‹ La terreur blanche: épisodes et souvenirs de la réaction dans le Midi en 1815, d'après desChapitre 12 sur 86 · Archives du dépôt de la guerre · texte numérisé non relu

Archives du dépôt de la guerre

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Telle était, dans cette funeste journée, la situation de l'armée royale. Gomme pour la rendre plus grave encore, à dater du moment où les nouvelles que nous venons de résumer se répandirent, les soldats du 10« de ligne commencèrent à déserter pour passer à l'empereur. Lorsque, dans la soirée de ce jour, cette armée entreprit son mouvement de retraite, elle ne se composait plus que du régiment Royal-étranger et des volontaires du Languedoc et de Provence. Quel triste retour! Sur cette route où Tavanl-veille les royalistes passaient victorieux et remplis d'espérance, ils défilaient maintenant, affaissés, lassés, maudits par les populations qui les accusaient, oubliant qu'elles les avaient fêtés et applaudis deux jours plus tôt, de les exposer aux représailles de l'empereur. Le duc d'Angoulême, à cheval, cheminait au milieu de ses soldats, trouvant même, dans sa détresse, des accens qui ranimaient leur

courage.

On traversa ainsi Livron, Loriol, Montélimart et Pierrelatte. Le 9 au matin on arrivait à La Palud, où l'on apprit que, la veille, le général Gilly avait occupé la citadelle du Pont-Saint-Esprit, qui le rendait maître des deux rives du Rhône.

C'est alors que le duc d'Angoulême, se refusant à

LA RÉACnOlC mAWS 1^ ^ABB.

exposer les joors de s» soidie f&ar ftKxxT cette riëre, se décida à cafâmkr.

rengagi^^eat k fiiir. D leur répo^fii fsli »e i^'^âoigaerût qa'après «^00* wêb ^k vc AumM i k» à Taksi et tout pmL Ptfses oidres, le livBBde Bhb»^ «e iimÊài auprès du génénl GiBy, «fio de nc^ner k cifÉ&iktion. Lanégocû^îoDiie fin psslon|giie,le^nâ«l4^ s'esdinant tiop heiireax de se àAmrmaBB' ém fmgut saos coup féfir. A deux he«r^ «s méié titÊk fi^miL Il portait que les Tolofitaires sermem ficesc^^ ^Ib^ rentreraient dans lems foyers soss k fVBtacMe éoi^ autorités impmaks, et que le pnooe ^/eak oHiàw a Cette, où il s'embaïqocfait. Leg»énl désigné pour Yt

En a^iM:^»iant pagne de dix jours, en tombait â briifilr^iia da haut de leurs illusions, les voloolaires em^m WÊmx^ de fureur et de rérdie. Ds bmaeui leurs araae^ déchirèrent leurs drapeaux. P^iiir wpumx \tsm% oqk 1ères, il ne kllut ri&k momsqoe k parole lespadéeda duc d'Ângoultaie. Ce fiit lui qui )e& oaomhL D lewdb que la dékitede k cause royale n'était qœ p aofjayic , que le r^ime nouTeau de Bonaparte ne duiefaitpaa, et qu'avant peu, lui-même reviendrait m mettre i leur tète, non plus pour oMnbattre cett^ Cm, mak

pour célébrer ensemble le retour de Louis XVIII.

Ils furent dociles à ses accens, et quand il s'éloigna, leurs acclamations et leurs larmes lui portèrent leurs adieux. Il monta en voiture, suivi de ses officiers, pour se rendre à Cette. Mais la parole du général Gilly, lui promettant la liberté et les respects dus à son caractère et à son nom, ne fut pas tenue. Au moment où il traversait le Pont- Saint-Esprit, on le mit en état d'an'estation, en vertu d'un ordre du général de Grouchy, qui s'avançait, muni d'instructions spéciales de l'empereur.

Le général de Grouchy, chargé de combattre l'insurrection et d'acculer le duc d'Angoulême à la mer, venait de passer par les plus vives angoisses. Pendant trois jours, il s'était cru hors d'état de lui barrer la route, et de Lyon même, il avait adressé un appel désespéré aux anciens militaires, tandis qu'il suppliait le ministre de la guerre de lui envoyer en poste des troupes et des moyens de défense. Maintenant, ses alarmes étaient dissipées. Mais une violente colère y survivait contre le prince dont la marche l'avait si fort inquiété. Puis, il était pressé de conquérir les bonnes grâces de l'empereur; il en voulait aux Bourbons, qui n'avaient pas eu recours à ses services. Sous l'empire de ces sentiments, il n'eut pas la générosité de

laisser partir le prince, et bien que, contrairement à ce qui a été dit, il n'eût pas reçu d'ordres, il refusa de ratifier la capitulation.

Le 9 avril, à neuf heures du matin, partait de Lyon une dépêche signée de lui, et conçue en ces termes : « kicertain s'il entre dans la volonté de sa majesté de laisser sortir de France le duc d'Angoulème, je ne ratifie pas cette capitulation et me rends en toute hâte au Pont-Saint-Esprit pour suivre le duc et être à même de le faire arrêter, si vous l'ordonnez, ce que je vous prie de me faire savoir télégraphiquçment. J'espère que j'amverai encore à temps pour remplir ce but.* ))

A la suite de cette dépêche, le prince avait été arrêté. Il demeura incarcéré, lui et ses officiers, pendant six jours, et c'est seulement quand l'empereur eut fait connaître sa volonté qu'il fut conduit à Cette par le général Radet. Il s'y embarqua, le 17 avril, avec une suite de quinze personnes, sur la Scandinaviey bâtiment suédois, qui le conduisit à Cadix d'où il ne tarda pas à se rendre en Catalogne ^

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