I. Philosophvoienri
affectait l'orthodoxie ; avec les Sabelliens, il tenait un autre langage. Sabellius lui-même n'eût pas erré, sans Calliste, qui le poussa hors du droit chemin ' : il acceptait, sans trop regimber, les observations que lui lit parfois Hippolyte, mais il suffisait d'un tète à tête avec Calliste pour le retourner, et le ramener aux idées de Cléomène^. Il devait apprendre à ses dépens à connaître le fourbe. Quant à Zéphyrin, personnellement indifférent aux questions de doctrine, il répétait, selon l'occurrence, tout ce que lui souillait son vicaire. Tantôt il faisait cette déclaration : « Je ne connais qu'un Dieu, Jésus-Christ, et en dehors de lui aucun autre Dieu engendré, ayant souffert » ; tantôt : « Ce n'est pas le Père qui a souffert, mais le Fils «. Ces professions de foi incomplètes perpétuaient dans l'Eglise les malentendus et la division. Hippolyte se vantt; d'avoir percé à jour les desseins de Calliste, et do lui
l."Ov xal aOtôv ilio^r^rit ouvâjxevov y.aTooOoOv, d'upi'és iiis., Diiiicker. L'auteur s'applique à noircir de toute nianière Calliste, qu'il rend seul responsable des égarements tle Sabellius : Calliste est le véritable hérésiarque : Sabellius, laissé à lui-même, eût pu ne pas errer. — Au lieu de ôuvâjxîvov. Doellinger etCruice, adoptant une conjecture de Miller, écrivent ?yvà[i.evo:, et entendent : Calliste pervertit Sabellius, au lieu de le ramener au droit chemin, comme il eût pu le faire. Cette correction nous parait tout à fait malheureuse : elle atténue la pensée, sans raison plausible. D'ailleurs xaTopOoûv a difficilement le sens transitif qu'on lui prête : il faudrait &uvà[i£vo; £7tavop9oûv. La grammaire confirme donc le témoignage du ms.
'2. 'Ev yàp '^V ^5' r,u,wv TtapatvEïffôai où/. È(7y.>T,pûveTo, etc. — Charles Lenormant, Correspondant, 31, 1853, p. 527 et M. FicUer {Sludien zvr Hippolylsf'rage, Leipzig 1893, p. 23-21) rapportent à Zé'pln^rin tout ce passage, qu'avec Doellinger et autres nous rapportons à Sabellius. La comparaison avec Philosophum., 9, 7 pourrait paraître favoriser l'attribution à Zéphyrin; mais tous les doutes doivent être levés par les mots : 'G 6à tôte [ièv t^v Ttavoypyiav a-JToO où-/, èvo'ei, a-jôi; 2è î^^iu), w; ôir,Yri<joya'. [1£t' où ttoXO, lesquels ne peuvent convenir qu'à Sabellius. On voit 9, 12, p. 412, 3, que Calliste fut accusé par Sabellius de défection : Aià tô v-ô toû ï.a.&tXiio\) av^v^ç xaTrjYop£î(T8at w; napaêàvra tyiv irpcotriv îtîfftiv ; au contraire, on ne voit pas que Zéphyrin lui ait jamais rien reproché.
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avoir tenu {v\r au nom de la vérité : Callislc, exaspéré par cotte opposition, recourait aux injurias; « Vous êtes des dithéistes », disait-il, vomissant malgré lui le venin qu'il avait plein le cœur. La mort do Zéphyrin amena l'élévation de Callisto; au dire do son rival, elle provoqua aussi de sa part une évolution doctrinale. Pris entre Sabellius, homme d'une doctrine justement suspecte, et Hippolyte, dont il redoutait le génie supérieur, il sacrifia ouvertement le premier pour avoir plus facilement raison du second, et, par une diversion habile, déplaça le terrain de la controverse. Après avoir excommunié Sabellius, il se retourna contre Hippolyte, et, pour répondre aux reproches qui lui venaient des deux camps, s'avisa d'une nouvelle profession do foi^; son adversaire la résume ainsi :
Le Verbe est le Fils même, il est le Père même ; au nom près, il n'y a qu'un mémo Esprit indivisible. Le Père n'est pas une chose et le Fils une autre : ils sont une seule et même chose, l'Esprit divin qui remplit tout, de haut en bas. L'Esprit, fait chair dans la Vierg^e, n'est pas autre que le Père, mais une seule et même chose. D'où cette parole de l'Ecriture : « Ne croyez-vous pas que je suis dans le Père, et le Père en moi? » (Joan., 14, 11). L'élément visible, riiomme. voilà le Fils; et l'Esprit qui réside dans le Fils, voilà le Père. Je ne parlerai point de deux dieux, le Père et le Fils, mais d'un seul. Car le Père qui s'est reposé dans le Fils, ayant assumé la chair, l'a divinisée en se l'unissant, et l'a faite une aver soi, en sorte que les noms de Père et de Fils s'appliquent à un seul et même Dieu. La personnalité de Dieu ne peut se dédoubler; conséquemment, le Père a compati au Fils.
Ainsi, conclut Hippolyte, Calliste s'abstient de dire que le Père apàti et qu'il n'y a qu'une personne, selon la doétrine des purs Sabolliens. Il se flatte d'échapper ainsi au