‹ La théologie de Saint PaulChapitre 274 sur 630 · LES · texte numérisé non relu

LES

juge incorruptible (4-12), Car ce n’est pas la connaissance mais l’observation de la Loi qui justifie (13). Les païens, eux aussi, ont une lumière intérieure qui leur tient lieu de Loi (14-16). Les Juifs sont d'autant plus inexcusables qu’ils peuvent moins prétexter l'ignorance ; et leur Loi, dont ils sont si fiers, se tourne contre eux pour les accuser (17-24). — B) La circoncision ne sert de rien sans l'observation de la Loi (25-29). Cette assertion ne déroge nullement à la prérogative honorifique des Juifs et ne fait que mieux ressortir la fidélité de Dieu à leur égard (III, 1-8). Pour ce qui est de la vraie justice, Juifs et Gentils en sont également dépourvus (9). L'Écriture le prouve surabondamment, en particulier pour les Juifs (10-18). De la sorte personne ne pourra se glorifier devant Dieu (19-20).

Il. L'Évangile la promet et la donne, selon les prophétres.

1. En un magnifique tableau d'ensemble Paul nous montre dans l'Évangile toutes les causes de la Justification : la cause efficiente, Dieu le Père; la cause méritoire, le sang de Jésus-Christ; la cause instrumentale, la foi; la cause formelle, la justice de Dieu communiquée à l’homme; la cause finale, l’éclatante manifestation de la justice immanente de Dieu (21-26). Conclusion : L'homme est justifié par la foi sans les œuvres de la Loi; et cela est vrai des Gentils comme des Juifs, car Dieu est le Dieu des uns et des autres (27-30).

2. Il n’y a là d’ailleurs rien que de conforme à l'Écriture (III, 21 et 31). Abraham fut justifié par la foi et non par les œuvres. S'il en était autrement, il aurait lieu de se glorifier; mais non, sa justification est gratuite et Dieu lui donne la justice en retour de la foi qui n’équivaut pas à la justice (IV, 1-5). David, aspirant à être juste, ne compte pas non plus sur lui-même mais sur Dieu seul (6-8). Ce qui prouve que la justice ne dépend pas de la circoncision, c’est qu’Abraham fut déclaré juste avant d’être circoncis (9-12). Il fut également constitué héritier des bénédictions divines et père des croyants avant l'apparition de la Loi; ces bénédictions ne peuvent donc point dépendre maintenant de la Loi, car ce serait annuler les promesses faites indépendamment d’elle (13-22). Ainsi toutes les bénédictions passeront à la postérité spirituelle d'Abraham par le moyen qui l’en fit le dépositaire, c’est-à-dire par la foi (23-25).

DEUXIÈME SECTION Certitude de notre espérance (V-VIII).

Cette section (V-VIIT) commence et finit de même, par l'assertion que notre espérance est certaine : « L’espérance ne décoit pas » (V, 5) et : « Nous sommes sauvés en espérance » (VIII, 24). Deux

grandes divisions : Suppression des obstacles et raisons positives d'espérer.

Exposé du sujet (V, 1-11). — Justifiés, nous avons la paix, accès libre auprès de Dieu, partant l'espérance (V, 1-2), fortifiée par les tribulations (3-4), garantie par le don du Saint-Esprit (5) et par la mort du Christ (6-8). Si Jésus est mort pour nous lorsque nous étions pécheurs, combien plus nous fera-t-il vivre de sa vie maintenant que nous sommes justes (9-11)!

I. Suppression des obstacles qui font échec à notre espérance : le péché, la mort, la chair coalisée avec la Loi (V, 12-VIIT, 11).

