III. — PORTEE DE CETTE ESCHATOLOGIE
L'importance dogmatique et morale de cette littérature eschatologique ne saurait échapper à personne. Ici, comme sur tant d'autres points, la pensée d'Hippolyte procède de celle d'Irénée; mais, disciple indépendant, il a su orienter l'enseignement du maître d'une façon nouvelle et quelquefois plus heureuse.
Les prophéties relatives à Li lin du monde, contenues dans le Nouveau Testament, notamment dans les évangiles synoptiques, dans les épitres de saint Paul aux Thessaloniciens, et dans l'Apocalypse, avaient été travesties de deux manières. Tandis que le millénarisme de toute nuance en abusait, certain agnosticisme les voulait réduire à rien. Hippolyte prit position entre les deux camps; plus près des millénaristes, car il s'inspire de leurs doctrines, notamment lorsqu'il limite à six mille ans la durée du monde; mais en somme il ne leur appartient pas. L'école de Caïus avait dépassé le but, dans sa réaction contre le millénarisme phrygien : en restituant aux oracles de l'Ecriture leur vrai sens, Hippolyte rendit à l'orthodoxie un service signalé.
La deuxième épitre aux Thessaloniciens lui avait fourni le portrait de cet 3:vti/,£'';j.£v;ç. signalé comme le grand ennemi du Christ à la fin des temps. Quant au nom à'antéchrist, appliqué dans les épitres joanniques^ aux