Rapport du magistrat instructeur
ses principaux défenseurs, fut alors prise d'assaut. Daussonne la frappait à tour de bras, avec le pomnaeau de son sabre dégainé. Puis, tout à coup, il adressa quelques mots à ses compagnons, qui lui répondirent par une clameur enthousiaste. Il leur demandait un madrier qu'il avait vu contre im mur voisin. Le madrier apporté, on s'en servit comme d'un levier. La
porte résistait toujours. Tout à coup, elle céda. Une main inconnue avait retiré les barres de fer qui la consolidaient à l'intérieur. A ce moment, à l'exception de deux ou trois personnes, toutes celles qui se trouvaient dans la maison fuyaient précipitanmient par l'échelle dont nous avons parlé, et le général restait sans défense à la merci des assassins.
Ce qui se passa alors est épouvantable. La chambre du général est envahie par ces bêtes fauves. Elles se ruent sur lui en poussant des cris qui couvrent ses plaintes. D'un coup de sabre, Daussonne lui fait sauter un œil ^ les autres le frappent dans son lit à coups de sabres et de baïonnettes. Ses bras sont mutilés ; les lambeaux de sa chair tombent sur le plancher ; sa figure est en sang ; son lit devient une boucherie ; tout son corps est une blessure, et