II. — l'eschatologie d'hippolyte
La théologie d'Hippolyte forme un système lié, dont les diverses parties se subordonnent plus ou moins directe numt à la doctrine du salut, et dont l'eschatologie constitue le dénouement. Esquisser d'abord cet ensemble doctrinal paraît être le meilleur moyen de présenter cette eschatologie sous son vrai jour.
La conception des deux avènements successifs du Verbe incarné, conception déjà classique dans la théologie du deuxième siècle ~, occupe chez Ilippolyte une place centrale. Instrument de toute manifestation divine, le Verbe, on s'en souvient ^, après s'être révélé une première fois
1. Voir l'abbé LéonGry, Le mille narin me, dans son origine elses développements, Paris, 1904; K. .J. Xeuniann. Hippolylus von Rom in seiner Slellung zur Staal und Well, Leipzig, 1902; Atzbcrger, Geschichle dur christlichen Eichalologie innerhalb der vornicdnischen Zcit, Froiburg i. B., 1896, p. 271-290: Bonwetsch, Sludien zu den Kommentaren Hippolyts zum Bûche Daniel und Hohen Liede, T. U., 16 (= N. F., 1), 1897, surtout p. 44-53; Achelis, Hippolytstudien, T. U., 16,4, surtout p. 65-93 et 184-188; Bousset, Der Anlichrist, Gœttingen, 1895; Bratke, Das neuentdeckte 4 Buch des Danielkomnienlars von Hippolytus, Bonn, 1891 ; Bardenhewer, Dea heiliyien Hip' polylusvon Rom Kommenlar zum Bûche Daniel, Fveihurg i. B., 1877; Ovcrbcck, Quaeslionum hippolylearum spécimen, léna, 1864.
2. Voir Atzbergor, op. cit., p. 146 sqq. ; 249 sqq. o. Voir ci-dessus, c. 1, 2, p. 25-27.
par la création, devait parvenir au terme de sa filiation divine en se faisant homme et naissant de la Vierge. Après avoir préludé à l'Incarnation par les théophanies de l'Ancien Testament', théophanies plus ou moins effectives, où tantôt il se dissimulait derrière les prophètes, tantôt il se montrait en personne, comme dans la vision de Daniel, il a mis le sceau à la prophétie par son avènement selon la chair -. Devenu le premier-né de la Vierge, comme il était le premier-né du Père, il restaure en lui-même le type du premier Adam'^; arche incorruptible de la nouvelle alliance ^, il rétablit entre Dieu et l'homme l'union que le péché a rompue "'. Car l'homme, créé immortel, était, par sa désobéissance, livré à la mort : pour lui rendre la vie, il ne fallait rien moins qu'un tel médiateur ^. En associant, dans sa personne, à la divinité incorruptible et immortelle, la chair de l'homme, le Christ a guéri les blessures de l'humanité S; en mourant sur la croix, il a rendu la vie à ceux qui l'avaient perdue : sa mort est le prix dont il paya la rançon de l'homme ^. Cette œuvre rédemptrice, décrite
1. CD., 3, 14, p. 150, 20; 4, H, p. 210, 13; 4, 3t), p. 280, 18; p. 282, 5; 4, 39, p. 286,20; 4,57, p. 330, 14.
3. CD., 4, 11, p. 214,4 : IIpwTÔToxov èx Trapôévou, ïva tôv 7rpwTÔn).aiTTov 'ASà|ji. iv éayTw àvaTC)>àer5wv ôsf/Oîi. — Cf. Fragm. in I Ref/. 2, 5, f-d. Achelis, p. 121.