‹ La terre sainte (volume 2)Chapitre 32 sur 100 · RUINES D E K U A R I T O U N · texte numérisé non relu

RUINES D E K U A R I T O U N

obligé de s avancer en rampant, pour franchir des espèces de corridors extrêmement bas où la chaleur

Vallée et reines ue Kuaiîitoün.

est suffocante j en outre, de nombreuses chauves-souris y caressent désagréablement de leurs ailes hideuses le visage du visiteur importun qui vient troubler leur asile, et éteignent en passant sa lumière

Bord de la judée.

qu’il doit sans cesse rallumer. Au-dessous de ce premier étage de salles, en existe un second ; une ouverture béante par laquelle on se laisse glisser y donne accès. Là, d’autres couloirs bas et étroits conduisent à de nouvelles galeries et à des chambres plus ou moins grandes où 1 on chemine tantôt debout et tantôt avec les mains et les pieds, en se traînant sur le sol qu’on laboure péniblement de sa poitrine.

On identifie généralement la: grotte de Kharitoun avec la caverne d’Adoullam, en latin Odollam, où David chercha jadis un refuge contre la colère de Saül .

« David quitta donc Geth et s’enfuit vers la caverne d’Adoullam. » (Rois, 1. I, ch. xxn, if X.)

11 est également question de cette caverne dans le livre deuxième des Rois. David s’y était retranché comme dans un asile inexpugnable, lorsque les Philistins occupaient Bethléhem. (Rots, 1. Il, ch. xxm, * 13-17.)

Le même fait est rapporté dans les Parai ipomènes. (L. 1er, ch. xi, if 15-20.)

Des différents détails renfermés dans ces deux derniers passages, il semblerait résulter que la grotte d’Adoullam, assez vaste pour contenir David et sa suite, n’était pas fort éloignée de Bethléhem, puisque ce prince ayant exprimé le désir de boire des eaux de la citerne située devant la porte de cette ville, trois de ses plus braves guerriers osèrent, au péril de leur vie, traverser le camp des Philistins, et après avoir puisé de l’eau à cette citerne, la lui rapportèrent dans le refuge qu’il avait choisi. Sept kilomètres environ séparent Bethléhem de la caverne de Kharitoun, et si l’on identifie celle-ci avec la caverne d’Adoullam, ces trois vaillants hommes ont pu en trois heures de marche accomplir ce double trajet, en se frayant un chemin audacieux à travers le camp des Philistins. Ces quatorze kilomètres à parcourir dans de pareilles circonstances n’en demandaient pas moins de leur part un courage extraordinaire. Toutefois, la chose était possible dans un pays accidenté dont ils connaissaient parfaitement tous les détours et où, à force d’agilité et de valeur, ils pouvaient déjouer la poursuite de l’ennemi.

Mais une grave difficulté se présente ici : si nous ouvrons le livre de Josué, nous y voyons une ville d’Adoullam signalée parmi celles de la plaine de Juda avec Jerimoth, Socho et Azeca. (Josué, ch. xv, if 35.)

Le livre II des Paralipomènes, eu nous apprenant qu’Adoullam fut fortifié par Roboam, en fait mention entre Socho et Geth. (Paralipomènes, 1. II, ch. xi, ^ 7 et 8.)

Si maintenant nous interrogeons 1 ' Onomasticon d’Eusèbe, nous y trouvons, au mot ’AooXàp, que cette ville, appartenant à la tribu de Juda, était encore de son temps un grand bourg situé à dix milles d’Eleuthéropolis, vers l’orient.

Si cette indication est exacte, il est impossible de fixer aux ruines de Kharitoun remplacement d’Adoullam, ni de reconnaître la grotte du même nom dans le Merharet- Kharitoun, qui nous occupe en ce moment. Cette dernière caverne, en effet, et les ruines qui l’avoisinent, sont éloignées d’Éleuthéropolis, aujourd’hui Beit-Djibrin, d’au moins vingt-trois milles à l’est-nord-est, et non de dix seulement. D’ailleurs, nous sommes là au milieu des montagnes, et non plus dans la plaine de Juda, comme le veut le texte sacré. Nonobstant cette difficulté, l’opinion généralement répandue au moyen âge, ainsi que le prouve un passage de Guillaume de Tyr, était que la caverne de Kharitoun passait pour être celle d’Adoullam ou Odollam. Cet historien, en effet, nous raconte (1. XV, ch. vi) que 1 armée 1138, une bande de Sarrasins ayant fondu tout à coup sur Thécua, les habitants épouvantés se réfugièrent dans la caverne d’Odollam, voisine de leur localité. Or cette caverne d’Odollam, voisine de Thécua, ne peut être que la Merharet-Kharitoun, distante à peine de trente minutes des ruines de cette petite ville, caverne d’ailleurs qui, en tout temps, a servi d’asile aux bergers nomades ou aux

Page 1