‹ La terreur dans le royaume de NaplesChapitre 20 sur 21 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Arrivé à la fin de mon travail, je le résume.

Je crois avoir examiné avec soin vos reproches, vos accusations et vos insinuations plus perfides encore.

A quoi SC réduisent les griefs articulés dans vos deux Lettres? Que reste-t-il des récriminations qui, grâce à votre patronage, ont ému l’opinion de l’Europe et fixé l’attention de la diplomatie, indignée de l’attentat inouï et inqualifiable commis contre le gouvernement napolitain? .

J’ai trouvé dans votre libelle deux ordres de faits : ceux que vous avez vus et constatés par vousmême, et ceux dont vous devenez le narrateur sur les rumeurs les plus vagues, sur les témoignages les plus douteux et les plus suspects. Je rappelle les uns et les autres.

Vous parlez de quinze, vingt ou trente mille prisonniers politiques, d’après la croyance gétiérale, tout en avouant qu’il ne peut y avoir auenne certitude sur ce point. Vous partagez cette croyance parce que des personnes que vous dites intelligentes et considérées la supposent fondée, et tout en ajoutant que celte assertion ne repose que sur

0 l’opinion, opinion raisonnable, d’ après ce que je crois, mais qui nest cependant que l'opinion. » Je \ous ai prouvé que le nombre des prisonniers s’élève à peine à 1,800.

Les quatre à cinq cents inculpés dont vous nous entretenez à propos de l’alTaire du 15 mai sont réduits, par l’acte d’accusation, à quarante-six.

Vous prétendez, sur ce que vous entendez dire, que les confiscations ou séquestrations sont fréquentes. Il n’en a pas été opéré une seule.

Vous accusez, sur un on dit, le gouvernement de Naples de payer une pension à l’assassin Peluzzo, tandis qu’il n’a reçu que la prime offerte à quiconque s’emparerait d’un malfaiteur.

Les magistrats napolitains sont à vos yeux des monstres ou des esclaves, parce qu’ils sont amovibles et que les mieux payés ne reçoivent que quatre mille ducats de rétribution^ Or, ils sont inamovibles, et 4,000 ducats à Naples représentent bien 40,000 fr. à dépenser à Paris, où le premier président de la Cour de Cassation n’en a que 20,000.

Les hommes qui sont au pouvoir à Naples n’attachent aucune valeur à la vie humaine, et la preuve que vous en donnez, c’est qu'ils ont comprimé, dans un bagne, une révolte de forçats que vous confondez avec les prisonniers politiques dont vos l.eltres entretiennent lord Aberdeen.

Vous parlez d’un condamné en disant qu’t/ peut

y avoir quelque raison de craindre qu’il ne soit soumis à des tortures physiques dont vous spécifiez le mode, d’après une autorité respectable, quoique pas du tout certaine.

"Vous dites qu’o« vous a assuré que l’usage d’enchatner les prisonniers deux à deux a été imaginé tout exprès pour les condamnés politiques. Or, cette coutume a été pratiquée de tout temps.

Vous insinuez que les prisonniers sont enchaînés à leurs dénonciateurs ou à des assassins, tandis que c’est précisément le contraire qui a lieu.

Vous prétendez que la société secrète de YUnità italiana est imaginaire. Je vous ai fait connaître ses statuts, ses règlements, ses principes. Ses propres actes nous ont révélé quel est son but.

Les unitaires vous paraissent les hommes les plus purs, les plus loyaux, les plus éclairés et les plus intelligents des États napolitains. Toutes les pièces du procès, qui s’est terminé par leur condamnation, s’accordent à établir qu’ils se sont rendus coupables d’un crime qui, en Angleterre et ailleurs, s’appelle crime de haute trahison.

La police napolitaine agit, d’après vous, d’une manière arbitraire et brutale: or, elle ne fait autre chose que gêner les menées des conspirateurs, qui seuls se plaignent d'elle.

Ija magistrature de Naples, indépendante, ferme et courageuse, ne se laisse pas émouvoir par les

menaces des inculpés; c’est assez pour que vous l’accusiez de céder aux exigences du pouvoir, qui n’exige d’elle que la plus stricte impartialité.

