IV INTRODUCTION
malheureux plus obscurs, mais non moins à plaindre; un certain nombre de proscriptions; les condamnations du comte de Lavalette, de l'amiral Linois, des généraux Boyer, Debelle, Gilly, Decaen, Clauzel, Travot, Drouot, Cambronne, Bertrand, Gruyer, Radet, Lefevre-Desnouettes, Drouet d'Erlon, Rigau, Lallemand, Brayer, Ameilh, Morand, etc., etc.; les sentences prononcées contre Didier et ses complices et contre plusieurs individus sur divers points du territoire,, tels sont les traits principaux par lesquels se signala ,, dès son second retour, le gouvernement de la Restauration, à l'heure même où le sang coulait dans les provinces méridionales. Il y eut alors une véritable fureur de vengeance, qui ne prit fin qu'après la dissolution de la chambre introuvable et qui fait tache dans l'histoire du rétablissement de la monarchie. Il est cependant juste de constater que les efforts du duc de Richelieu et de M. Decazes, tendirent à réparer, parmi tant d'injustices douloureuses» parmi tant de répressions inutiles, toutes celles qui étaient réparables. Lorsqu's^rès l'assassinat du duc de Berry, M. Decazes quitta le pouvoir, la plupart des hommes qu'avait atteints la politique de réaction.
INTRODUCTION. v
étaient graciés ; plusieurs d'entre eux, rentrés en faveur, siégeaient à la chambre des pairs. Nous laissons à d'autres le soin de raconter ces événemens, c'est-à-^ire les réactions légales ; nous ne nous occupons dans ce livre que de celles qui se traduisirent à Nîmes, à Uzës, à. Toulouse, à Avignon, à Marseille, par des assassinats et des pillages, par les sanglans exploits de bandes armées, et substituèrent l'action individuelle de quelques scélérats à l'action des lois.
En réalité, soixante-trois ans seulement nous séparent de ce temps ; moralement, plusieurs siècles. Ses idées et ses aspirations ne ressemblent en rien à celles des hommes de nos jours. Si, rapprochant le passé du présent, quelqu'un de nos lecteurs était tenté d'assigner aux réactions du Midi des causes analogues aux causes de la commune insurrectionnelle de Paris, il arriverait bientôt à la conviction que cette analogie n'existe qu'à la surface des événemens. En 1871, Paris a vu les horreurs du radicalisme rouge; en 1815, le Midi connut les horreurs du radicalisme blanc. Sans doute, tous les excès que, soit au nom d'un parti, soit au