DÉTAILS DU SYSTÈME DE PRIVÉS A LA TERRE SECHE
(tirés des Règlements pour ia surveillance et la régie des Prisons dans les Provinces inférieures de la Présidence du Bengal, 18G4.)
Conservations.— Latrines et Urlnaux.
Gomme une malpropreté peut facilement être évitée dans une Prison, son existence indique une administration inefficace. Pour (me l'administration conservatrice réussisse, il ne suffit pas de donner un ordre, il faut qa'il y ait un plan parfaitement organisé, avec des règles pour la conduite de chaque individu, et il faut non-seulement que le devoir de chacun lui soit assigné séparément, mais dans le cas de négligence que la responsabilité retombe sur celui qui est coupable de négligence ou qui n'a pas bien surveillé. Il n'est pas seulement nécessaire de donner un ordre, niais il faut veiller habituellement à ce qu'il soit exécuté correctement ; et aussi longtemps qu'il y aura la moindre senteur qui offense l'odorat, l'officier qui a charge delà Prison peut èlre persuadé que le système n'est suivi qu'imparfaitement, et il ne devait acceptera uc une excuse.
Les canaux de toute description, pour êgout, à l'intérieur d'une prison ou dam ses dépendances, sent absolument défendus.
Le système conservateur à la terre sèche sera adopté dans toutes les Prisons au lieu et place d'aucun autre système nécessitant la vidange de matières liquides.
L'application de pas moins de deux livres de terre sèche et criblée sur la matière fécale, ou l'urine, récemment éjectée par une personne, empêche la décomposition, supprime entièrement la fermentation et l'émanation de gaz malsains et désagréables, et permet que les excrétions soient gardées dans un état portatif et non nuisible.
Les conditions essentielles pour le succès du système conservateur à la terre sèche, sont:
A. Application immédiate de la terre aux excrétions— A moins que cela ne soit fait, la fermentation et le développement de substances nuisibles en résultent rapidement. L'application subséquente d'une grande quantité de terre mitigé seulement une incommodité qu'il faut prévenir entièrement. L'urine devrait être vidée dans de grands vaisseaux remplis légèrement de terre sèche.
B. L'usage de la terre sèche et criblée.— Si l'on se sert de terre humide, l'on ne doit pas s'attendre au succès, et si l'on emploie de la terre non criblée, il eu faudra une bien plus grande quantité,
ce qui causerait un surcroît de travail pour fournir de la terre* fraîche et l'enlever après qu'elle a été employée. Une certaine quantité de la terre du jardin de la Prison devrait éd'e constamment étendue au soleil afin qu'elle sèche parfaitement ; et pendant la saison des pluies, il faudra prendra des arrangements particuliers pour faire sécher la terre sous un abri. Avant le commencement des pluies, une provision de terre parfaitement sèche et bien criblée devrait être mise en réserve dans un bâtiment, pour usage dans les occasions où l'on ne pourrait pas s'en procurer autrement. Le dentier ouvrage, chaque après -midi, d'un parti de prisonniers, devrait être de cribler et transporter \t\i approvisionnement de terre, et de la déposer clans les réservoirs pour la terre qui son!; attachés a chaque lafcriue, les latrines devant être a l'abri de la pluie.
C L'application d'une quantité suffisante de terre sur les excrétions. — Pas moins que deux livres de terre de la meilleur qualité séchée au soleil et criblée ne suffira pour chaque fois que l'on se servira soit des privés ou des urinaux. Lt-s réceptacles des privés ayant été préparés par des vidangeurs, qui y placeront une couche de terre de quelques pouces d'épaisseur, chaque prisonnier sera requis de jeter, clique fois qu'il ira aux latrines, une mesure de terre sur son évacuation.
