Voir saint Cypi-ien, Ep
60 THÉOLOGIE DE SAINT KIl'POLYTE.
dont il témoigne. Sa parole fixe donc, quant à Rome, un point d'histoire, contre lequel ne saurait prévaloir l'accusation vague d'Hippolyte'.
Mais peut-être Hippolyte visait quelque Eglise en communion avec Rome, et qui, du temps de Calliste, peut-être avec sa connivence, aurait commencé à rebaptiser les hérétiques ? Telle est l'opinion mise en avant par Doellinger^, et qui échappe à une partie des inconvénients de la précédente. Ce savant a fait appel au souvenir d'Agrippinus,
1. Au reste, Ilippoljte lui-iuèiiie nous montre divers liérétiques, et avec eux ses propi'es disciples, accueillis par Calliste : on ne voit p;is qu'il fût question de les rebaptiser. Philos., 9, 12, p. 443, 15 : IToaXoI <7uveîor,i7iv 7;E7t).7)YÔT£;, âpia Te v.al inô 7to)v wv alpéffewv iTtoë'/rfibfczç. T'.vè; oà xal èiri y.aTa- •yvwcet £xéAr,Toi tï]; 'Ey.x),r|(jiai; ûç' y,[j.wv ytyo[LV/o:, TipoaxwpifidavTe; aùxoT? àT:).Tj6uvav tô &tSa(7xa).Etov aÙTOû.
2. Doellinger, Hippolylus und kallislus, p. 183 sq. — JI. J. Ernst, Die Slellung der roemischen Kirrhe zur Ketzerlauffrage, dans Zeilschrlfl f. kalh. Théologie, I9Û5, p. 2.j8-274, à la suite du P. Grisar {Zeitschr. f. kalh. Théologie, 1878, p. ûlT sq.), explique les choses tout autrement. L'Église romaine aurait pour la première, du temps de Calliste, reconnu officiellement la validité du baptême conféré par les hérétiques; et le second baplcme dont parle Hippolyte serait précisément ce baptême, qu'il se scandalise de voir identifier au baptême chrétien. A l'appui de cette manière de voir, on peut alir-guer le rigorisme dont Hippolyte a donné bien d'autres preuves : la position qu'on lui attribue est celle que i)rit, dans le même temps, TertuUien, et que devait prendre, trente ans plus tard, un autre rigoriste. Novatien. On peut alléguer encore les condamnations prononcées par l'école de TertuUien et de saint Cyprien contre le bapti-me des hérétiques, au nom de Vunite du Ijaptême chrétien. Malgré l'ingéniosité déployée par M. Ernst dans la défense de cette thèse, nous ne croyons pas pouvoir y souscrire. Car elle n'explique pas la nouveauté du fait signalé par Hippoh'te : iiO. to-jtou Ttpwvw;. M. Ernst reconnaît luimême la valeur décisive du témoignage de saint Etienne sur la constance de la tradition romaine à 1 "égard du baptême des hérétiques. Elle ne répond pas non plus au sens naturel des mots : TeT6).[jLr,Tai oeOxepov aÙToî; P(i7tTt(7|j.a. Ce n'est pas dans l'entourage de Calliste que se rencontraient les ministres de ce baptême ; et puis ce nom de second baptême évoque l'idée d'une r(ntération, plutôt que celle d'un pseudo-baptême; les textes qu'on emprunte à la controverse baptismale n'ont qu'une apparence de relation avec la question présente.
LA QUESTION IIAPTISMAI.E. 61
évoque de Carthage, et d'un synode africain ' , au souvenir de Firmilicn de Cappadoce et de synodes phrygiens -, se prononçant contre le baptême des hérétiques. En dépit de ces arguments historiques, la thèse se heurte à des diflicultés fort sérieuses. Quelque date qu'on assigne aux synodes d'Agrippinus et de Firmilien, il est sûr que la question baptismale était ouverte dans certaines Églises dès le début du troisième siècle. Tertullien en témoigne pour Carthage dans le De baptismo 3, qui est un de ses premiers ouvrages, et il nous apprend qu'il a déjà traité le môme sujet en grec, on ne sait au juste contre quels adversaires. Quinze ans au moins avant le pontificat de Calliste, il préconise Fusage africain. L'usage romain était certainement contraire ; cependant on ne voit pas que Rome ait été interrogée avant le temps de saint Cyprien, et surtout on ne comprend pas comment Hippolyte prétend ici engager la responsabilité de Galliste. Il y a donc lieu d'interroger les autres parties de son œuvre, pour commenter Tassertion relative au second baptême.
Un fragment exégétiqiie sur le livre de Riith ^, attribué à Hippolyte par un manuscrit du mont Athos, où M. Achelis Ta récemment découvert, présente avec le réquisitoire des PJiilosophmnena des points de contact importants. L'au-