SUPERFICIE- ALTITUDE. PROFONDEUR MOYENNE
kilomètres carrés. mètres. mètres.
Lac Supérieur 110 000 192 275
Lac Michigan 76 600 183 300
LacHuron 70 000 183 300
LacÉrié 32 800 170 37
Lac Ontario 21 500 70 160
Fig. 135. Lac Salé.
Il faut ajouter à ces cinq lacs, ceux de Winnipeg, Wollaston, Athabasca; les grands lacs de l'Ours et de l'Esclave, etc.
Le plus remarquable des lacs de l'Amérique du Sud, est celui de Titicaca entre deux chaînes des Cordillères de Bolivie qui communique avec le lac voisin d'Ullagas par une rivière qui n'est au fond qu'un véritable déversoir (desaguadero).
Le lac Wyn, en Ecosse, est toujours couvert en partie d'épaisses glaces. Dans la Nouvelle-Zélande, au contraire, il existe un lac d'eaux bouillantes, le Roto-Mahana (fig. 136), d'où s'élèvent continuellement des colonnes de vapeur d'eau. Ses eaux jaillissent d'un grand nombre d'orifices; la source principale domine le lac de 35 mètres et remplit d'un seul jet un bassin ovale de 80 mètres de tour, bordé d'un revêtement de stalactites d'une parfaite blancheur, dépôt formé par les eaux. Alentour sont échelonnées les autres sources thermales qui alimentent le grand bassin. M. Ferdinand de Hochstetter, qui faisait partie de l'expédition scientifique de la frégate autrichienne la Aovara, a passé quelques jours sur un îlot situé au milieu de ce lac. On y entend
sans cesse le bruissement de la surface liquide, et le sol a une température très-élevée. Quand on enfonce une canne dans le sable, il en sort des jets de vapeur brûlante. A quelque distance
de ce lac, on trouve de petits bassins remplis d'une eau bleue, limpide et tiède, qui forment comme des baignoires naturelles.
Nous terminerons ce chapitre en réunissant dans un tableau
LES EAUX DU GLOBE
les mesures en superficie et altitude de quelques lacs célèbres, pour faire suite aux mesures semblables que nous avons données des grands lacs du Canada
A T TITTTnïï'
kilomètres carrés.
mètres.
Mer d'Aral
Lac Tchad
Lac de l'Esclave. . . .
Lac Ladoga
Lac Onéga
Lac Tzana
Lac de Van
Lac d'Ormia
Lac de Genève
La profondeur moyenne n'est pas connue pour tous ces lacs. Donnons seulement celles de la mer Caspienne : 200 mètres ; — de la mer d'Aral : 50 mètres; — du lac Baïkal : 200 mètres ; — de la mer Morte : 500 mètres. La profondeur moyenne du lac de Genève ne saurait être précisée, car en certaines parties on n'a pas trouvé le fond. Près du château de Chillon sa profondeur est de 162 mètres; près de Meillerie, de 300 à 350 mètres; de Genève à Nyon elle ne dépasse pas 97 mètres.
Les mers. — Leur étendue. — Couleur de la mer. — Sa phosphorescence. — Composition de l'eau de la mer. — Les atiolls, ou iles à coraux. — - Origine géologique de la salure des mers.
L'Océan, cette immense nappe d'eau qui recouvre à peu près les trois quarts de la surface du globe, et dont le nom réveille tant de souvenirs et de pensées, joue un rôle très-important dans l'économie de la nature. Balayée par les vents, sa vaste surface aspire sans cesse les gaz nuisibles qui chargent l'atmosphère; elle engloutit dans son énorme masse, les débris que lui apportent les eaux courantes qui ont lavé les continents, et elle rend à l'atmosphère ces eaux purifiées, sous forme de vapeurs, qui retombent sur la terre, en pluie, en neige ou en rosée. Ces eaux retournent à l'Océan par le canal des rivières et des fleuves ; et ainsi s'établit ce cercle éternel, ce voyage sans fm , qui fait servir les mêmes eaux à l'entretien et au renouvellement de la vie organique sur le globe.
« L'Océan, dit Malte-Brun, par ses exhalaisons qui rafraîchissent et humectent l'air, entretient la vie végétale, et fournit des aliments nécessaires à ces admirables canaux d'eau courante qui, en coulant toujours, ne se vident jamais. Sans l'influence bienfaisante de ces vapeurs qui, à chaque instant, s'échappent de la surface des mers, toute la terre languirait déserte et inanimée ; le dessèchement de l'Océan, lent ou subit, suffirait probablement pour plonger dans le néant toute la nature organisée. »
L'immensité et la profondeur des mers ne sont pas, toutefois, des obstacles au commerce des peuples, qu'elles ne séparent
qu'en apparence : les routes maritimes parcourues aujourd'hui par tant de navires, sont plus libres et plus larges que nos routes de terre ; la nature se charge de les entretenir et elles ne coûtent rien aux États.
Un des traits les plus caractéristiques de la mer, c'est sa continuité. A l'exception de quelques réservoirs intérieurs qu'elle a abandonnés au milieu des continents, tels que la mer Caspienne, la mer Morte, etc., la mer est une et indivisible. Gamme le dit le poète, « elle embrasse la terre entière d'un flot non interrompu ».
La profondeur moyenne de la mer ne nous est pas exactement connue. On ne pourrait expliquer certains phénomènes qu'on observe dans le mouvement des marées, sans admettre une profondeur moyenne d'au moins 7 kilomètres. Il est vrai qu'un grand nombre de sondages, exécutés en pleine mer, ont donné des résultats inférieurs à cette limite ; mais en revanche, d'autres l'ont de beaucoup dépassée, et l'on connaît des cas où 12 à 15 kilomètres de fd de sonde ont été dévidés sans toucher le fond. En admettant que 6 kilomètres 1/2 représentent la profondeur moyenne de l'Océan, sir John Herschel a trouvé que le volume de ses eaux dépasse 3 millions de myriamètres cubes (3 milliards de kilomètres cubes) et leur poids total 3 millions de trillions de tonneaux ' ; pour écrire ce dernier chiffre, il faut 18 zéros à la suite du 3. Ce poids total représente 2wû de la masse de la terre.
Nous reviendrons plus loin sur les sondages par lesquels on a cherché à connaître la profondeur des eaux et la configuration du fond de l'Océan ; avant de nous en occuper, nous parlerons de la couleur de la mer et de la composition de ses eaux.
La couleur de la mer varie beaucoup, du moins en apparence. D'après le témoignage d'un grand nombre d'observateurs, l'Océan vu par une réflexion, présente une teinte bleue d'outremer, ou bleu d'azur vif. Quand l'air est pur, la surface tranquille des eaux paraît d'un azur plus brillant que celui du ciel. Par un