D. Eviter scrupuleusement que l'eau ne se mêle au contenu des latrines. — L'eau qui a servit à laver le corps ne doit pas être jetée dans les latrines, mais vidée dans de grands vaisseaux de terre de forme convenable légèrement remplis de terre et placés en un endroit commode pour recevoir cette eau. L'on doit empêcher que l'eau de pluie ne tombe dans les latrines, qui, pour cet effet, doivent avoir un toit ; et les ruisseaux d'alentour doivent en être détournés. Toutes fosses ou réservoir, et tous canaux ou conduits, soit sous terre ou découverts, conduisant aux latrines ou en sortant doivent être discontinuées comme étant contraires au système à la terre sèche. L'usage de l'eau pour nettoyer le sol, le plancher ou Ls vaisseaux devrait être défendue, et le curage avec de la terre sèche ordonné. L'usage de la chaux. et du charbon de bois pour le nettoyage est strictement défendu, la chaux étant pire qu'inutile, et le charbon, une dépense non nécessaire.
Le cabinet des latrines devrait être de la plus simple description, suffisamment clos par égard pour la décense, mais â tous autres égards largement ouvert afin d'admettre la circulation de l'air.
Les balayeurs ou vidangeurs doivent enlever, le matin et le soir, la terre qui a servi aux U trilles et aux urinaux, dans de grands paniers pouvant contenir de 40 â 50 livres, et la déposer dans des tranchées de peu de profondeur, d'à peu près un pied de profondeur, préparés d'avance dans le jardin de la prison. Ces tranchées doivent toujours être tenues prêtes à recevoir le produit des latrines, rebuts de la cuisine et du jardin, et les balayures de la Prison.
Aussitôt après qu'on aura disposé du produit dos prives, tel que prescrit, cj qui devrait être complètement fait en toutes saisons avant 7 heures A. M., et G heures P. M., les tranchées doivent être remplies de terre, une couche de terre de six à neuf pouces étant suffisante, pourvu que le produit des latrines ait été auparavant dans un état propre à être porté dans des paniers d'osier, et pour as* surer ce résultat ou doit retrancher l'usage de tout vaisseaux capable de porter des matières liquides*
Dans les Prisons où les matières rendues inodores sont en plus grande quantité qu'il n'en faut pour le jardin elles doivent être recouvertes de terre dans des tranchées faites pour cet objet, à quelque distance de la Prison» mais loin de tous puits ou citernes dont l'eau sert pour breuvage oit pour l'usage de la cuisine.
Des prives de nuit.
Tout dortoir sera, pouvn dseau moins trois vaisseaux, savoir, un ùrinal, un privé à la terre, et un réservoir pour la terre avec Une pelle (scoop) de bois
L'urinai, légèrement rempli de terre sèche, ne doit servir qu'a recevoir l'urine. Pas moins de quatre-vingt livres de terre ne doivent être allouées pour quarente fois que Ton se sert de l'urinai. Si l'urine parait à la surface le matin, ce fait indique l'insuffisance de terre dans le vaisseau. Il est essentiel au succès du système, que la terre absorbe toute l'Urine.
Le privé à la terre se compose d'un vaisseau quelconque convenable, contenant une couche de terre sèche sur laquelle les occu> pantsd'uu dortoir ou hôpital peuvent évacuer; une pellée de terre du réservoir étant immédiatement jetée sur la matière récemment évacuée. Tout prisonnier doit être contraint de jeter au moins deux livres de terre sur sa déjection aussitôt après s'être servi du privé» Le privé à la terre ne doit servir qu'à l'usage qui lui est dô^ signé ; si l'on s'ert comme d'un urinai, le résultat est perdu, car c'est une condition essentielle au succès, que la terre appliquée aux matières fécales aoik capable d'en absorber l'humidité, ce que la terre humide ne peut faire qu'imparfaitement, et la terre mouillée, nullement. L'ablution devrait se faire au-dessus de l'urinai.
Pour empêcher toute malpropreté autour de l'urinai et du privé, Une lampe devrait être tenue allumée la nuit dans le voisinage immédiat.
A 3 heures P. M», les vases de nuit seront placés en leurs lieux dans chaque dortoir, et on aura soin qu'ils soient déposés sur et entourés d'une épaisse couche de terre sèche et criblée pour empêcher que le plancher ne soit par accident souillé par les matières fécales. S'il reste aucune exhalaison après que les vases de nuit et la terre auront été enlevés, c'est là un signe évident qu'il n'y a pas eu assez de terre employée.