Vous racontez que les prisons sont sales et que les règlements n’y sont pas observés. Dans tous les pays du monde les détenus- se plaignent des geôliers.

Le régime alimentaire vous paraît détestable, et cependant le pain que vous avez vu et goûté est smn. Vous n’avez trouvé de nauséabonde que la soupe, à laquelle vous n’avez pas goûté et dont vous parlez d’après ce qu'on vous a assuré.

Vous décrivez des cachots qui se trouvent, d'après ce qu'on vous a rapporté, situés à vingt pieds au-dessous de la mer ; mais vous ne les avez ni aperçus, ni visités, et la description que vous en donnez m’autorise à penser qu’ils sont aussi profonds et aussi sombres que ceux de notre Conciergerie, situés au premier étage.

Vous vous indignez au sujet des vêtements des condamnés et des chaînes qu’ils portent; or, ce sont précisément les mêmes que dans tous les bagnes de l’Europe.

De ce que vous signalez comme ayant été vu par vous, il n’est rien que je ne retrouve dans les bagnes ou prisons de France et dés autres pays. Mais les faits graves et révoltants dont vous vous autorisez pour reprocher au gouvernement de Naples

sa barbarie , sa cruauté, sa férocité, sont précisément ceux que vous n’avez pas vus, dont vous entretenez lord Aberdeen sur des probabilités , sur des on dit, on m’assure, d’après ce que je crois ou ce qu’on me rapporte !

J’ai constaté encore , contrairement à vos assertions, que l’insouciance des populations et les projets criminels du parti révolutionnaire ont seuls empéché que la Constitution ne fût mise en vigueur après deux essais infructueux. Si vous n’étiez pas encore entièrement éclairé touchant ces circonstances, j’appelle votre attention sur les révélations faites par un membre du parti révolutionnaire, Guillaume Pepe, dans les Mémoires où il avoue formellement que le projet des meneurs était de transformer la nouvelle Chambre en assemblée constituante et de déclarer la déchéance du Roi. Donc, Ferdinand n’est pas parjure.

Vos calomnies contre le clergé et l’instruction élémentaire donnée sous son patronage sont tout aussi dénuées de fondement que vos récriminations contre le Roi et ses ministres.

Tels sont cependant les éléments sur lesquels vous avez rédigé l’acte d’accusation formidable lancé contre le gouvernement des Dcux-Siciles! Vous n’avez pas une pièce de conviction à produire, pas un seul témoin à présenter; vous n’ar- ” ticulez pas un fait grave que vous avez vu et

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attesté , et vous osez cependant écrire , en parlant de ce gouvernement : « C’est la négation de Dieu érigée en système de gouvernement ; » « totis les vices forment ses attributs; » il récompense « l’assassinat ; » il emploie des monstres et des esclaves pour rendre la justice; il est « le plus grand violateur des lois, le plus grand malfaiteur du pays ; » « ses actes sont ttn outrage contre la

religion, la civilisation et l’humanité » Enten-

dit-on Jamais porter d’aussi infâmes accusations contre un gouvernement dont le chef, s’il a fait des fautes, n’a péché que par trop de clémence? Un homme d’État a-t-il jamais commis un acte de démence qui puisse être comparé à celui qui vous a gagné les ardentes sympathies du parti socialiste?

Vous semblez vous-même, en contemplant votre œuvre, avoir été effrayé de son aspect et de ses conséquences. Vous semblez reculer d’épouvante devant la production monstrueuse sortie de vos mains, et, cherchant sans doute à rassurer voire conscience, vous avez écrit le post-scrÿjium qui forme votre Seconde Lettre , et où vous infirmez vous-même vos premières assertions :

« En lisant, dites-vous, et en pesant de noii- « veau les termes de la première Lettre que j’ai « adressée à Votre Seigneurie , je leur trouve une « chaleur qui peut prêter à la oi'ilique... J’y aper-

« çois une grande variété d’allégations qui exci- « teront l’horreur et l’indignation des uns , l’in- « crédulité des autres, et la surprise du plus

« grand nombre Je dois avouer, quant aux

« allégations les plus fortes , Qu’m m’a été impos-

« SIBLE DE VÉRrniER AVEC PRÉCISION LEURS DÉTAILS. . .

