Eusèbe, H. E., 5, 18, 2; Epiphane, Haer
l'eschatologie a iiomk. 177
aussi, — entraînait au désert bon nombre de ses ouailles, avec femmes et enfants, à la rencontre du Christ ' : tous ces gens, errant à l'aventure dans les montagnes et par les chemins, ressemblaient aune troupe de brigands, et le gouverneur de la province faillit les massacrer comme tels : par bonheur la femme de ce gouverneur était chrétienne : elle calma son mari et empêcha une persécution générale. Dans le Pont, un autre évêque -, liomme pieux et humble, mais moins versé dans les saintes lettres qu'attaché à ses propres visions, à la suite de quelques songes, prédit le jugement général pour Tannée suivante. Là-dessus toute la population s'ébranla : on quittait le travail des champs, on vendait ses biens. « Si l'événement ne me donne pas raison, disait l'évêque, ne croyez plus aux Saintes Ecritures. » L'année s'écoula, et rien d'extraordinaire ne se produisit; l'imprudent prophète fut couvert de confusion, les laboureurs retournèrent à leurs champs, et ceux qui avaient tout vendu furent réduits à tendre la main. L'inquiétude, qui se traduisait en Orient par des exodes collectifs au désert, ■avait fini par gagner l'Occident. Plus maître de ses transports, le montanisme romain ne connaissait pas ces manifestations étranges, mais nous savons qu'il poursuivait de semblables mirages.
Une réaction se produisit avant la fin du deuxième siècle. Dès le temps du pape Eleuthère, une lettre datée de Lyon avait signalé à Rome le mysticisme bizarre des nouveaux prophètes ^. Ils n'y furent point mal jugés tout d'abord.
l.CZ>.,4, 18.