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POUR LE VOYAGE

Fasse-port. — Le passe-port est, comme on sait , le préliminaire indispensable do tout voyage. C'est à la Préfecture de /)0- Hce qu'il faut demander ce passe-port, dont le prix est de 40 fr.; on doit ensuite le faire viser au ministère des affaires étrangères. Ce passe-port est indispensable pour sortir de France; il faut le faire viser au port d'embarquement et renvoyer la veille à rofficier de bord. C'est, nous le répétons, une formalité indispensable ; elle est gratuite. Il est également prudent de demander un wa à TambiBissade ottomane, bien qu'en général on voua laisse circuler assez librement dans toute la Syrie. Si Ton tient à être en règle avec tout le monde, il faut, en arrivant à Jérusalem» demander un îaUsez-passêr au Pacha, qui vous Taccorde très^racieusement pour tout le pays.

Argent, vêtemeiiti, anses, équipement, préeautions, provisions. • — Les billets de banque n'ont pas cours ; les lettres de crédit ne trouveraient pas à qui s aclreàsor. L'argent perd au change, l'or seul est bon. 11 en faut apporter le |)lns possible î

L'unité monétaire de la Syrie est la piastre. Le change n'a pas un taux égal et unique pour tout l'empire : à Jérusalem, en 4853, le Napoléon de 20 fr. valait 92 piastres, à Beyrouth 95, à Smyrne 99, à Constantinoplo 4^0. La piastre se subdivise en paras; douze paras font un sou (5 centimes).

Comme vêtement, prenez surtout des étoffes de laine, de la laine partout; de grands vêtements très-amples, blancs; cha- |ieau de feutre recouvert d'une étoffe blanche. Portez des armes

hik RENSEIGNEMENTS POUR LE VOYAGE.

apparentes, des armes à feu; le fusil à deux coups est (rès-redouté des Arabes. No vous embarrassez pas de bagages ; vous trouverez à Jérusalem tous les eAets nécessaires à vos campe* ments, demandez-les au bazar de M. Schembri. Tous les trajets

se faisant à dos de cheval ou de mulet, il est bon d'avoir une sello de France avec un faux panneau^ autrement l'Arabe ne mettrait pas votre selle sur son cheval. La selle arabe est pour i Européen un véritable instrument de supplice.

Vous trouverez à Jérusalem, à prix modérés, le rhum, l'eaude-vie, le thé, le sucre et le café. Ce sont des stimulants nécessaires au milieu des fati<j:iies du voyaizo, et de puissants réactifs contre l'énervement produit pur le climat.

La pharmacie est la partie la plus négligée à Jérus^em comme dans tout TOrient.

11 sera bon d'emporter :

4" De Tarnica suisse pour les coups et blessures^ S** De ralcali volatil, remède énergique c6ntre la piqûre dés serpents;

V EnBn, du sulfate de quinine en poudre (les pillules se dessèchent trop viteO

Les fièvres sont fréquentes en Orient, coupe» dès le premier accèâ. La médecine ezpectante n*a Jamais rien valu en voyage.

l»e départ | ba«m«i: à vapeur, ehovanx «I nuleU , efeorte, nourrilvre, indiMliôtti divertCfl* — Ainsi muni de tOUtes VOS

provisions et le passe-port en règle, vous arrivez à Marseille.

La compagnie des Messagems-lmpérialea vous transporte à Jalict en douze ou treize jours.

Yoici le tarif des passages :

4'*» Classe * 493 fr.

2* Classe 314

r Classe 211

4« Classe 43a

NouRuiTi iiK. — Dans les tfirifs do passage ne sont pas comt)ris les frais de nourriture qui sont obligatoires et lixés à G francs par jour pour les passagers do classe, et 4 fraiicà pour ceux

RENSElGIsEMENTS POUR LE VOYAGE. 415

de V dasse. Les passagers de 3* et de A* classe traitent 4e gré à gré pour leur nourriture.

Billets de Retour. — Les voyageurs qui acquitteront d' avance

les ])rix des voyagt'S d'aller et retour, jouiroiiL d uno remise de 20 0/ 0 sur le tout. Le» billets de retour sont valables pour quatre mois.

Billets de Famille. — Les Famille.^ composées de trois personnes au moins, jouiront également de ia remise do 20 0/0. Dans ie cas de combinaison do famille et retour j la réduction sera de 30 0/0.

