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rait penser, l'accord est loin d’être réalisé sur la valeur diurétique de la théobromine dans les cardiopathies.
« Ainsi les auteurs se groupent en deux camps opposés. Où est la vérité ? Nous la croyons plus proche du second que du premier. Il importe de souligner que les cas dans lesquels la théobromine agit vraiment indiscutablement chez les cardiaques, sont les cas où elle est précédée ou accompagnée de la digitale dont on connaît l’action diurétique non seulement indirecte mais directe... il faut bien avouer que la plupart du temps la théobromine seule ne donne aucun résultat. » (Savy et Delore).
Après avoir donné la digitale, on s’efforcera de prolonger la diurèse par l’administration de médicaments diurétiques, surtout la théobromine dont l’emploi rend des services inappréciables dans le traitement des cardiopathies avec insuffisance rénale.
Savy et Delore ont observé une dizaine de cardiaques divers en état d’asystolie avec œdèmes ; la théobromine leur a été donnée à la dose de 1 gr. 50 à 2 gr. par jour après cessation de la digitale et indépendamment de toute autre médication : l'effet sur la diurèse et sur le poids a été nul.
Dans un cas de gros cœur « primitif » avec asystolie et anasarque chez un sujet pesant 126 kilos, ils ont constaté que la théobromine, donnée à plusieurs reprises avant et après les ponctions, sous diverses formes et à la dose de 2 gr. par jour, ne modifia en aucune façon la diurèse qui se maintint autour de 7 litre ; ce ne sont que les ponctions et la digitaline donnée à hautes doses qui permirent d’évacuer les 38 litres de liquide retenus.
Gallavardin la recommande dans la « période trou-
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blée » des cardiopathies, mais il l’administre à la suite de la digitale.
On a vu dans la théobromine un médicament agissant sar la fibre cardiaque. Cette action vient bien loin derrière celle de la digitale, elle ne serait pas suffisante en tout cas pour expliquer l’action diurétique. D'ailleurs la théobromine à une action diurétique bien inférieure à celle de la digitale dans les cardiopathies.
T1 semble plus logique d’associer les deux médications. Les hydropisies cardiaques profitent largement de cette association et les deux médicaments, loin de se gêner, s’entr'aident mutuellement. ù
L'un rend à la fibre cardiaque son énergie défaillante, l’autre aide le rein au cours de la diurèse, et la renforce.
Dans son précis de thérapeutique, Gallavardin insiste particulièrement sur cette synergie.
« Ainsi, pas plus dans les hydropisies cardiaques que dans les hydropisies rénales, la théobromine n’est une panacée ; chez les asystoliques, elle reste au deuxième plan, derrière la digitale dont elle n’est qu’un adjuvant. » (Savy et Delore).
IL — La théobromine dans d’autres affections
Il serait trop long d’énumérer toutes les affections dans lesquelles la théobromine fut employée. Nous citerons simplement les plus courantes.
On la prescrit encore dans les œdèmes et épanchements hépatiques.
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Dans les cirrhoses, en effet, c’est moins le rein qui est en cause que l'obstacle hépato-portal. Les diurétiques ordinaires et en particulier la théobromine ne sont que d’un maigre secours pour vider les épanchements et l’ascite. On peut en essayer cependant l'emploi si l’on soupçonne en outre une rétention chlorurée d’origine rénale.
Certains auteurs se montrent cependant partisans de son emploi. Le Calvé la donne même après la ponction, pour éloigner la date de réapparition de l’épanchement vidé.
Pour Savy et Delore, la théobromine n'a jamais fait reculer l'heure de la paracentèse. Ils ont d’ailleurs vérifié par des observations probantes l'impuissance de la théobromine à augmenter la diurèse des cirrhotiques. |
Steinberg se montre partisan de l’emploi de la théobromine chez les pleurétiques. Il semble assez logique de recourir à la médication diurétique qui dérivera par le rein la sérosité en stase. Dans ce domaine aussi les contradictions s'accumulent, les uns étant très partisans des diurétiques, les autres, la majorité, ne leur reconnaissant aucune action. Les succès obtenus tiennent à ce fait que: l’épanchement est d’origine mécanique, ou encore que la médication a été prescrite quelques jours avant la diurèse de défervescence. Il semble bien admis actuellement que la théobromine ne peut rien dans les épanchements séreux inflammatoires des grandes cavités (plèvre, péritoine). |
L'hypertension solitaire ne tire pas grand bénéfice de l'emploi de la théobromine. La diurèse est obtenue certainement avec plus d’efficacité par les boissons aqueu-
ses. D’alleurs, elle n’abaisse la tension que de peu. Un
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régime approprié, une hygiène physique, sexuelle et morale, sévère, donneront de bien meilleurs résultats.
On aura plus de succès de la médication diurétique dans la défaillance cardiaque des hypertendus, mais encore une fois ce sera la digitale qui amorcera la diurèse que la théobromine pourra prolonger et accentuer.
Les maladies de la nutrition eurent recours à la théobromine. Ill ne semble pas qu'elles en aient tiré grand parti. Ainsi, chez les obèses pléthoriques ou hypertendus, elle ferait maigrir par soustraction du chlorure qui s’interpose entre les lobules graisseux. Dans ce cas encore, les traitements adjuvants, les mesures diététiques, physiothérapeutiques, font le gros de la besogne, mais la théobromine a bénéficié du succès de la cure.
Les partisans de cette médication dans l'obésité l’emploïient d’ailleurs en association avec le régime et les prescriptions hygiéniques.
Elle à encore été employée dans la goutte, la gravelle, les diverses lithiases, le rhumatisme chronique. D'ailleurs ces maladies de la nutrition répondent bien mal aux thérapeutiques actuelles. Un grand nombre de médicaments en ont tenté l’assaut, sans grand succès. La théobromine était vouée à un échec complet avant que de partir.
Puis, maintenant, la foule disparate des affections les plus inattendues, où la théobromine est venue s’échouer.
C’est l’asthme que Sedillot considère comme une dia- … thèse qui ressortit de l'insuffisance hépatique, le ramollissement cérébral (Ramond), l’ictère infectieux grave (Troisier), l’accident sérique tardif, en particulier chez
les asthmatiques, les urticariens, les migraineux, les
eos à
instables du système vago-sympathique, les endocriniens, les tuberculeux. (Immunité : 15 mai 1928).
Ce long chapitre n’a guère été à l'avantage de la théobromine. Il serait faux cependant de ne donner que défaut à ce produit. Pour Dieulafoy c’est un «excellent diurétique », et s’il fallait choisir dans le fatras de la pharmacopée, les médicaments indispensables aux besoins quotidiens, elle subsisterait en bonne place. Mais on à eu le tort de la considérer comme une panacée, et loin de bénéficier de cet emploi désordonné, elle perdrait rapidement la considération qui l'entoure. Le praticien, dépité, déçu souvent dans ses exigences, la sousestimerait. C’est un diurétique merveilleux, son emploi judicieux lui conservera une renommée enviée dans le
lot imposant et sans cesse grandissant des diurétiques.
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