LES PROPRIÉTÉS DU CORPS MYSTIQUE
seule foi, un seul baptème, un seul Dieu et Père de tous les hommes qui est au-dessus de tous, agit par tous, réside en tous?. » Sept éléments — trois intrinsèques, trois extérieurs, un transcendant — entrent dans la constitution de l'Église et en resserrent l'unité. L'Église est une dans son principe matériel puisqu'elle est un seul corps, une dans son principe formel car elle est animée par un même Esprit, une dans sa tendance et sa cause finale qui est la gloire de Dieu et de son Christ par le bonheur des élus. Elle est une aussi par l'autorité qui la gouverne, une par la commune foi qui lui sert de règle et de norme extérieure, une par sa cause efliciente, le rite baptismal, qui lui donne l'être et l'accroissement. Saint Paul résume d’un mot ces six principes d'union : « Tous vous êtes un dans le Christ Jésus?. » Reste le septième principe : « le Dieu et Père de tous les hommes ». On ne voit pas de prime abord quelle relation peut exister entre l'unité de Dieu et l'unité de l’Église. Mais l'Apôtre précise ailleurs sa pensée. Il nous apprend que toute l'humanité est destinée désormais à former une même famille dans la maison d’un commun Père, une même théocratie sous le sceptre d’un même roi. A ce point
1. Eph. 43-65 : Enouddtovres rnpeïy tv ÉvOTnTa ToÙ mvEUuatos év T@ cuvdéuw 5 Etpñyns"
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Comme à l'ordinaire, Paul appuie sa morale sur le dogme : il recommande de maintenir « l'unité de l'esprit dans le lien de la paix », en considération de l’unité multiple qui est de l'essence de l’Église. Notre Epiître est la seule où ce mot abstrait d’unilé (évôtns) soit employé, ici et plus bas, 415,
2. Gal. 328 : mévres yap dueïs els êote év Xpuat®. ’Incoù L’Apôtre ne dit pas #v « une même chose », mais eîç « une seule personne morale.
3. L'idée de royaume n’est pas rare dans les Épitres, celle de maison non plus; mais le texte le plus explicite, au point de vue qui nous occupe, est le passage suivant où les chrétiens sont représentés comme une même famille dont rien ne peut ni ne doit séparer les membres, Eph. 214-2? ; tous sont ouprokitat et ofueïor où Ocov,
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de vue, l'unité de l'Église se confond avec l’unicité et avec la catholicité.
Catholicité. — Le mot « catholique », assez commun dans l'usage profane à partir d’Aristote, n'est pas dans la Bible ; mais, depuis saint Ignace d’Antioche, il sert à exprimer une idée très biblique, l’universalité de l'Eglise. Cette universalité, les prophètes l’annoncent et les apôtres sont chargés de la réaliser, en prêchant l'Evangile jusqu'aux confins du monde. L’exclusivisme juif a pris fin; la théocratie antique a fait son temps; le régime du privilège cesse : « Est-ce que Dieu est le Dieu des seuls Juifs? Ne l'est-il pas aussi des Gentils! ? » Ces Gentils méprisés, étrangers aux alliances, étrangers aux promesses, sans Christ, sans Dieu, sans espérance, sont maintenant fondus en un seul peuple avecle peuple élu. Plus d’étrangers ni d'hôtes ; tous les membres de l'Eglise, sans distinction d’origine, sont désormais « concitoyens des saints et de la famille de Dieu? ». Le monde entier ne doit plus former qu'un royaume, qu'une cité, qu'une maison, dont Dieu, avec le Christ son représentant, sera le seul roi, le seul chef, le seul père.
Apostolicité. — Paul écrit aux Éphésiens : « Vous avez été bâtis sur le fondement des apôtres et des prophètes, la pierre angulaire étant Jésus-Christ lui-même. » Le grammairien peut entendre ce fondement de quatre manières :