Si l'on forme une compagnie assez Qombreuse, on traite de gré à gré avec une administration toujours prête à favoriser les ex* cursions lointaines et à faire descendre aussi bas que possible réchelle de ses tarifs.

La lable des premières €s,i recherchée ;

Celle des secondes, confortable.

Arrive a Jajfa, le voyageur s'adresse directement aji couvent des Fi dnciscains toujours ouvert aux voyageurs, ainsi que tous les autres couvents de Terre-Sainte. L'hospiialilé du couvent est gratuite. On oflte son obole en partant; trois francs par jour sont suftisants ; avec cinq francs on passe pour généreux.

Les Pères vous procurent assez aisément un guide et des cbe* vaux pour vous rendre à Jérusalem. C'est là que vous prendrez vos arrangements définitifs*

J*ai déjà dit que les trajets se faisaient toujours à dos dacfaeval ou de mulet. Les distances se comptent par heures; une heure équivaut à un peu moins d'une lieue. Les étapes d'une journée sont ordinairement de six à sept heures» jamais de plus de douze.

Il faut partir avant le lever du soleil, faire halte à dix heures et repartir à quatre.

En général, il n'y a pas d'hôtels, et quand il y en a, ils ne vous loî?:ent pas. J'ai été refusé à la porte d'une auberge à Jérusalem sous 1p fallacieux prétexte que nous n'étions point dans la semaine do Pâques.

Le couvent vous accueille toujours.

Dans les villes où il n'y a pas de couvent, vous vous faites conduire au khan, établissement peu confortable où Ton ne vous prête que quatre murs à ciel ouvert.

Uï^ RENSEIGNEMENTS POUR LE VOYAGE.

Une tente est Indispensable*

Vous eQ louerez une à Jérusalem pour une centaine de franca

par mois.

Les chevaux se louent de 2 fr. 50 c. à 3 fr.; c'est aussi le prix des esclaves. On paye 5 fr. un guide qui parle italien.

L escurlo se paye à raison de 3 fr. par homme et par jour. Oû en a besoin tantôt pour une loraiité, tant(M pour une autre, selon l'état (lu pays. Ces renseignements vous seront très-exactemeut donnés par les Pères du couvent lalin. Le pacha fournit l'escorte à la première réquisition.

Pour aller à Jéricho, au Jourdain et à la mer Morte, on traite à forfait avec les chefs de tribus : les prix varient. Notre petite troupe paya environ un millier de francs.

Le vin n'est pas bon en Palestine^ le pain est tolérable, la viande saine, le poisson à peu près inconnu. On n'y voit jamais de boBuf, quelquefois du chevreau, souvent du poulet, toujours du mouton rôti ou bouilli ; on ne sort pas de là. Les oeufs sont bons, les fruits exquis et abondants. Faites le café léger et prenez*en souvent ; on arrive sans inoonr vénient à douze ou quinze tasses par jour.

Quand \ DUS êtes on voyage à la mer Morte, le long des fleuves, au bord des lacs, ne sortez jainai» à jeun.

Dans les excursions en pleine campagne, on couche sous la tente ; il n'y a pas moyen de faire autrement. Il faut se garder des scorpions. La moubliquairo n'est pas à dédaigner j je la conseille aux délicats.

Qu'on soit seul, ou que Ton se réunisse en petiies troupes de quatre ou cinq, il n'est pas possible de réduire- au-desaous de quatre le nombre de ses serviteurs» sans compter le guide qui ne fait rien* Les Orientaux travaillent peu, et on divise la besogne entre une foule de mains.

On peut du reste visiter complètement la Palestine, et ne coucher que huit ou dix nuits sous la tente*

Ce que l'on aurait de mieux à faire, ce serait d'acheter trois ou quatre chevaux en arrivant; on les aurait assez bons pour deux ou trois cents francs pièce» et Ton ne perdrait guère au départ.

UtiNSEIGNEMExNTS VUUR LE VOYAGE. Uil

Sî vous n*avez pas le désert k traverser^ ne vous embarrassez pus du chameau, animal lent et faible. Je n'estime le chameau

que comme accessoire pittoresque. Le diameau vous donne le mal de mer; c'est pour cela qu'on TappcUo le navire du désert.

Beaucoup d'objets, pieuses reli pies do voyage, se recomuiaudenl à i'attenlion et aux souvenirs du voyageur.

