‹ La Tête ArtificielleChapitre 19 sur 38 · D. — BEC LE LIÈVRE · texte numérisé non relu

D. — BEC LE LIÈVRE

L'énfant que nous avons observé, et qui fait Pobjet de notre observation XH, présentait une fente unilatérale de la lèvre supérieure dans sa moilié droite, prolongée par une fissure de la voûte palatine. !

Les mouvements de succion étaient absolument impossibles et il s'agissait de savoir si on allaït, suivant la coulume, soumettre cet enfant à l'allaitement

André . %e

l'artificiel. [Il nous parut intéressant d’instituer nos

| tétées chez cette femme et de voir comment la sécré-

! tion s’ AUS AO PET Accouchée le 18 mai, nous com-

| mencions le 20. Ce jour-là notre traite fournissait

déjà 335 grammes de lait.

Le 23 mai, dans une seule tétée, celle femme, merveilleuse nourrice, pouvait nous donner en dix minutes 165 grammes de lait. A la fin de cette journée, nous avions recueilli 915 grammes. Le 29 mai, l'enfant avait augmenté depuis le début de 170 grammes. Ce jour là, la femme quitta la elinique pour se rendre au Vésinet.

Là-bas elle emporla notre appareil et continua à se traire. La sécrétion ne diminua pas grâce à nos tétées et chaque sein pouvait fournir en moyenne 6o à 80 grammes par tétée. L'enfant augmenta règulHèrement.

Le 2-7 juin un léger fléchissement de sa courbe correspondà une atteinte fugace de muguet.

Le 14 juin, quand ja femme quitta l'asile, l'enfant pesait 5.550 grammes.

Il avait donc augmenté de 150 grammes depuis le

‘début de nos tétées, bien qu'il ait perdu 120 gram-

mes pendant sa maladie, et la mère avait pu nourrir son enfant pendant un mois.

Cette mère qui s’est montrée une si parfaite nourrice aurait certainement échoué dans ses tentatives d'allaitement, quelle que fût sa bonne volonté, avec les autres téterelles.

Jamais elle n’aurait pu obtenir en quelques mi-

nutes une telle abondance de lait, avec un minimum d'efforts.

Grâce à nos tétées la sécrétion a été entretenue pendant un mois avec une constance remarquable. À chaque repas de l’enfant, nous avons obtenu des quantités de lait très supérieures à ses besoins. L'enfant à pu ainsi conserver le sein maternel et

échapper aux mécomptes de l'allaitement artificiel.

Ainsi dans ces cas de malformation congénitale

- où Pallaitement artificiel était, hier encore, la mé-

thode de choix, nous avons maintenant à notre dis-

position, pour le plus grand bien de l’enfant, la tétée artificielle.

«Jusqu’alors il fallait choisir entre ces deux extrémes; l’allaitement au sein ou l'allaitement arüficiel.

= «Nous avons maintenant un moyen terme ; la

tétée artificielle (1). »

Résumé de notre observation

dl Poids D. R. Acc. aps Tétées artificielles | Augmental. quotidienne ° |nailss. ÿ ! ns | 23-26 |18 mail 200 | 339, 390, 810, |—, + 30 + 20, —, al 400 juillet 915, 895, 860, | + 50 + 40, — 20, | 865, 810, 900, + bo + 90 L ee Z rs rem À

La femme sort le 29 mai. L'enfant pèse 3370 gr.

1. Waliich. Cours du re juillet 1909 à la clinique Baudelocque et Société obstétrique, gynécologie, et pédiâtrie. Séance du mois de juillet 1909.

Poids au Vésine 2 juin 3470 + 100 & juin 3450 — 20 7 juin 3350 — 100 9 juin 3370 + 20 11 juin 3395 + 25 14 juin 3550 + 155

E. — COoNVULSIONS

11 y a une observation que nous avons laissée en route à dessein, car elle occupe une place absolument distincte.

J1 s'agit de l'observation [V où il est question d’un enfant ayant présenté des convulsions. La mère avait d’ailleurs été accouchée an foreeps et l’origine trau” matique de ces convulsions parait établie. En tout cas, cet enfant, qui, la veille des convulsions avait fait une ascension de 150 grammes, diminuait le lendemain de 350 grammes et le surlendemain perdait encore 190 grammes.

Mais au sein il ne voulait plus téter.

Dans ces conditions nous décidions de commencer pour lui nos tétées. C'était le 27 avril.

L'enfant accepta le lait qu’on lui donnait à la cuiller. Le lendemain on constata qu'il avait gardé son poids. Le 29 il récupérait 30 grammes. Le 30 il avait encore pris 20 grammes. Mis au sein, il recommençait à téter le même jour.

Nous avons donc pu ici apporter un soulagement

à cette[mère qui était bonne nourrice, à la place de

l'enfant temporairement indisponible, De plus nous n'avons pas été réduit au lait stérilisé et nous avons pu maintenir l’allaitement maternel.

Nous publions ci-dessous le tableau synoptique de notre observation.

Obs. N° 4 | Poids | D. R. | Acc. | 5 & | Tét. artif. | Augm° Fa à © | T

Pet |

700 g. AU —, 43020

GConvulsions | 4.200 | 29 juin |23 avril — PI. 630! au 2 juillet

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