‹ La ThémisChapitre 17 sur 107 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II

concours et empêcha maintes fois les représentants des idées nouvelles de s'élever au professorat. Ce fut notam-

du concours. Il adjoignit aux cinq professeurs de la Faculté, qui •Uaient Delvincourt, Morand, Houlage, Pardessus et Cotelle, des juges destinés à assurer le fonctionnement normal du concours. Chabot de l'Allier, inspecteur général des Facultés de droit et conseiller à la Cour de cas.salion, fut nommé président. Furent adjoints : Avoyne de CUantereyne, premier président de la Cour d'Amiens; Arnold, professeur à la Faculté de Strasbourg, et Dupin aîné. La désignation de Dupin était des plus signiiicatives ; il avait déjà concouru en 1809 avec Blondeau, Persil, Bavoux et il avait succombé avec eux contre Pardessus, Cotelle et Roulage. Il en avait gardé un profond ressentiment. Sa présence était donc bien faite pour assurer le juste fonctionnement d'un jury qui comptait ses trois heureux concurrents de 1809 auxquels il n'avait jamais pardonné leur succès el Delvincourt contre lequel sa haine était plus féroce encore; nous aurons incidemment l'occasion de l'evenir sur ce point. L'hostilité qui existait entre la majorité de la Faculté et les juges adjoints se manifesta dès le début du concours. Le i-èglement décidait que les professeurs de la Faculté devaient se placer à la gauche du président et les autres juges à droite. Mais les professeurs réclamèrent et, sur le consentement des juges adjoints, l'ordre fut interverti. Grâce aux elforts combinés de Dupin et d'Arnold, le concours, commencé dans un tel état d'liostiIité,.se termina par la nomination de Blondeau. Mais la combinaison inventée par Royer- (^ollard ne faillit pas moins échouer par suite de la moi't de Chabot de l'Allier survenue pendant le concours; la présidence passa heureusement à Avoyne de Chantereyne, devenu entre temps conseiller à la Cour de cassation. Les circonstances dans lesquelles se déroulait ce concours étaient tellement connues et anormales que Jourdan jugea opportun de publier jour par jour un compte rendu détaillé des diverses épreuves des concurrents (Conip. Warnkœnig, Savi- {jny'n, Zeitschrift, t. VII, p. 49', (jui a fait ensuite l'objet d'un volume ayant pour litre : Relation du concours ouvert à Paris pour la chaire de droit romain vacante par la mort de M. Berthelot. L'avant-propos, placé en tète de sa publication par Jourdan,-jointe aux révélations de WarnkdMiig, montre bien le but de cette publication, qui est resté uni(jne dans son genre. » Cinq ans, écrivait Jourdan, se sont écoulés depuis que M. Berthelot, pi'ofesseur de droit romain à Paris, a été enlevé à ses nombreux élèves et aux savants de la France et de l'Europe. La chaire, i-estée vacante par sa mort, avaitété provi-

ment, nous le veii'ons, le cas de Jourdan; la Tliéwis contribua par ses attaques souvent violentes à l'aire disparaître les abus <le cette soi'te. et ce sont ces collaborateurs qui, une fois parvenus à entrer dans l'enseignement du droit, le débarrassèrent de ces survivances du passé. Ce n'est pas là un des moindres mérites de la Thé?nis.

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