Nous citerons notamment :

Les pierres du torrent de Térébinthe»

La terre de Josaphat,

Les olives de Getsémani,

Les chapelets de Jérusalem,

Les palmes de Jéricho,

Les roses du Jourdain»

L'eau du Jourdain et de la mer Morte,

La nacre travaillée à Beit^Léhem,

Et les amulettes d*Hébron, souvenir profane, mais souvenir caractéristique d'un pays ou tout e&L grand.

Retour. — Notre récit a conduit le voyageur à travers tous les sanctuaires de la Terre-Sainte, et l'a mené do JalTa au mont Carmel.

Caïpha, au pied du Carmel, est une station de bateaux à vapeur où Ton trouve, à des intervalles rapprochés, les steamers de plusieurs compagnies européennes. Nous recommandons particulièrement ceux de nos Messageriei-Impériales^ qui correspondent avec tous les points importants du littoral méditerranéen. Trois voies également attractives sWrent pour le retour : L'Égypte, rAste-Hineure et hi Grèce, ou les côtes d'Italie.

Si l'on peut disposer de quelques mois et de quelques centaines do louis, on pourra combiner son voyage de la manière suivante :

On prendra les bateaux de la cote d'Asie à Caïpha, et Ton visitera ainsi la Phénicie, l'Analolie, la Troade, les Dardanelles, la mer de Marmara et Constantinople. Un autre bateau faisant escale à Smyrne, et dans les principales îles de l'archipel Grec, vous mettra bientôt à Syra, d'où vous gagnez le Pirée, Athènes, la Grèce. Les automnes do Grèca ëont les plus beaux du monde*

Une correspondance du Uoyd autrichien vous mènera de

4ia RENSEIGNEMENTS POUB UB TOYAGE.

NaupUe à queiipie port d'Égypte, Alexandrie, par exemple, d*où vous gagnerez le Nil qui n*e8t jamais plus agréable que pendant les deux mois de janvier et de février. Les bateaux de nos Messageries-Impériales vous reprendront à Alexandrie, et vous mèneront par Malte en Sicile et en Italie.

Vous serez à Rome pour la semaine sainte.

Co programme est aussi complet que facile à suivre, et il vous conduit à travers les plus belles et les plus poétiques contrées du monde.

La rapidité des communications simplifie de jour en jour les

Un peut voir convenablement la Terre-Sainte en six ou sept semaines, avec un peu de fatigues il est vrai.

Nous donnons ici le programme, jour par jour, d'nno excursion détaillée qui, s il ne survient aucun obstacle, peut â'accomplir en irente'Six jours.

Nous ne croyons pas qu'on puisse réduire davantage.

I** MOI. — Arrivée et repos à JaOa. — Réception des pilcrins au couvent des Pères Franciscains. Déj,eunçr, Visite à la maison de Simon le corroyenr. — JHner et etmetur à Jaffa*

U*^ «iOIJII. — JaCCiu — Départ ilan:> 1 après-midi pour Ramleh (anc. Arinathle). — Lydda ; tonr 4es 40 martyrs ; citerne de Stinte-Bélèiie. — ArriTée à 7 h. an couvent des Praoeitcaliii» PIner ef «owAer au eouoenU (ft b. de marche à cheval.) Towi$t kê àeurm de worcAd nmt éompU» €Omm€ 9C

faisant au pas.

m" .lont. — Départ de Ramleh à 0 h. m. — Plaine de Saron. — La-

Iroûti (village du bon Larron). — JJaltc \ Bir-Ayoub (Puits de Job) vers 11 h. — Déjeuner, Départ à 1 h. Village d Abou-Gosh ou Kuriai-el-Aiieh (Ctilise de Salnt-Jérémle). — Vallée de Térébinttie. — Arrivée à Jérusalem à U lu 1/2. —

INiieref <i«w«Adràt*lioiplwbUn4eaaaiiafO0a. 4e naidie eavim I cbevaL)

lY* WiW. - Jénualem. Wle i Véglte du Saint-Sépolcre. Ruines de l'hôpital des chevaliers de Saint-^leao. — Baaan. — Lieu des LamentaiiOQS

des juifs. — Quartier musulman. — Couvent des Ethiopiens. — Gteme de Sainie-Tlélène. — Porte Judiciaire. — Grand couvent franciscain du Saint*

bauveur.

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