1. Le péché est vaincu (V, 12-22). — Par la faute d'Adam le péché avait envahi le monde, traînant la mort à sa suite (12); car la mort n’est pas le châtiment des péchés actuels, vu qu’elle frappe même ceux qui n’ont pas prévariqué (13-14). Mais le nouvel Adam nous rend avec usure ce que le premier nous à ravi (15-17). Tous les hommes sont constitués pécheurs par la désobéissance d'Adam; tous sont constitués justes par l'obéissance du Christ (18-19). En vain la Loi multiplie le péché, la grâce surabonde (20); elle rejaillit par la justice qu’elle donne jusqu’à la vie éternelle qu’elle assure (21). Dès lors nous sommes morts au péché ou, ce qui revient au même, le péché est mort pour nous (VI, 1-2).

2, La mort est vaincue (VI). — Le baptême, mort et sépulture mystiques, nous communique dans toute son amplitude la vie du Christ : vie de l’âme par la grâce, vie du corps par le germe de résurrection glorieuse (VI, 3-7). D'où, l'obligation de maintenir cette mort mystique, gage de vie éternelle (8-14), et de nous soustraire de plus en plus à l'empire du péché, en nous vouant volontairement au service de la justice, selon les engagements contractés au baptême et les exigences de notre nature nouvelle (15-23).

3. La chair est vaincue et la Loi, auxiliaire inconsciente du péché et de la chair, est abolie (VII, 1-VIIT, 11).

A) Mort de la Loi au chrétien ou du chrétien à la Loi. — La mort. est le terme de l'obligation (VII, 1). Dans un contrat bilatéral, tel que le mariage, la mort d’un des deux contractants rend l’autre libre (2-3). Or, l’incorporation au Christ est la mort mystique du chrétien qui devient libre par rapport à la Loi (5-6).

B) Pourquoi la Loi est-elle abolie? — Ce n’est pas que la Loi soit péché, mais elle fait connaître le péché (7); le péché s’en sert pour opérer les mauvais désirs (7). Le péché, qui sommeillait, reprend vigueur grâce à la Loi et par elle ôte à l’homme la vie de l’âme (9-11). La Loi est bonne en soi, mais le péché en abuse pour produire la mort (12-13). La cause dernière en est notre corruption native

(14). Je ne fais pas ce que je voudrais et je fais ce que je ne voudrais pas : preuve que c’est le péché, principe étranger greffé sur ma nature, qui opère en moi le mal (15-20). Il y a en moi deux lois, celle de la raïson qui approuve le bien et celle des membres ou du péché qui incline au mal : triste dualisme que la grâce peut guérir

‘seule (21-25).

C) La chair elle-même est maintenant impuissante. — Par son incorporation au Christ, le chrétien domine la loi du péché et de la mort (VIIT, 1-2). Le Christ, en mourant pour nous, nous acquiert la justice que la Loi mosaïque n’avait pu donner (3-4). Sans doute la lutte entre la chair et l'esprit dure encore, incessante, implacable (5-8); mais la présence de l’Esprit-Saint en nous assure la victoire; elle est un gage certain de vie, pour l'âme et pour le corps (9-11).

II. Fondements inébranlables de notre espérance (VIII, 12-39).

1. La création entière prédit notre glorification future. — Elle fut jadis asservie malgré elle à l’homme pécheur (18-19), mais avec l’assurance d’être délivrée un jour avec l’homme lui-même (20). C’est pourquoi elle attend impatiente sa glorification et la nôtre (21-29).

2. Le Saint-Esprit nous la garantit. — Il nous met sur les lèvres le nom de Père (15); il atteste ainsi notre filiation adoptive (16) et par conséquent notre qualité d’héritiers, pourvu que nous participions à la passion du Christ, afin d’avoir part à sa gloire (17-18). Les prémices de l’Esprit que nous possédons sont les arrhes de la béatitude (23-25); l'Esprit nous inspire des désirs de bonheur qui ne sauraient être frustrés (26-27).

