‹ La ThémisChapitre 16 sur 107 · PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE II

des poids et inesures et Traité d'arithmétique adapté à ce système. Il devint ensuite professeur de législation à l'Ecole centrale de la me Saint-Antoine, professeur de droit criminel à l'Académie de législation, enfin professeur de droit romain et de droit civil à l'Université de jurisprudence. Son cours de droit criminel est en partie imprimé dans le Bulletin de l'Acadériiie de législation dont nous avons antéi-ieuremeut parlé; l'auteur essaie de démontrer que tous les problèmes de droit criminel peuvent être résolus par les mathématiques. Telle fut la carrière de Morand avant sa nomination à l'Ecole de droit de Paris. Tandis qu'on nonmiait des professeurs aussi peu préparés à leurs fonctions, le gouvernement impérial se refusait à rappeler des professeurs des anciennes Universités dont l'enseignement avfsit eu le plus grand éclat ; ce fut le cas de Grappe ^').

21. Les nominafipns postérieures eurent généralement lieu au concours: mais malheureusement les juges de ces concours fuient au début des hommes de l'Ancien Régime; la conséquence fut qu'un certain nombre des abus, qui avaient discrédité les Ecoles de droit avant la Révolution, réappalurent pour le malheur du bon renom des nouvelles Ecoles.

'' Professeur de Pandectes h l'ancienne Université de Besançon, Grappe fut porte par de Fontanes sur la liste des candidats présentés à l'Empereur pour occuper les chaires des Écoles de droit réorganisées. Mais il l'ut écarté, au dernier moment, en raison de ses prétendues opinions républicaines. Le gouvernement de la Restauration finit néanmoins par reconnaître son autorité et le nomma, en 1817, à une chaire de Code civil à la Faculté de Paris. Il fut le prédécesseur et le protecteur de Bugnet, Franc-Comtois comme lui. Son enseignement eut un immense succès, témoin les manifestations de regret et d'admiration auxquelles donnèrent lieu ses funérailles de la part des t'iudiants Comp. Villequez, Les Écoles; de droit en Francfte- Hoinfc et en liounjOfjne, lievue liist., 1873, p. 79 et suiv. ; Estignard, La Faculté de droit de Uesançon, Paris, 1867;.

Ces premiers concours donnèiont, en effet, lieu à des incidents, dont certains eurent leur répercussion même en pays étrangers. M. Esmein a ainsi décrit l'élat d'esprit qui régnait à cette époque aussi bien dans les Facultés de droit que dans les concours. « Cette l'école ('), dit-il, connaissait aussi des luttes intérieures, qui heureusement n'appartiennent plus qu'au passé. Làpreté des caractères y était grande souvent, et les haines parfois féroces s'y traduisaient au dehors par des propos où l'urbanité n'était point toujours respectée. Il s'y formait des partis et des courants d'opinion, qui pouvaient devenir red(jutables. car dans les C(jncours pour les chaires ou pour les suppléances, c'était la Faculté entière qui constituait alors le jiu-y. Ainsi, Blondeau ne fut nommé qu'à son second concours, et encore, pour assurer son succès, fallut-il adjoindre au jury des représentants éminents de la magistrature et du barreau •> [-). Cet état d'esprit faussa le jeu des premiers

'', .Vi. Esmein vise plus particulitTenu'iil la Faculté de Paris. Mais son obseivalion a une portée générale.

{"] Notice sur la vie et les œuvreri de Colmet de Santerre, Paris. 1905, p. 9. L'histoire de la nomination de Blondeau est particulièrement caractéristique de cette époque. Le 20 février 1819 s'ouvrit un concours pour une chaire de droit romain, vacante à la Faculté de Paris par le décès de Berthelot. Blondeau, dont l'échec <'i un précédent concours remontant à 1809 avait été très commenté et qui [tendant plusieurs années avait occupé à titre de suppléant la chaire mise au concours, était désigné d'avance, dans les milieux scientifiques, unanimement peut-on dire, comme devant obtenir cette chaire d'une manière définitive. L'enseignement de Blondeau, ses travaux, les conceptions juridiques nouvelles qu'il mettait chaque jour en avant justifiaient i elle opinion. .Mais ces mêmes motifs, qui déjà avaient peut-être amené l'échec de Blondeau en 1809, provoquèrent au sein de la Faculté un courant d'opinion qui eût été fatal au futur doyen sans l'intervention de Royer-Collard, président de la Commission royale de l'instruction publique. Mis au courant d»* la situation, il eut recours à une mesure qu'autorisaient les statuts

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