‹ La théologie de saint HippolyteChapitre 48 sur 210 · Philosophumena, 'J, 1-2, p. Vd, 5-143. 'J · texte numérisé non relu

Philosophumena, 'J, 1-2, p. Vd, 5-143. 'J

blasphème envers le Père, et il tombe tantôt dans l'erreur de Sabellius, tantôt dans celle do Théodote.

A travers les équivoques et les contradictions de ce réquisitoire, on démêle assez clairement la partialité de certaines accusations. Tout d'abord le rapprochement avec Heraclite paraît bien artificiel. Le philosophe ionien avait fondé toute sa métaphysique ténébreuse sur l'identité des contraires ; IVoët se contenta d'effacer l'opposition relative des personnes divines : la rencontre partielle et fortuite ne justifie pas la tentative d'Hippolyte pour rattacher l'hérésie monarchienne à cet antécédent païen, Tertullien était sans doute mieux inspiré en lui assignant des affinités juives ^ : Judaicae fidei ista res. De plus, on a dû remarquer les deux propositions suggérées par Calliste à Zéphyrin et incriminées par Hippolyte. La première renferme une profession de foi très nette à la divinité de Jésus- Christ, et par là s'oppose à l'hérésie de Théodote ; la seconde renferme une profession de foi à la distinction du Père et du Fils, et par là s'oppose à Sabellius. Le mauvais vouloir seul pouvait renverser les termes, et affecter de voir dans la première un gage donné à Sabellius, dans la seconde un gage donné à Théodote. C'est pourtant ce que paraît avoir fait l'auteur des Philosophumena ; ou du moins c'est ce qu'il fera tout à l'heure, en accusant Calliste de tomber tantôt dans l'erreur de Sabellius, tantôt dans celle de Théodote-. Cette dernière accusation ne comporte qu'un sens, car les deux hérésies ne se touchent qu'en un point : Sabellius ruinait la Trinité en effaçant la distinc-

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