« Je persiste cependant à croire que la peinture « générale n'est pas trop Mon principal

« objet maintenant est de soutenir la probabiuté

« générale de mes assertions Quant au nom-

« bre des prisonniers et à l’état des prisons en « lui-même, ce ne sont que des points secon- « daires »

Votre acte d’accusation ne repose donc plus que sur des probabilités , sur des allégations dont il vous a été impossible de vérifier les détails? C’est votre propre témoignage qui me vient en aide pour le réduire à sa juste valeur; ce sont vos mains qui le déchirent !

Je compte , à mon tour, sur votre indulgence pour excuser la chaleur des termes dont je me suis quelquefois servi , en vous voyant incriminer d’une manière si formelle et si révoltante , quand vous ne pouviez vous autoriser que de probabilités tellement vagues et suspectes, que la bonne foi vous eût fait un devoir de les repousser avec dédain.

Puissent vos propres aveux achever d’éclairer

l’opinion , qui , revenue de sa première surprise , vous demande déjà un compte sévère de votre inqualifiable témérité! (Voir l’Appendice, page 187.)

On s’est vivement étonné dans le monde politique du concours que lord Aberdeen a semblé vous prêter. Serait-il réellement le complice de vos calomnies?

Je suis heureux d’apprendre qu’il n’en est rien. C’est sans son assentiment que votre pamphlet a été livré au public. Vous lui avez, selon l’expression vulgaire, forcé la main en associant son nom à votre œuvre , et les amis du noble lord n’ont pas tardé à apprendre de lui-méme qu’il repousse toute connivence avec la publication des Lettres à son adresse. Pour le public , qui n’est pas initié aux confidences de lord Aberdeen , il ne sera pas sans intérêt de raconter comment les choses se sont passées.

Le noble comte , en recevant vos révélations , s’opposa à ce qu’elles fussent publiées, et s’empressa d’écrire à Naples et à Vienne pour avoir des renseignements sur leur caractère. Les réponses furent quelque temps à arriver. Votre patience s’épuisait; votre première Lettre était imprimée. 11 ne vous manquait plus que l’adhésion de votre ami pour la rendre publique. Lord Palmerston , qui vous pressait, vous donnait l’assurance que ni le marquis Fortunato ni le prince de Schwartzen-

berg ne répondraient d’une manière satisfaisante. Le chef du Forcign-Of/îce tenait évidemment beaucoup à ce que l’opinion fût saisie de la question avant la séparation du Parlement. Vous vous décidâtes alors à faire paraître votre Lettre sans l’aveu de lord Aberdeen , qui reçut , peu de jours après , des dépêches de nature à lui faire regretter cette précipitation. Le tour était joué! La presse révolutionnaire s’emparait de votre travail , se l’appropriait et l’accueillait par les bruyants applaudissements qui retentissent encore à nos oreilles. Ce genre de succès rendit plus vifs les regrets de lord Aberdeen, qui, aujourd’hui, est désolé de l’impression produite par votre Lettre, et surtout du parti que les démagogues en ont tiré dans tous les États de l’Europe. En prétendant servir la cause de l’humanité , vous n’avez servi que celle de l’anarchie. On comprend qu’un homme d’Etat , dans la position de lord Aberdeen , ait été désolé du rôle que vous lui avez fait jouer. Il a su vous en exprimer hautement sa douleur, tout en ménageant les liens d’amitié qui vous unissent , et c’est en vue de calmer sa susceptibilité si justement offensée que vous lui avez adressé votre Seconde Lettre, où vous déclarez formellement : « J’ai livré ma pre- « mière Lettre à la presse; mais je désire qu’il soit « clairement entendu que je suis seul responsable « de cet acte. »