Aussitôt après que les prisonniers auront qujtfé les dortoirs le matin, les vases qui auront servi d'uriuaux et de privés à la terre seront transportés dans le jardin, et il sera disposa de leur contenu de la manière prescrite pour les ordures en général et les vases eux-mêmes seront nettoyas et curés avec de la terre sèche et exposés au soleil jusqu'à ce qu'ils soient replacés à trois heures P. M., pour l'usage de la nuit, et les urinaux seront en même temps remplis de terre sèche criblée^ et les privés à la terre, fournis d'une épaisse couche de semblable terre.
(Note.) L'Inspecteur Général des Prisons du' Berigal rapporte que ie système à la terre sèclie fonctionne avec succès. Il donne deux avis fondés sur l'expérience acquise dans les Prisons du Benga!, savoir : (i) que la terre employée ne doit pas être de la glaise, et devrait contenir beaucoup de matière organique ; (ii) que si la quari tité de terre employée est moindre que la quantité prescrite, ou si la terre employée une fois est employée de nouveau sans avoir été suffisamment séchée, ou si une trop grande quantité de terre imprégnée est employée sur le terrain côntigu à la prison, il y a grand danger que des maladies en résultent.
L'Editeur croit devoir faire observer que les détails qui précèdent sont extraits du Digeste et Sommaires d'informations concernant, les Prisons dans les colonies, présenté au Parlement Britannique en
Dans, le Sommaire qui y est donné des principales conclusions auxquelles on est arrivé au sujet de la construction des Prisons, le document d'où sont tirés les détails ci-dessus dit sous le titre «Construction » :
«Des détails du «système à la terre sèclie » eh remplacement des « privés liquides sont donnés dans l'appendice. Ce système est en « usage dans toutes les Prisons de l'Inde, quelques unes d'elles conte- «nant jusqu'à 2,000 prisonniers, et dans la Prison de Hulsdorp à « Colombo dans le Ccylon. L'Inspecteur Général des Prisons du « Bengal, rapporte que lorsque l'on prend les précautions nécessaires, « ce système réussit parfaitement et n'est pas dispendieux. »
Jusqu'à cette époque la question des lieux d'aisance a été non-seulement l'opprobre et la terreur des réformateurs sanitaires en général, mais elle a été la bête noire particulière des Architectes de Prisons et des Inspecteurs de Prisons. Pour quiconque a eu quelque relation avec les Prisons, soit comme résidents ou Inspecteurs, la présente découverte ne peut manquer d'être un bienfait inestimable^ une immense économie de santé, d'argent et d'humeur.
La lettre ci-jointe d'un de nos Architectes de Prison les plus expérimentés en Canada, corrobore ce qui précède.
« Ottawa, 23 Octobre, 186S.
«K A. Meredith, Ecnyer,
«Sous Secrétaire.
cr Monsieur,
a J'ai examiné avec intérêt les pamphlet relatifs au privés a la « terre, que vous avez eu la bonté de rn'envoyer; le système, dans « mon opinion, ne demande qu'à être connu pour être adopté dans « nos Prisons, Asyles et autres Instituions, Ayant comme Architeo- « te, érigé plusieurs Prisons dans la Province d'Ontario, je suis en «état d'affirmer que les privés à l'eau qui s'y trouvent sont la source « de beaucoup de trouble et de dépenses, a tel point en vérité que « depuis quelque temps on n'en permet plus l'introduction dans ces édifices. Je suis heureux de voir que dans le système à la terre sèche « que vous proposez d'introduire, les inconvénients qui accompagnent « les privés à l'eau n'existent pas, et (sans parler de la valeur des pro- « duits comme engrais) beaucoup de dépenses seront évitées par la «simplicité de son fonctionnement. Je pense que ce système sera adopté généralement.
«J'ai l'honneur d'être, « Monsieur, « Votre obéissant serviteur,
«H.H.HORSEY,
« Architecte,
Appendice D.
Extrait d'un pamphlet publié par la compagnie de cabinets d'aisances brevetés de Moule.