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Point néophyte, pour ne pas s’enfler d’orgueil

18. Jouissant d’une réputation sans tache auprès des infidèles.

a) La première condition exigée de celui qui doit gouverner une église est qu’il soit irréprochable et cette qualité résume toutes les autres. Paul, en ordonnant à Tite d'établir des mpeocéütepot dans chaque ville (Tit. 15 : va xaracrhons xuTù môdv mpecéurépous, noter le pluriel), veut que les candi-

dats soient sans reproche (ei vis ëoru &véyxkntoc) et il en donne aussitôt la

raison (valable seulement si l’on suppose la synonymie de npeo6repos et d’éxioxonoc) : Bet yap émioxomov (noter le yép) &véyxkntov elvau we Oeod oixovéuov. L'Épitre à Timothée (1 Tim. 312) fait appel à une autre raison, la dignité morale de cette charge : Et vu émoxonñs ôpéyetat xalod épyou émuduer. Act oùv tov éricxomov &vemiAnntov eivou. — Le mot &vetiinrros est peut-être un peu plus fort que &véyxdntos. Ce serait, d’après un scoliaste de Thucydide (v, 17), celui qui non seulement est de fait sans reproche mais qui n'offre aucune prise à la critique (uà mapéywv xarnyopias &poppñv). Théodoret donne à peu près la même définition.

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b) Il faut encore qu’il soit pu&s yuvarxds dvnp. La vieille exégèse protestante faisait des efforts désespérés pour ôter à cette incise son sens naturel « ayant été marié qu’une fois ». Quelques-uns adoptèrent le sens proposé par Vigilance et si vigoureusement flétri par S. Jérôme : « il faut qu’il soit marié, qu’il ait une femme » (Contra Vigil. 2 : Non ordinant diaconos, nisi prius uxores duxerint; nulli cælibi credentes pudicitiam, immo ostendentes quam sancte vivant, qui male de omnibus suspicantur; et nisi prægnantes uxores viderint clericorum, infantesque de ulnis matrum vagientes, Christi sacramenta non tribuunt). Mais il est évident que Paul n’exclut pas des fonctions ecclésiastiques celui qui serait comme lui-même (1 Cor. 77) et qui suivrait son conseil relativement au célibat et au veuvage (1 Cor. 73840), Il envisage seulement le cas le plus ordinaire d’un homme marié et père de famille et il exige de lui qu’il soit « sans reproche ». — La plupart des protestants soutiennent donc que Paul exclut du clergé le bigame ou le polygame, c'est-à-dire celui qui aurait présentement ou qui aurait eu plusieurs femmes à la fois. Leur grande raison est que l’Apôtre ne demande rien aux clercs de plus qu'aux laïques et qu’il permet formellement aux laïques de se remarier. Nous avons prouvé la fausseté de la première assertion; la seconde est juste, mais alors l’homme remarié renonce aux fonctions de la cléricature. Qu'il n’y ait point eu de faute de sa part, peu importe : il manque d’une condition requise, au même titre que le néophyte ou que celui qui n’est pas apte à l’enseignement. — L’exégèse rationaliste a cela de bon qu’elle ne craint pas de rompre avec l’orthodoxie protestante. Holtzmann, von Soden et autres donnent à l’incise puäç yuvarxds ävno le même sens que les catholiques. Beaucoup de protestants orthodoxes l’adoptent également aujourd’hui. Voir B. Weiss, Meyer’s Kommentar, Gœttingue, 1902, p. 128-129. En effet : 1. Il est impossible d’expliquer autrement l'expression analogue, évos &vôpès yuvh (1. Tim. 5°) qui qualifie la veuve admise au service de l'Église — 2. La bigamie, alors interdite par les lois romaines, était tombée en désuétude parmi les Juifs; il ne pouvait pas en être question parmi les chrétiens. Il est inconcevable que Paul ait mis en tête des aptitudes à la cléricature une condition qui allait de soi. Aurait-il voulu dire que lordinand devait avoir gardé la fidélité conjugale, comme certains le supposent, il n’eût point employé une facon de parler si extraordinaire.

c) Les autres qualités se passent d'explication. Notons seulement que la synonymie indiquée plus haut n’est pas toujours parfaite. Nous avons

signalé la nuance qui distingue &véyxAntos et ävexiimmros. — ’Emerxñc,

« affable, doux, de bon caractère », semble être le côté positif de un aùxôns. Même remarque pour äuayos, « pacifique, point querelleur », relativement à à ôpyiloc. — ’Agupyupos, « qui n’aime pas l'argent, désintéressé », dit beaucoup plus que pà aioxpoxepôñs, « point âpre au gain ». — Eyxpatñs, « tempérant, continent », est plus fort et plus général que Vnpahuoc, « SObre ».

2. Dignilaires du second degré ou diacres. — La liste de leurs qualités (1 Tim. 38-15) à de nombreux points de contact avec la précédente, mais aussi de notables différences qui tiennent à la différence de situation.

1. Les diacres doivent être « graves » dans leurs manières et leur commerce, 1 Tim. 3% : Ataxévous boaÜtws cepvots. Cet accusatif dépend de dt eivat (32) et l’adverbe œoattus qualifie oeuvobe : Il faut que le diacre soit pareillement grave, c'est-à-dire comme l’êxicxiroc dont on vient de dire qu’il doit gouverner sa maison et sa famille « en toute gravité »

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