Lord Aberdeen vous désavoue donc , et vos Lettres sont mensongères jusque dans leur titre ! Cette circonstance expliquera aux lecteurs impartiaux la différence de ton qui existe entre la première et la seconde de vos épîtres. Dans l’une, vous dénoncez hardiment , vos accusations sont affirmatives ; dans l’autre, au contraire, vous ne maintenez plus que « la vérité générale » de vos assertions , et même leur probabilité générale ! Les détails perdent toute importance à vos yeux, et, cherchant à obtenir le pardon de lord Aberdeen , vous lui tracez le tableau de l’atmosphère générale de l’Italie, en lui dénonçant la police autrichienne en Lombardie et le catéchisme que j’ai examiné sur vos citations. Ce sont les arguments sur lesquels vous vous rejetez pour appuyer la probabilité générale de vos assertions !

Si je m’engage dans l’appréciation des probabilités générales, je ne vois pas qu’elles vous soient plus favorables que les faits particuliers. Pour quiconque connaît la situation du royaume de Naples , le caractère et les antécédents des hommes qui jouissent de la confiance de Ferdinand, l’improbabilité de vos allégations saute aux yeux les moins clairvoyants.

Les membres du gouvernement napolitain offrent des garanties sérieuses contre vos accusations. Les ministres du Roi de Naples sont autant do

preuves vivantes de vos calomnies. Dites -moi lequel des membres du cabinet napolitain serait capable de prêter son concours au système infâme que vous dénoncez ? C’est en vain que je fouille dans les antécédents du marquis Fortunato, du général d’Ischitella, du général Garrascosa, du général Filangieri, de MM. d’Urso et Longobardi. Tous les membres de ce gouvernement , que vous représentez comme ttrannique, féroce, immoral et IMPIE, appartiennent à l’école politique dite libérale. Plusieurs sont Français par leur éducation et leurs sentiments. Deux d’entre eux ont été blessés au service de la France, qui, en retour du sang versé pour sa gloire , a placé sur leur poitrine le signe de l’honneur. A qui donc espérez-vous persuader que des généraux élevés à la grande et noble école de l’Empire consentent jamais à échanger leur épée pour le glaive du bourreau ? Le président du conseil, le marquis Fortunato, est l’artisan de sa fortune ; il doit sa haute position à l’intelligence et au travail, qui l’ont tiré des rangs de la classe bourgeoise pour en faire le sujet le plus rapproché du trône. Il n’est pas un des ministres du roi de Naples qui ne préférât l’exil ou la mort au rôle ignoble de servir un tyran qui puiserait ses jouissances dans les larmes , la misère , la douleur et l’oppression de ses sujets ! Le gouvernement napolitain est donc aux mains de la bour-

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geoisie, élevée et anoblie par son mérite, que le Roi sait récompenser. Car, ne vous y trompez pas, Monsieur, si la direction des affaires publiques est confiée à des hommes sagement libéraux, le roi Ferdinand est, en fait d’idées vraiment progressives, le plus avancé des Napolitains.

Depuis son avènement au trône, le roi des Deux- Siciles n’a pas cessé de déployer une activité des plus intelligentes. Vous savez. Monsieur, dans quelle triste situation se trouvait le royaume de Naples quand la couronne vint ceindre son front. Tout était à créer dans ses États. Or, après vingt années de règne, il vous serait difficile de préciser un seul des grands intérêts publics qui soit en souffrance. Ni la jeunesse, ni l’éclat de la cour, ni les séductions qui entourent un monarque , n’ont détourné Ferdinand de l’application qu'il n’a cessé d’apporter aux affaires publiques. Il est arrivé à reconstituer les diverses branches de l’administration, à introduire dans ses États la plupart des améliorations matérielles dont s’enorgueillissent la France et l’Angleterre, à rétablir l’ordre dans les finances, et à réorganiser une armée qui lui a prouvé son attachement dans la crise de 1848. Oui, les finances napolitaines sont les plus prospères des divers États de l’Europe, et un grand livre de la dette publique, ouvert il y a quelques mois seulement en Sicile, cote sa rente à 91 75,

quand celle de France est à 91 60, et celle du Piémont au-dessous de 80 ! Pourrait-on offrir aux conservateurs un argument plus décisif !

