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II. LES PROPRIÉTÉS DU CORPS MYSTIQUE

Les métaphores qui servent à désigner l'Église en indiquent bien les caractères et ce que nous appellerions aujourd’hui les notes. Comme corps mystique, l'Église est une; comme épouse de Jésus-Christ, elle est sainte; comme temple de Dieu, elle a pour fondement les apôtres; comme royaume des cieux, elle

-est catholique ou universelle. Mais Paul ne se pique pas de

constance dans ses métaphores; sans cesse il passe de l’uné à l’autre et ce mélange d'images disparates engendrerait quelque confusion si l’on mettait à les interpréter une rigueur de puriste. Parcourons rapidement, sans sortir de l’Épitre aux Éphésiens, ces quatre caractères d'unité, de catholicité, d’apostolicité, de sainteté,

Unité. — Notre incorporation commune au Christ est le grand principe d'unité. À une seule tête un seul corps, sous peine d’avoir un monstre, Comme il n’y a qu’un seul Christ naturel il est impossible qu'il y ait plus d'un Christ mystique. « Ayez soin, dit Paul, de conserver l'unité de l'esprit dans le lien de la paix : un seul corps et un seul esprit, comme vous fûtes appelés dans une même espérance de votre vocation ; un seul Seigneur, une

1. Cf. J. Méritan, L’ecclésiologie de l’ép. aux Éphésiens (Revue bibl. 1898, p. 343-369). Cet article écrit à propos de deux ouvrages anglicans (Ch. Gore, The Epistle to the Ephesians, Londres, 1898 et Hort, The Christian Ecclesia, Londres, 1897) n’étudie que les deux notes de catholicité et d'unité. L'auteur montre bien (p. 355) que « l’idée de catholicité n’impliquait pas seulement la prédication aux infidèles, mais qu’elle réclamait comme conséquence logique l'acceptation des Gentils comme des frères par les Juifs déjà appelés à la foi ». Cette idée n’a donc pas été suggérée à Paul « soit par le spectacle du monde gréco-romain soit par l’organisation des collèges religieux ». Au sujet de l’unité de gouvernement nous lisons cette juste remarque, p. 369 : « La hiérarchie n’apparaît pas avec ses cadres et son personnel définitivement constitués. L'autorité suprême qu’on a appelée depuis la papauté est passée sous silence, sans que rien puisse permettre de conclure que Paul ne la regardait pas comme nécessaire à l’unité de l’Église. » — Il ne faut jamais perdre de vue que l’Apôtre écrit à des chrétientés vieilles tout au plus de six ou sept ans.

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