‹ La théologie de Saint PaulChapitre 131 sur 630 · I. CONNAISSANCE DE DIEU · texte numérisé non relu

I. CONNAISSANCE DE DIEU

Le texte classique de Paul, Rom. 120 (Tà yàp dépara aïroÿ &no xricews xôopou tofs ouuaoy vooupeva xafopätar, ñ Te diras aüroÿ Düvaue Kai Geuérnc), est à rapprocher des formules analogues d’Aristote, de Philon, de l’auteur de la Sagesse (Aristote, De Mundo, 6 : Abewpntos (Oeù<) àn’ adrv Tv Épywv Bewgeïrer. Philon, De Præm. et pœn. T : Oîa à rivos oùpavinu xipaxos &Tù r@v Épywv Elxôtt Joyioud oroxasduevor Tov Ênusoupyév. Sap. 135 : Ex ueyébouc xaXovAc HA HTIGUATEY AVANGYWS À YEVEGLOUEYOS ATV Gewpeiru). Tous les quatre, on le voit, prennent pour point de départ le monde en tant qu'ouvrage de Dieu; tous les quatre aboutissent à une connaissance de Dieu qu’ils appellent vision indirecte, sauf Philon qui semble se contenter d’une conjecture ou d’une probabilité; tous les quatre indiquent le moyen de démonstration (éré, la Sagesse dit &x). Mais Paul est le seul à préciser l’objet de cette connaissance, c’est-à-dire l'aspect de l’essence divine qui est le terme de l’opération mentale : la puissance éternelle et la divinité. Peut-être l’auteur de la Sagesse indique-t-il le procédé particulier de raisonnement (&vaéyuw). — Comme saint Paul exprime le moyen de démonstration par deux équivalents (rois mosfuacr [instrumental] et &nd xriews x6ouou), certains exégètes traduisent ces derniers mots par « depuis la création du monde », sens qu’a certainement äné dans Mat. 2421; Luc. 1150; Marc. 106. C'est afin d'éviter une tautologie prétendue. Mais Franzelin montre que la tautologie n’existe pas : « Invisibilia ejus à creatura mundi [ut à termino à quo] per ea quæ facta sunt [sub formali ratione rei effectæ] intellecta conspiciuntur. » On lévite mieux encore en prenant per modum unius la locution voïc rovipact Vooÿueva (perçus intellectuellement par les œuvres) et en joignant &nd uticews xéouov à xaopäro. D'autre part, l'incise « depuis la création du monde » semble assez oiseuse et le rapprochement des quatre formules citées plus haut permet difficilement de penser que la particule &ré, déductive chez les autres, ne l’est pas aussi chez saint Paul. — A signaler comme curiosité exégétique : Schjôtt, Eine religionsphilosophische Slelle bei Paulus, Rôm. 1, 18-20 (dans Zeüschrift für neutest. Wissenschaft, 1903, p. 75-78). D’après cet auteur, Paul serait néo-pythagoricien.

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