascade de la Handeck, toutes les roches qui dominent le gouffre sont des dômes arrondis, nus et tellement polis qu'on n'y marche qu'en tremblant; ce sont les plus belles roches moutonnées de la Suisse.
Quand la glace, dans son mouvement de progression, rencontrant un obstacle, ne peut surmonter tous les plis du terrain,
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elle se détourne et ne les attaque qu'à l'amont; alors on distinguo dans les rayures des rochers le côté touché par la glace : le côté préservé garde, en effet, ses surfaces naturelles ; le côté attaqué par la glace est seul usé et rayé. C'est ainsi qu'au promontoire du Pavillon, sur le glacier de l'Aar, les surfaces de l'amont sont polies et striées, tandis qu'à l'aval les rochers n'offrent aucune altération.
La nature des modifications que subissent les roches dépend de la composition minéralogique du terrain. Les calcaires du Rosenlaui et de Grindelwald se couvrent de stries fines et profondes par l'action des fragments de granit et de gneiss qui viennent des cirques supérieurs ; mais ils ne se polissent que trèsimparfaitement. Quand le lit d'un glacier est formé de roches argileuses, tendres et friables, leur surface est triturée et nivelée, mais elle n'offre ni le poli, ni les sillons que l'on observe sur la roche plus dure. Lorsque enfin le glacier se meut sur un terrain de granit et de protogine, le frottement produit un poli brillant comme un miroir. Nulle part ce phénomène n'apparaît mieux qu'aux environs de l'Aar, au lieu appelé la Roche- Miroir. C'est une surface immense de granit, qui est tellement lisse, unie et glissante qu'il a ftdlu y tailler des pas pour faciliter le passage des hommes. En face, de l'autre côté de la vallée, on remarque des parois verticales, polies comme cette roche ellemême, et interrompues seulement çà et là par des gouttières colossales, empreintes indélébiles de l'action des forces qui ont travaillé ces pierres dans le temps passé.
Nous représentons dans la figure 62 les roches striées et moutonnées. Cette vue réunit hypothétiquement les deux genres d'effets exercés sur les roches par le passage d'anciens glaciers.
Les roches moutonnées, les galets striés et les moraines terminales, restés en place après le retrait et la disparition d'un glacier, permettent de reconnaître l'ancienne existence de glaciers dans des contrées où nul ne les aurait jamais soupçonnés sans ces signes physiques et ces témoignages mis en lumière par la science moderne. Ces incontestables preuves conduisent nécessairement à admettre que les glaciers ont eu autrefois une extension considérable.
M. Venetz a donné une liste de trente-quatre observations dans lesquelles il a constaté en Suisse l'existence d'anciennes
moraines isolées et placées à de grandes distances de glaciers qui les ont abandonnées en reculant. La moraine de Kandersteg, par exemple, est maintenant éloignée de plusieurs kilomètres du glacier d'Oeschinen. Les villages de Ried, de Bodmen et de Halten, dans le Valais, sont bâtis sur une ancienne moraine du puissant glacier de Viesch, qui se trouve aujourd'hui à une lieue de ce village.
Mais ce n'est pas seulement dans les vallées qui partent du pied des Alpes, que l'on découvre, grâce à l'existence des blocs erratiques, des moraines et des cailloux striés, les traces certaines de l'existence d'anciens glaciers. On les trouve dans le nord de l'Europe s'étendant jusque dans les parties centrales, en Suède, en Russie et jusqu'en Prusse. Ce sont là d'éloquents témoignages de l'existence, dans l'histoire ancienne de notre globe, d'une période glaciaire pendant laquelle une partie de notre continent fut enveloppée d'un manteau de glace et de neige : ce sont pour ainsi dire, les bornes milliaires placées de loin en loin sur le chemin de ces champs glacés qui ont, un moment, envahi l'Europe, et y ont anéanti la vie organique.
Nous avons donné, dans le premier volume de cette collection^ une carte de l'extension des anciens glaciers qui présente le tableau précis de l'étendue des glaciers d'Europe pendant l'époque quaternaire. Nous renvoyons le lecteur à l'inspection de cette carte.
Fonte des glaciers. — La fonte des glaciers s'opère par leur base, soit dans les vallées, soit dans les parties des montagnes qui dépassent la limite des neiges éternelles. Elle varie nécessairement selon la température de l'air, et elle est moins sensible à de grandes hauteurs que dans les régions inférieures. M. Agassiz, en fixant des pieux dans un glacier, a pu apprécier la quantité dont son niveau s'abaisse annuellement par la fonte. Il a trouvé une fonte annuelle de 3 mètres à 3"', 5 dans la partie moyenne du glacier, de l'Aar. Dans le mois d'août seul, un mètre de glace fondit; en hiver le phénomène fut nul. M. Martins a trouvé sur le glacier du Faulhorn, que la fusion moyenne de la neige s'élevait à 30 millimètres par jour au mois d'août, ce qui donne 0"',90 en un mois, et celle de la glace à 38 millimètres, ce qui donne plus d'un mètre dans le môme temps.