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CHAPITRE II

Historique

La théobromine a été découverte par Schrœder, qui l’a retirée de la semence du cacao. C’est en 1842 que Woskresensky, le premier, l’a obtenue pure et dès lors on a commencé à l’employer comme tonique,

En 1843, après les nouvelles expériences de Schrœæder, qui a démontré sa supériorité sur la caféine par l’absence d'action sur le système nerveux central et les centres vaso-moteurs, Boutigny d’Evreux, a proposé de l’incorporer directement au chocolat pour augmenter ses propriétés nutritives. Plus tard on la regarde comme un aliment d'épargne et Gübler écrit même ce qui suit : « La Théobromine est une substance dont la puissance dynamophore est incomparablement supérieure à sa masse et qui maintient la force sans réparer les tissus ».

En 1857, on étudie déjà le côté physiologique de la Théobromine en faisant de nombreuses expériences sur les animaux.

Mitscherlich, en 1859, continue les expériences sur dif-

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férents animaux et trouve que la théobromine et la caféine ont une même action diurétique, mais que la dose mortelle est différente : la théobromine est moins toxique que la caféine.

Schrœder, de nouveau en 1888, en l'expérimentant sur les animaux, à démontré nettement l’action diurétique de la théobromine, à condition que le rein soit sain et fonctionne bien. Puis Gram, en 1890, reprend l'étude de la théobromine ; il l’emploie dans l’asystolie et l'anasarque, mais sous forme de salicylate de soude et de théobromine ; c’est la diurétine, il constate une diurèse abondante même chez des malades qui avaient pris antérieurement, mais sans succès, de la caféine, de la digitale, de la spartéine. Sur des reins atteints de néphrite ancienne, il ne constata aucun succès de la diurétine.

Plusieurs auteurs, à la suite d'assez nombreuses expériences, démontrent que si la caféine, sa proche parente en composition chimique, agit sur le système nerveux et le rein, la théobromine n'’agit que sur l’épithélium rénal.

Puis nous trouvons la thèse de Mme Kouindjy-Pomerantz en 1890. ;

En 18971, paraissent les travaux de M. Drosdowsky, qui nous montrent bien l’heureuse action diurétique de ce médicament sur les malades atteints d’affections cardiaques et rénales, puis une communication de G. Sée à l’Académie de médecine de 1893, une observation publiée par Hallopeau à la Société de thérapeutique et la discussion de Ferrand, Bardet et Huchard en 1896.

Ce dernier insiste tout particulièrement sur l’action diurétique de la théobromine dans les maladies cardia:

ques et rénales. Il la considère comme supérieure à la

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caféine et à la digitale et ajoute qu’elle agit directement sur l’épithélium rénal. Bardet signale l'influence de la théobromine sur la tension artérielle, qu'elle augmente ; mais Ferrand montre le contraire, c’est-à-dire que, d'après lui, la tension artérielle baisse, tandis que la diurèse s'établit.

La même année, M. Margoulis constate l’action diurétique de la théobromine, en ajoutant qu'elle augmente la tension artérielle et ralentit le pouls.

En 1897, Baronaki obtient de bons résulitats chez les ‘vieillards asystoliques.

En 1903, Le Noir et Jean Camus constatent une action rapidé et assez éphémère de la théobromine et de la caféine.

Widal et Javal, en 1903, concluent ainsi : « La diète chlorurée, telle que nous l’avons établie antérieurement, est la base du traitement chez le brightique en état de rétention chlorurée d’origine rénale... Mais les bienfaits du régime ne doivent pas nous empêcher de mettre en usage, chaque fois qu'il peut être utile de presser la déshydratation, les diurétiques rénaux qui ont déjà fait leurs preuves dans la pratique et qui sont de bons agents de déchloruration.

Courmont et Genet, dans une série de publications (Lyon Médical, 1904), ont étudié en même temps que l’importance de la pesée journalière pour le traitement des malades en puissance d’anasarque, le pouvoir déchlorurant de la digitale et de la théobromine chez les brightiques et les cardiaques.

Serr (Thèse de Toulouse, 1904) dit qu’on doit se préoc-

auper de savoir si la diurèse médicamenteuse porte

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simultanément sur l’eau et les substances qui sont dissoutes dans l'urine.

Martinet, en 1906, montre le rôle dans l’action diurétique : 1° du noyau xanthique ; 2° de l'introduction des radicaux méthylés CH3 ; 3° de l’isomèrie.

Lœwi, en 1907, applique la méthode oncographique, et prouve l’action de la circulation rénale dans la diurèse obtenue.

L'action excito-secrétoire sur l’épithélium fut démontrée histologiquement par Pizzini en 1g10.

Le professeur Pic, en 1911, au Congrès français de médecine, estime que la théobromine est en même temps vaso-dilatateur et excitateur de la sécrétion épithéliale, cette dernière fonction étant peut-être conditionnée par la première.

En 1911, Sollmann et Pilcher signalent la dilatation

considérable des vaisseaux rénaux si ceux-ci ont été préa-.

lablement resserrés par l’adrénaline.

En 1918, Spaio prouve qu'après l'administration de caféine, l’hydrémie diminue non seulement par augmentation de la diurèse, mais même quand les reins ont été préalablement enlevés.

En 1919, Feuillé recommande l’emploi de ce diurétique dès qu’un œdème ou un épanchement commence à se résorber et compare son action à celle de la cantharide.

En 1921, Haond, à Lyon, insiste sur son action déchlorurante, et établit le pronostic des néphrites hydropigènes d’après l’action de la théobromine.

Dans cette même année, Cushny et Lambic suggèrent

un changement dans la perméabilité de la membrane glomérulaire.

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En 1921-29, ce sont les travaux de Pouchet, de Radenac, de Benech, de Carnot, de Rathery, de Ritz, de Saint- Yves, de Jouisse, etc., sur l’allylthéobromine, produit soluble, donc injectable.

En 1924, Cushny écrit encore dans son traité « la théobromine peut être employée dans tous les cas dans lesquels il y a accumulation pathologique de liquide dans le corps, qu'elle soit d’origine cardiaque, hépatique ou rénale. .

Puis ce sont toutes les indications disparâtes de la théobromine, les travaux de Fiessinger, qui la recommande dans l’anurie aiguë à des doses très faibles, dans l’urémie, dans les néphrites chroniques, etc.

Les travaux de Lian, qui la conseille dans l’hypodynamie du myocarde.

Sédillot la recommande dans l'asthme.

Ramond dans le ramollissement cérébral.

Et l’on pourrait citer ainsi tous les travaux plus ou moins récents qui traitent de la question.

Guillermon en 1929, fit sa thèse à Paris sur l’association calcium-théobromine dans le traitement des œdèmes des cardiaques et des cardio-rénaux.

Le docteur F. Arnaud, dans sa «Thérapeutique et Matière Médicale », 1930, la recommande dans les sclé-

roses cardiaques même avec sclérose rénale, cardiopathies artérielles et lésions cardio-rénales.

En mars 1930, P. Savy et P. Delore font l'étude critique de l’action diurétique de la théobromine, ne laissant subsister que les indications essentielles. Cette thèse est inspirée de la teneur de cet article, et nos conclusions résument les idées de M. le professeur Savy sur l’emploi de la théobromine.

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