‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 29 sur 100 · VASQUES DE SALOMON · texte numérisé non relu

VASQUES DE SALOMON

côte de l’est, a un mètre trente centimètres de large dans sa partie supérieure; mais il est bien plus épais dans les assises inférieures que la terre recouvre, et il renferme une chambre intérieurement.

lia seconde vasque, ou vasque intermédiaire, est située à soixante pas au-dessous et à l’est de la précédente. Sa longueur est de cent cinquante-huit pas, et sa largeur, de quatre-vingt-cinq à l’ouest sur soixante-deux à l’est. Elle est en grande partie creusée dans le roc, et par différents étages en retraite les uns au-dessus des autres, ce qui oppose à la poussée des terres une résistance beaucoup plus grande que si l’excavation eût été verticale de haut en bas. Aussi ce bassin n’est-il pas soutenu intérieurement par des contre-forts dans le sens de sa longueur, cet appui lui étant inutile. On y observe deux escaliers taillés dans le roc, l’un à l’angle nord-est, l’autre à l’angle nord-ouest. C’est

près de ce dernier angle qu’un petit canal, provenant de la Fontaine scellée, déverse ses eaux dans le bassin, après avoir longé latéralement la première vasque. Le mur de ce second réservoir, du côté de l’est, est extrêmement épais, et soutenu lui-même par un deuxième mur en talus, qui renferme une chambre intérieurement. Plus à l’est, encore et à un niveau inférieur, à la distance de quatre-vingt-cinq pas de la seconde vasque, s’étend la troisième, qui mesure deux cent quatorze pas de long, sur une largeur de cinquante à l’ouest et de soixante-quinze à l’est; elle est en partie creusée dans le roc et en partie construite. Deux escaliers y ont été placés, l’un à l’angle sud-est, l’autre à l’angle nord-est. Beaucoup plus profonde que les deux précédentes, cette vasque est étayée au dedans par de nombreux contre-forts. Dans son flanc méridional, une ouverture laisse passage à un canal qui, pendant l’hiver, lui amène les eaux pluviales découlant d’une montagne voisine. Derrière cet immense réservoir, vers l’est, un énorme mur de soutènement, bâti avec de beaux blocs disposés en gradins, contient dans son épaisseur un corridor qui mène à une chambre voûtée en plein cintre et construite en pierres de taille très-régulièrement agencées entre elles. De cette chambre, l’eau du réservoir inférieur, qui lui-même

Vasques de Salomon.

NOHD DE LA JUDÉE

recueille celle des deux premiers, lesquels lui servent comme de filtres, s’écoule plus bas par un conduit qui la traverse vers uu aqueduc aujourd’hui en partie ruiné, et qui, par de longs détours, en traversant monts et vallées, aboutissait et aboutit encore au mont Moriah, à Jérusalem. La source qui, indépendamment des eaux pluviales, alimente ees trois réservoirs, se trouve dans un champ situé à l’ouest du premier. On descend par un étroit orifice dans les deux chambres souterraines qui la renferment et d’où ensuite un petit tunnel en dirige les eaux vers les vasques. Cette source est appelée parles Arabes tantôt Ras el-Àln (tête de la source), tantôt Aïn-Saleh (source bonne, pure, bienfaisante). Les chrétiens la désignent sous le nom de Fontaine scellée, Fons sirjnatus. C’est pour eux, d’après une ancienne tradition, celle à laquelle Salomon fait allusion, lorsqu’il compare l’amante des Cantiques à une fontaine scellée. La même tradition attribue également les vasques à ce puissant monarque, et elle paraît très-vraisemblable. Sans doute, quelques parties de ces superbes bassins attestent des restaurations postérieures. Nous savons, en effet, par l’histoire, qu’ils ont été plusieurs fois réparés; mais la structure générale de ces réservoirs, soit taillés dans le roc, soit bâtis avec des blocs de grandes dimensions, principalement dans les assises inférieures, accuse un travail qui paraît judaïque et bien antérieur à l’époque romaine, et surtout à l’époque arabe. Avec la plupart des voyageurs, je m’en tiens donc à la tradition, et je vois là encore presque intact l’un des grands ouvrages dont se glorifiait Salomon lui-même lorsqu’il disait :

« 4. Je me suis fait des choses magnifiques; je me suis bâti des maisons; je me suis planté des vignes.

« 5. Je me suis créé des jardins et des vergers, et je les ai remplis de toutes sortes d’arbres.

« 6. Je me suis construit des réservoirs d’eau pour l’arrosement de mes bosquets et de mes plantations. » ( Ecclésiaste , ch. n, jr 4-6.)

A côté de ces bassins s’élève un château, appelé Kalat-el-Bourak (château des Réservoirs). De construction sarrasine, il offre l’apparence d’un quadrilatère flanqué d’une tour à chaque angle, et il ne remonte guère, dans son état actuel, au delà de la fin du seizième siècle, mais il a pu succéder à un autre plus ancien tombé en ruine.

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