Canon 76d'Elvire
2. Saint Basile. Ep., 188, can. 3 : 'Apyoiiôi; icni y.avtov, to-jç ÙTto Pa6(xciû TTETîTOûxÔTa; toÛtcj) iiovtj) TÔS TpÔTCw T?j; -/.o),âccw; bTioèôùltaban' àxo).0'u6r,C)âvTwv ùz oTfAat, Twv il àp^îj; tw vô[i.(p èy.£i'vcp Toi eux £x5ixr,(T£'.; otc ini tô aùrô.
3. Saint Augustin, Ep. 185, 45 : Ut enim constituerotur in Ecclesia, ne quisquam post alicujus criminis paenitentiam clericatum accipiat vel ad clericatum redeat vel in clericatu maneat. non desperatione indulgentiae sed rigore factum est disciplinae... Sed ne forsitan etiam detectis criminibus, spe honoris ecclesiastici animus intuinescens superbe agerct paenitentiam, severissime plaçait ut post actum de crimine damnabili paenitentiam nemo sit clericus, ut desperatione temporalis altitudinis medicina major et verior esset humilitatis.
4. Voir à ce propos Noël Alexandre, Historia ecrlesiastica, saec. S"", Dissert. 11, De paenitentia clericorum.
HECOXCILIAIION DKS CLEIICS. 51
soupçon à regard des accusations formulées par Ilippolyte, quand on voit quello évolution invraisemlilable aurait subie la discipline de TEglise romaine quant à la pénitence des clercs. Faut-il donc croire qu'en un siècle Rome passa de Textrème indulgence à l'extrême sévérité, pour adopter enfin un juste milieu? Pareil phénomène est contraire à toutes les analogies historiques, et cette phase initiale d'indulgence n'a point laissé de trace dans la tradition postérieure. Quelle faute avaient donc commise ces évêques, ou cet évêque incriminé? On voudrait le savoir. Tertullien parle bien^ d'un scandale donné en ce temps-là par l'évêque d'Uthina, en Afrique. Peut-être est-ce la même rumeur dont Hippolyte s'est fait l'écho dans les Philosophumena ; mais nous ignorons entièrement si elle était fondée. Avant d'admettre, sur cet unique témoignage, que Calliste maintint sur leurs sièges des évêques indignes, on voudrait savoir qui étaient ces évêques et ce qu'ils avaient fait.
Deux décrétales attribuées à Calliste nous sont parvenues dans le recueil d'Isidore Mercator-; le caractère apocryphe de ces pièces ne fait aucun doute, mais on ne peut plus les croire simplement inventées, depuis que la publication des Philosophumena y a décelé un fonds de vérité historique. Le pontife y apparaît principalement soucieux d'empêcher les cabales dans l'Eglise, et de protéger contre la calomnie la réputation des clercs. On ne risque donc pas de se tromper en admettant qu'il montra beaucoup de réserve lorsqu'il s'agit d'accueillir des ac-
1. Tertullien, De monogamia, 12 : 111e vester Utinensis nec Scanliniain timuit. — La loi Scantinia était dirigéo contre les pédérastes. •2. Texte dans Migno, P. G., 10, 121-132.
cusations contre les évoques. C'est la conclusion la plus sûre à retenir du grief relatif aux clercs prévaricateurs, dans les Philos ophume na .
3° La continence des clercs'^.
Bien que distincte de la précédente, cette nouvelle question y touche de près, et les deux griefs procèdent évidemment du même esprit.
Au temps d'Hippolyte, la continence n'était pas encore une loi pour les clercs-, mais c'était une pratique louée par l'Eglise, et déjà assez commune. Dès la fin du deuxième siècle, TertuUien signalait avec fierté à l'attention des païens le spectacle, nouveau pour eux, de la virginité chrétienne 3. Cette gloire lui tenait fort à cœur; et il devait y insister plus d'une fois, soit dans ses œuvres pastorales '% pour l'édification des fidèles, soit dans ses écrits polémiques^, pour faire ressortir la fécondité morale de la vraie doctrine. Les fidèles des deux sexes, consacrés par choix au service de l'Eglise donnaient communément l'exemple du célibat '^. TertuUien, marié lui-même, peut-être avant son entrée dans l'Eglise, tient du moins à se montrer intransigeant dans la question des secondes noces. Non content d'étendre aux prêtres
1. Voir sur cette question l'abbé Yacandard, Les origines du célibat ecclésiastique, dans R. C. F., \" janvier 1905, p. 252 sq.
2. Entre autres témoins de cette liberté, voir Clément d'Alexandrie, SlromaL, 3, 12; P. G., 8, 1189.