3. Dieu le Père nous la promet. — I fait tout concourir au bien des justes (28); tous les effets de la prédestination — depuis la vocation à la foi jusqu’à la gloire du ciel — s’enchaînent dans ses desseins (29-30). Mais si Dieu est pour nous qu’avons-nous à craindre (31-33)? 4. Jésus-Christ nous la mérite et nous la tient en réserve. — Mort et ressuscité pour nous, il est maintenant assis ‘à la droite du Père afin d’intercéder pour nous (34). Rien, au ciel ou sur la terre, ne peut nous séparer de l'amour que Jésus-Christ nous porte (35-39).

TROISIÈME SECTION Incrédulité des Juifs (IX-XI).

Paul reconnait le fait avec une indicible douleur (IX, 1-3); il énumère sans les affaiblir les neuf prérogatives des Juifs (4-5); mais : 1. L’objection ne touche en rien la fidélité ni la justice de Dieu. — 2. Le rejet des Juifs retombe sur eux. — 3. Ce rejet, partiel et momentané, est permis pour des fins très sages.

1: Vi la fidélité ni la justice de Dieu n'y sont engagées (IX, 6-29).

1. La fidélité de Dieu. — Dieu avait fait des promesses à Israël, à la semence d'Abraham; mais tous les descendants d'Abraham ou de Jacob n’ont pas droit à ce titre (6-7). Parmi les enfants d'Abraham, Isaac seul est l'héritier des promesses (8-9); une nouvelle sélection est faite entre les enfants d’Isaac, élection purement gratuite (10-12), qui vaut aux Iduméens et aux Hébreux coupables un traitement bien différent (13).

9. La justice de Dieu. — Accuser Dieu d’injustice est une impiété (14). Il n’y a point d’injustice à refuser une faveur purement gratuite, comme celle que réclamait Moïse (15). A ce point de vue, tout dépend de la libéralité de Dieu et rien des efforts de l’homme (16). Il n’ya pas non plus d’injustice à châtier les criminels, tels que Pharaon, et à ne pas leur accorder la grâce efficace de la conversion (17). À ce nouveau point de vue, Dieu fait miséricorde à qui il veut et il endurcit qui il veut (18). Si l’on objecte qu’alors Dieu n’a plus raison de se plaindre de l’homme (19), premièrement l’homme n’a jamais le droit de s’en prendre à Dieu, car il est absurde que l’œuvre s’attaque à l’ouvrier (20), celui-ci ne devant aucun compte à son œuvre (21); en second lieu Dieu peut sans injustice supporter patiemment les vases de colère qui se sont disposés à la perdition, pour faire éclater les merveilles de sa grâce dans les vases de miséricorde qu’il a préparés à la gloire (22-23). Or c'est ce que Dieu, selon Osée, fait en faveur des Gentils (24-26) et aussi en faveur du reste d'Israël, comme Isaïe l'avait prédit (27-29).

II. Les Juifs sont responsables de leur réprobation (IX, 30-X, 21).

Voulant conquérir la justice par leurs propres efforts (IX, 30-31), ils se sont aheurtés à la pierre d'achoppement (32-33). Leur zèle est sincère mais mal éclairé (X, 1-2). Ils ignorent ce que c’est que la vraie justice et ils oublient que le Christ est la fin de la Loi, le seul auteur du salut (3-4). Insensés et malheureux, ils s'engagent dans une voie impraticable, quand le chemin de la foi est si aisé! Il ne s’agit ni de monter au ciel ni de descendre aux abimes; il suffit de croire en son cœur au Seigneur Jésus et de le confesser de bouche (5-11). Plus de différence entre le Juif et le Grec : quiconque confesse le nom du Seigneur sera sauvé (12-13). — Que les Juifs ne prétextent pas l'ignorance : la voix des apôtres à retenti jusqu'aux confins du monde (14-18). Les Juifs ont refusé de l'entendre (16). Voilà la cause de leur infidélité volontaire prédite par Moïse (19), déplorée déjà par Isaie dans les Juifs de son temps (20-21).

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