AU GÉNÉRAL COMMANDANT LA GARDE NATIONALE
Hier soir, vers les onze heures, une bande de pillards a absolument pillé la maison du sieur Paulet sur le chemin de la Bastide. Le sieur Delon, domestique de confiance, établi par le sieur Paulet pour veiller à la conservation de la maison a été menacé. Ce désordre
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tient à l'abandon du poste de la barrière de Saint- Gilles. Le rétablir.
Invitation aux capitaines des compagnies, des sections 5 et 9, de prêter main-forte au sieur Vidal, instituteur, l'un des commissaires de quartier, pour s'opposer aux entreprises des malveillans contre les personnes et les propriétés.
5 août 1875,
AD COHMISSAIRE-GéNéRAL DE POLICE DES 'i', 8% 9% !0« ET 11* DIVISIONS DU HIOU
Votre existence politique ne m'est connue que d'hier: une estafette m'a remis votre circulaire du 31 juillet.
Le 3 et le ù, la ville a été tranquille : la garJe nationale a contribué à ce résultat. Mais les arrestations arbitraires ont continué dans la ville et la campagne.
Sept individus de Bouillargues avaient été arrêtés comme prévenus de pillage. Ils étaient prisonniers au paiais depuis huit jours. Le 29, je fus informé que la grande majorité des hommes arm-^s dans Nîmes allait forcer la prison, que la garde était d'accord avec eux, que les jours de M. le général de Barre étaient menacés jusque dans la cour de 1^ préfecture où il était, n'ayant pas de forces disponibles à opposer à ce projet séditieux. Je crus qu'il était plus politique' de mettre provisoirement ces prisonniers en liberté: je la leur donnai le 29 au soir, à la charge par eux de se présentera
réquisition et do Taction civile au profit de ceux qui avaient été pillés.
Une grande partie des habitans de Bouil largues et de Garons continua le pillage dans les campagnes voisines ; ils se portèrent aux villages de G énérac et de Beauvoisin, habités par des hommes notoirement connus par leur haine contre la royauté et leur dévouement à Napoléon ou à la fédération. Là^ sans désordre, ils demandèrent une contribution de 20,000 francs à Générac et 2,000 à Beauvoisin; les habitants promirent 10,000 francs.
Instruit de ces faits dans la nuit du 3 au 4, je me suis décidé à partir avec douze gendarmes, à quatre heures du matin, pour Bouillargucs et Garons, précédé de deux gendarmes pour faire battre rassemblée de tous les hommes armés.
Une partie de ceux de Bouillargues est sortie sans armes. Sur la place publique, j'ai annoncé que je venais comme ami, comme pacificateur et que chacun pouvait se présenter avec sécurité. Tout le monde se rendit à ma voix, en armes. Là, j*ai rappelé à ces hommes égarés les services qu'ils ont rendus à la cause royale et je me suis fortement élevé contre les désordres : j'ai fait connaître la volonté du roi et du duc d'Angoulême, et leur horreur contre les désordres. Des larmes de repentir ont coulé de toute part, des cris de « Vive le roi I Vive notre bon prince le duc d'Angoulême I » ont retenti dans to.ut le village pendant plusieurs minutes. Aprùs avoir reçu le serment de rentrer dans l'ordre, je
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suis parti pour Garons, précédé d'un détachement de la garde nationale et accompagné de tous les hommes armés. Arrivé à Garons à neuf heures, j'ai trouvé la garde nationale sous les armes avec son drapeau. Là, j'ai répété mon discours et j'ai obtenu le même résultat. J'ai demandé une députation de quinze hommes de Bouillargues et de deux de Garons pour se rendre auprès du général de Barre, à la préfecture, où je suis arrivé avec cette escorte, à dix heures du malin. Les députés ont été présentés au général à onze heures. Ce brave et loyal militaire les a accueillis avec bonté, et, après un discours qui a attendri tous les cœurs, a reçu le serment des députés de rentrer dans l'ordre, de protéger les propriétés et les personnes, et leur a pardonné. J'ai la conviction que cette mesure produira un bon effet dans cette partie du département.
Des avis indirects mais qui paraissent certains m'ont annoncé à. huit heures du soir qu'un royaliste a été assassiné à Uzès. Les royalistes indignés se sont portés à des excès. Neuf napoléonistes ont été égorgés et plusieurs maisons dévastées. Lorsque j'aurai reçu un rapport ofïiciel, je vous le ferai connaître.
10 août.
Ordre aux individus qui se trouvent sans ordre dans le domaine de Saint-Serre-de-Combenac d'en sortir immédiatement. Menace de les faire arrêter et traduire devant les tribunaux.
380 LA TERREUR BLANCUE.