EPILOGUE
L'un des principaux auteurs du 18 fructidor, l'inexorable signataire de tant de condamnations, Revellicre-Lépeaux, a osé écrire dans ses Mémoires les lignes suivantes : « La liste de proscription, une fois close par le Corps législatif, le fut irrévocablement. La justice reprit toutes ses formes et (pii que ce soit iw fut inquiété. » — Et plus loin : « Ils se rejettent et ^ladame de Staél comme les autres sur les • persécutions et les cruautés qui succédèrent à la lutte. Mais ces persécutions , ces cruautés, où les a-t-on vues? Il n'a pas été lancé un seul mandat d'arrêt après le 19 fructidor contre qui que ce soit. » (II, 136-137 et 141)
Près de cent cinquante condamnations à mort prononcées par les Commissions militaires, plusieurs milliers d'arrêtés de déportation au bas desquels ce même directeur a[)posa soigneusement sa longue signature, n'ont-ils laissé dans son esprit aucun souvenir? Qu'y a-t-il dans ses audacieuses afiirmations, une singulière défaillance de mémoire, ou un impudent mensonge ?
Entre les hécatombes tjue dressèrent à Paris et dans maintes villes de France les tribunaux révolutionnaires de la Terreur, et les actes d'arbitraire et de mort que ce livre a longuement exposés, s'il y a quelque difl'érence quant au nombre, il n'y en a pas quant à la responsabilité des gouvernants, à l'horreur qu'inspire leur justice sommaire, à la pitié que méritent les victimes. Dans la ferveur de la guerre que la Convention soulonail sur nos frontières.