‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 165 sur 210 · Eusèbe, //. E.,ô · texte numérisé non relu

Eusèbe, //. E.,ô

car ils mêlaient à leurs rêves décevants trop d'ardeurs généreuses pour ne pas mériter une attention bienveillante. Durant quelque temps, la secte put fonder sur la sympathie du pontife romain des espérances que Tertullien rappellera plus tard avec amertume i. Mais le ferme bon sens de Zéphyrin ne prit pas le change sur la portée réelle du mouvement. Parmi ceux qui, peut-être sur son appel, s'opposèrent à l'invasion de l'hérésie phrygienne, la tradition nomme un certain Caïus. Ce théologien militant, auteur d'un dialogue contre Proclus, parait avoir dépassé le but : pour barrer plus sûrement la route au millénarisme, il s'en prit à la valeur eschatologique des textes dont on avait abusé, rejetant notamment Tinspiration de l'Apocalypse; et son exégèse trop prudente faillit obscurcir le vrai sens des Ecritures 2.

Bien que disciple d'Irénée, Hippolyte ne suivit pas tous les errements de son maître, mais sut tracer une voie moyenne entre l'illuminisme de Proclus et les négations radicales de Caïus. Tout en dissipant de vaines alarmes, il affermit ses contemporains dans la croyance au dernier jugement : les services qu'il rendit ainsi à la société chrétienne peuvent être d'autant mieux appréciés aujourd'hui qu'une partie notable de ses écrits eschatologiques vient de nous être rendue. Au traité Sur le Christ et l'Antéchrist^ connu depuis le dix-septième siècle, se sont ajoutés récemment d'importants fragments des Capitula adversus

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