Rapport du baron Larrey. Archives du Gard
jToyalistes. Appréhendé au corps avec un garde national qui plus tard fut reconnu seulement coupable de s*être trouvé en sa compagnie, il fut mis en voiture éance tenante, et expédié à Montpellier sous bonne scorte. Le lendemain, comme on redoutait que la ouvelle de cette arrestation n'engendrât de noueaux désordres, on emprisonna les pillards précéemment mis en liberté, et avec eux Truphémy qu'on ut le tort de laisser sortir de prison peu après, et ui n'expia ses crimes que cinq ans plus tard. C'est à l'occasion des événemens du 1(5 octobre ue le général de Briche écrivait de Montpellier : Je vois clairement les moyens affreux que la anaille, sous le manteau du royalisme, emploie pour ^porter à tous les excès et en rejeter le blâme iir les bonapartistes qui ont déjà bien assez de leurs ropres fautes... Le but bien connu de ces pré- ^ndus royalistes et faux partisans du roi n'est autre ue le pillage et le sac des maisons protestantes ui seules font plus des deux tiers des affaires com- ^Oierciales de cette ville et entretiennent par leur fabrication une population de 12 à 15,000 âmes ^. » Le ministre de la guerre lui répondait : « Dans de
1. Archives nationales. Dossier des évéuemens da Midi en 181.^.
semblables circonstances, toutes les autorités locales devront réunir leurs efforts pour le maintien de Tordre, bien sûres d'être approuvées par le gouvernement dans les mesures de rigueur qu'elles auront prises. L'intention de Sa Majesté est qu'on poursuive avec sévérité, sans acception d'opinion, tout individu qui aura attenté à la tranquillité publique. * »
Dans la longue série de crimes que nous venons de raconter, les protestans du Gard avaient été cruellement éprouvés. Sans affirmer qu'ils eussent été les seules victimes des passions locales, on peut dire que c'est leur sang surtout qui avait été versé. L'Europe s'était émue; plusieurs voix s'étaient élevées pour demander vengeance. Le gouvernement comprit qu'il devait une éclatante réparation à des citoyens injustement frappés et longtemps menacés dans leur vie et dans leurs biens. Par l'ordre du roi, le duc d'Angoulême se rendit à Nîmes, afin de prêcher la concorde. Le consistoire protestant se présenta à lui, invoqua sa protection et obtint la promesse que les temples fermés depuis plus de quatre mois seraient enfin rouverts. Le prince, en faisant cette réserve, demanda à tous les citoyens « d'obéir