Dites-moi, Monsieur Gladstone, à quelle époque le royaume de Naples a joui d’une prospérité générale plus grande? Cette situation est d’autant plus facile à constater, que jamais les États napolitains n’ont été parcourus par un nombre d’étrangers plus considérable qu’en ce moment. Savezvous que, tandis que votre Irlande voyait, dans ces dix dernières années , sa population diminuer de près d’un quart, celle des États napolitains augmentait de plus d’un dixième? Enfin, Monsieur, pensez-vous que la voix impartiale de l’histoire ne tiendra aucun compte à Ferdinand II d’avoir su résister au mouvement révolutionnaire qui a emporté le trône de Louis-Philippe , ébranlé celui de Frédéric , et qui a menacé un instant d’une dislocation complète le vieil empire d’Autriche? La révolution qui triomphait en Italie et chassait le Pape de ses États, a rencontré à Naples une digue contre laquelle elle est venue se briser. Ferdinand , appuyé sur l’armée qu’il a formée , a été le premier Souverain de l’Europe qui ait fait reculer le torrent démagogique. C’est un titre à la haine des mazziniens; mais comment cette conduite et ce succès ne seraient-ils pas un tilre d’estime aux yeux des conservateurs d’Angleterre? 11

semble même que dans cette crise , qui décida du sort de la monarchie napolitaine , le dévouement de l’armée ait fait violence à son Roi , qui , entendant le bruit de la fusillade , n’éleva la voix que pour commander l’indulgence : « Épargnez mes sujets égarés, s’écriait Ferdinand; faites des prisonniers, mais ne les tuez pas! » Une fois la révolte vaincue , bien que les chefs du complot et de l’insurrection fussent connus, la justice mit une lenteur extrême à arrêter tes coupables. En soupçonnez-vous la cause? — C’est qu'il répugnait au Roi de voir mettre en jugement des hommes qui avaient pris part à ses conseils Ou qui avaient eu l’honneur de faire partie de la Chambre des Députés. Si quelques-uns, en très-petit nombre, ont été arrêtés , c’est qu’ils se sont crus assez puissants pour faire trembler la justice ; Poerio est de ce nombre. 11 a voulu comparaître devant la grande Cour afin de transformer sa sellette en tribune ; il a sacrifié sa liberté à la cause de la Révolution , qu’il a cru servir en subissant un jugement contradictoire. Mais quant au Roi, il ne formait d’autre vœu que de voir les chefs de la révolte se soustraire aux rigueurs des lois par la fuite.

Ferdinand , qui pousse souvent la bonté jusqu’à la faiblesse , est d’ailleurs animé de sentiments religieux qui offrent à ses sujets des garanties sérieuses contre l’arbitraire et les actes odieux que

vous reprochez à son gouvernement. Il est des iniquités qui ne sauraient s’accomplir sous le sceptre d’un roi chrétien et vertueux : celles que vous flétrissez appartiennent toutes à cette catégorie.

Le travail auquel je me suis livré pour vous répondre, l’étude que j’ai dû faire de Ferdinand comme homme et comme souverain , m’ont convaincu de deux choses : la première , c’est qu’une fois les clameurs apaisées et les mauvaises passions calmées, le gouvernement napolitain aura à se féliciter du service que vous lui aurez rendu, en fixant sur ses actes l’attention de l’Europe ; la seconde , c’est que je disais vrai en proposant , au début de cette polémique, Ferdinand comme le modèle des souverains. Mes paroles, répétées avec ironie par les mille échos de la presse révolutionnaire de l’Europe et dérisoirement stéréotypées dans leurs colonnes , n’étaient que justes , et elles resteront. Oui , je m’étais renfermé dans les limites de la vérité la plus rigoureuse , en appelant Ferdinand II le plus digne et le meilleur des bois!

Veuillez agréer,

Monsieur,

l’expression des sentiments distingués de votre très-humble serviteur,

JULES GONDON.

Ptrn, 10 geptembre 1851.

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