LES DÉLATIONS DU CONFESSIONNAL
« J'écris, dites-vous, dans un moment où le sentiment public de ce pays est vivement surexcité contre l’Église ca- Uioliquc romaine , et je ne dois pas à dessein laisser place aux inductions extrêmes qui pourraient être tirées au préjudice de son clergé dans le royaume de Naples, inductions que je sais ou pense ne pas être appuyées sur des faits. Ce clergé régulier et séculier est sans nul doute un corps d'un caractère mixte , que je ne veux pas essayer de décrire. Mais, dans mon opinion, il serait injuste de le considérer, en bloc, comme implique dans les actes du Gouvernement. Il est cependant hors de question qu’une partie de ses membres le sont. Je 'suis convaincu, u’APnès ce qui est PARVENU jusqu’à uoi , qu’une portion des prêtres fait des révélations sur ce qui leur est dit dans le confessionnal, en vue de servir les desseins du Gouvernement , et je connais des cas d’arrestation qui ont suivi d'une manière si immédiate les entrevues du confessionnal, qu’il est impossible de ne pas apercevoir leur connexité » {Page 57.)
Ce dernier trait, Monsieur, est bien digne de
> La traduction française de vos Lettres falsifie entièrement ce pa$> aage important. On vous fait dire d’abord qüc vous ne voulez pas « aban> « donner l’occasion de parler de la préoccupation du clergé napolitain^ « que Je connais et que je pense appuyée sur des faits. » J’ignore ce que le mot préoccupation peut avoir à faire ici ; mais vous dites que vous ne vouloi pas a que l'on tire contre le clergé napolitain des in*
couronner votre œuvre. Vous avez eu une bonne pensée en le réservant pour la fin. Sur l’article de la confession, vous vous trouvez en parfaite harmonie de principes avec les révolutionnaires de l’Europe. J’ai eu, il y a quelques semaines, occasion d’observer que, dans un écrit destiné à la propagande révolutionnaire en Russie, on représentait la confession comme chose au moins inutile. Cette pratique, en effet, ne* saurait convenir davantage auv révolutionnaires qu’aux pécheurs. Si ces derniers SC révoltent contre les lois de Dieu et de son Eglise, les premiers cherchent à s’affranchir des lois qui régissent l’ordre politique, et l’Église prêche l’obéissance aux lois de l’État , comme elle veille à la stricte observation des préceptes divins. Or, la confession étant le fréin le plus puissant que Dieu ait opposé à l’entrainement des passions humaines, tant de l’ordre politique que de l’ordre 'moral, je m’explique la haine que la confession inspire aux consciences qui ne "respectent ni les lois de Dieu ni celtes des hommes. Oh! quel triomphe pour le génie du mal s’il pouvait parvenir à glisser dans l’esprit des populations de l’Itatalie que la confession est un abus dont lesgou-
« ducüans que vous savez n'ètrb pas appvyées sur des faits ou « ii’ctrc pas jusUHées par les faits. » La tradiution dit donc précisc- ‘ ment le contraire. Ensuite , au lieu de : Je suis convaincu , d’apivs ce qui e€t arrivé jusqu’à mot ^ on vous fait dire ; par ce que J’ai découvert. Le traducteur aurait bien du nous conter vos découvertes.
vernements s’arment contre elles! Mais, grâce à Dieu, cette calomnie, aussi vieille que le christianisme , si souvent répétée et jamais appuyée sur l’ombre d’une probabilité, n’a pas la vertu de faire des dupes. On cesse de se confesser quand on abandonne la pratique de ses devoirs religieux; mais on ne soupçonne Jamais le dépositaire des secrets de sa conscience de se faire le révélateur des crimes dont il est devenu le confident.
Vous ignorez. Monsieur, ce que peut être la confession, et je vous pardonne, avec le clergé de Naples, ce que vous en dites, car vous ne savez ce dont vous parlez. Votre accusation ne saurait l’atteindre sans frapper une des institutions les plus augustes de l’Église. Si le prodige constant de la rémission des péchés ne se continuait pas après Taveu des fautes pour empêcher le dépositaire de la confession d’en révéler le secret, il y a longtemps que cette pratique serait tombée en désuétude. Mais* Dieu, dans sa miséricorde, l’ayant jugée néces-> saire au salut du genre humain, soyez tranquille, Monsieur Gladstone, sa sagesse a su l’entourer de garanties contre lesquelles viendront se briser tout ce qui peut parvenir jusqu’à vous et tout ce que vous pouvez apprendre ! Vos admirateurs euxmémes n’ont pas cru ce que vous leur dites ; je ne me suis pas aperçu encore qu’aucun d’eux ait osé reproduire votre accusation sur ce point, dans la
crainte sans doute d’infirmer le reste de vos confidences. Pourrait-on d’ailleurs accuser en termes plus vagues que vous ne le faites? Quelles inductions tirer de ce que certaines personnes qui se sont confessées auraient clé arrêtées ensuite? Êtesvous certain de l’exactitude de ces rapports? Vous êtes-vous assuré si les inculpés avaient avoué au confesseur le crime pour lequel ils avaient été mis en état d’arrestation ? Je me tais, car je craindrais de donner, par mes réflexions, de l’importance à ce qui ne saurait en avoir, et votre caractère ne me permet pas de soupçonner que vous ayez eu en vue les progrès du catholicisme en Angleterre dans l’insinuation de cétle calomnie.
Si vous doutez de la puissance merveilleuse qui pèse sur les lèvres du prêtre et qui ne lui permet pas de les ouvrir pour se faire délateur, consultez, Monsieur, quelqu’un des apostats qui, spéculant sur le scandale, tonnent en ce moment à Londres contre l’Église catholique et ses institutions. Ils amusent les gobe-mouches du protestantisme en les initiant aux mystères de l’Inquisition, Invitezles à vous parler des mystères de la confession ; demandez-leur s’ils ont des révélations à vous faire, et si celles dont vous parlez sont dans l’ordre des choses possibles !
Je m’arrête et je termine { mais il me reste à conclure.